Informing humanitarians worldwide 24/7 — a service provided by UN OCHA

DR Congo + 1 more

Au Maniema, la réhabilitation des pistes change positivement la vie des populations

Dans la province du Maniema, le Programme de réhabilitation et d'entretien des pistes au Congo (PREPICO 3) a réhabilité à ce jour 510 km de pistes rurales. Une étude d'impact socioéconomique et environnemental a été menée au premier semestre de l'année 2014 par une structure dénommée ACEMS. L'étude révèle, chiffres à l'appui, les effets très positifs de ces réhabilitations.

Projet de la Coopération belge, mis en œuvre par la CTB, PREPICO 3 améliore de façon sensible les conditions de vie des populations de ses zones d'intervention. À titre indicatif, considérons le district du Sud-Maniema, plus précisément le territoire de Kasongo, axe Kasongo-Kibombo.

Sur cet axe, l'amélioration de la production agricole est le premier effet bénéfique de la réhabilitation des pistes. Le désenclavement des villages a entraîné un afflux de commerçants. Motivés par une demande de plus en plus forte, les producteurs ont élargi les surfaces emblavées. En comparant les périodes d'avant et d'après réhabilitation des pistes, l'étude constate que le taux moyen d'accroissement de la production agricole est de l'ordre de 50 % pour le manioc, le maïs et le riz, et de 25 % pour l'arachide.

L'autre effet positif est l'amélioration des prix de vente des produits agricoles. La réhabilitation des pistes met les communautés à l'abri du bradage de leurs produits des champs. Les villages désenclavés étant maintenant au courant des prix pratiqués sur le marché, les ménages agricoles revoient à la hausse les prix de leur production. Vendu hier à 15.000 Fc (francs congolais), un sac de maïs de 100 kg se vend à ce jour à 20.000 Fc, soit 33 % de plus. Il en va de même pour le manioc, tandis que le prix de vente du riz et de l'arachide a lui augmenté en moyenne de 15 %.

Par contre, l'étude démontre que les prix des produits manufacturés sont, eux, en baisse, à l'avantage des populations rurales. En effet, les pistes devenues praticables contribuent à faciliter le transport et, par conséquent, à réduire le coût du transport des produits de première nécessité des grands centres vers les villages. Cela se traduit par une diminution du prix de vente aux consommateurs. Ainsi, le prix d'un verre de sucre est passé de 500 à 300 Fc. Une boîte de sardines, qui s'achetait hier encore à 1.500 Fc coûte aujourd'hui 1.200 Fc. Un savon de lessive s'achète à 200 Fc contre 250, quand les villages étaient enclavés. Et l'on pourrait encore multiplier les exemples.

La réduction du temps de déplacement et du coût du transport s'ajoute à la liste des conséquences positives du désenclavement. L'axe Kasongo-Kibombo compte 175 km. Aujourd'hui, avec un vélo, cette distance est parcourue en 4 jours contre 8 avant la réhabilitation des pistes. Et pour louer un vélo sur cet axe, il ne faut à présent plus débourser que 10.000 Fc contre 15.000 auparavant. Couvrir cette distance à moto prend aujourd'hui 6 heures en moyenne, alors qu'avec le même moyen de transport, il fallait 2 jours de voyage. Cela correspond à une baisse du coût du transport de l'ordre de 40 % : 50.000 Fc hier contre 30.000 Fc aujourd'hui.

PREPICO 3 intervient également dans la province du Katanga, plus précisément dans le district de Tanganyika. Le projet y a réhabilité à ce jour 240 km de pistes rurales. Une étude similaire menée par l'ONG CODEF fait également état d'un impact très positif du désenclavement sur les populations locales. La réhabilitation des infrastructures de base (routes de desserte agricole, pistes rurales, voies fluviales, bacs...) en vue de désenclaver les bassins de production agricole constitue l'une des priorités de la coopération entre la Belgique et la RDC, une priorité réaffirmée dans le programme de coopération 2014-2015 signé en avril dernier.