DR Congo

Beni : la MONUSCO accompagne les autorités à travers la justice pour l’instauration d’un état de droit

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Le mur d'enceinte du palais de justice de Beni a été érigé récemment par la MONUSCO afin de sécuriser l'ensemble du lieu. © MONUSCO/Koumbo Sy

KOUMBO SY

Le palais de justice de Beni situé au centre-ville, non loin de la mairie, est construit à proximité d’un marché et n’était pas clôturé. Cette position a été souvent la cause directe de nombreux incidents dont les plus fréquents sont les évasions des détenus et prévenus après les audiences. Ces derniers ont souvent profité de la proximité du marché et du cafouillis que cela engendre pour s’évader. La police nationale, elle, se retrouve souvent dans l’incapacité de réagir dans cet environnement.

C’est pour aider la justice à faire face à cette situation que la MONUSCO, à travers la section d’Appui à la justice, a initié il y a quatre mois, un projet de construction d’un mur de clôture autour du palais de justice. Le projet inclut également la réhabilitation d’un bâtiment devant servir de salle d’archives au tribunal de paix.

Ce sont ces deux ouvrages qui ont été officiellement remis aux autorités judiciaires le 30 juillet dernier en présence du maire de la ville. Les magistrats rencontrés sur les lieux se disent satisfaits et soulagés parce qu’ils pourront désormais travailler en toute sécurité. C’est ce qu’a dit, en leur nom, Louisdor Mputu Kitenge, président du tribunal de grande instance de Beni, qui a réceptionné les clefs de la clôture et du bâtiment. « Nous sommes vraiment satisfaits. Nous étions à côté d’un marché ; tout le temps nous étions dérangés par les marchands ainsi que par les manifestants. Quelquefois, lors de certains procès, le tribunal était envahi. Donc, avec la clôture, nous pensons que les audiences vont se tenir en bonne et due forme ».

Cecilia Piazza, cheffe de bureau de Beni-Butembo-Lubero, insiste de son côté sur la sécurisation des archives judicaires qui reste un élément important de la continuité du travail judiciaire au bénéfice des justiciables. Pour elle,la réhabilitation de ce bâtiment pour un archivage sécurisé « participe à la sécurité judicaire pour avoir des dossiers, des décisions qui soient gardés pour les prochaines générations et auxquelles on peut se référer ». Elle a indiqué que ce projet s’inscrivait dans le cadre de l’appui de la MONUSCO à l’état de droit.

La première autorité de la ville, le commissaire supérieur Narcisse Kashale, a appelé les uns et les autres à veiller sur ces ouvrages, “des biens communs qui doivent servir la communauté aussi longtemps que possible”. Ainsi, il a mis en garde les inciviques qui s’attaquent et détruisent les édifices publics, soulignant que l’État doit reprendre ses droits dans cette région. « Nous sommes en train d’instaurer l’autorité de l’État et faire respecter la loi. Aujourd’hui nous n’accepterons pas qu’il y ait des manifestants ou des gens qui viennent détruire », a-t-il martelé.

Notons que ce projet qui a été financé grâce au fonds des projets à impact rapide, d’une part, et des fonds programmatiques de la section d’Appui à la justice d’autre part, a coûté près de 50.000 dollars américains.