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Attaques de LRA en RDC : la population du Haut-Uélé encore traumatisée et inquiète depuis la Noël 08

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Tueries, enlèvements, pillages, traumatisme, accès difficile aux services sociaux de base et famine continuent à être le lot quotidien des populations du District du Haut-Uélé, au nord de la République Démocratique du Congo (RDC), presque une année depuis la Noël noire de 2008

Kinshasa, le 23 décembre 2009 (caritasdev.cd) : Tueries, enlèvements, pillages, traumatisme, accès difficile aux services sociaux de base et famine continuent à être le lot quotidien des populations du District du Haut-Uélé, au nord de la République Démocratique du Congo (RDC), presque une année depuis la Noël noire de 2008, rapporte caritasdev.cd. En fait, des massacres en série avaient été perpétrés entre le 24 décembre 2008 et le 13 janvier 2009 par plusieurs groupes de rebelles ougandais de la LRA (Lord's Resistance Army) contre des civils congolais. Un rapport de Human Rights Watch, daté du 17 janvier 2009, avait fait état d'au moins 620 civils férocement tués à et autour de Doruma, Faradje et Duru. « La peur est en train de revenir dans les cœurs de la population, surtout à l'approche de la Noël », reconnaît avec tristesse l'Abbé Augustin Kaloma, Chargé de la Caritas dans la région orientale du diocèse d'Isiro-Niagara, joint mercredi 23 décembre de Watsa par caritasdev.cd. De folles rumeurs d'une réédition de ces attaques en cette fête de Noël 2009 en rajoute encore au traumatisme ambiant. Caritas Congo et Caritas Internationalis saisissent l'occasion qu'offre ce triste anniversaire pour plaider pour plus d'implication de la Communauté Internationale. D'une part, pour aider le Gouvernement congolais à rétablir totalement la paix dans cette partie de la Province Orientale ; d'autre part pour accroître l'aide humanitaire aux populations affectées par la présence de la LRA.

En effet, seule la paix pourrait leur permettre de reprendre leurs activités agropastorales et ne plus dépendre d'une assistance humanitaire à compte-goutte, toujours insignifiante, mais bien encore utile pour sauver des milliers de vies en détresse. Des témoignages déchirants des rescapés de ce massacre de Noël 2008 devraient pousser les Instances nationales et internationales compétentes à sauver des milliers de vies dans cette partie de la RDC. Soulignons que même la messe de Noël 2009 sera célébrée à 15h00 et non à minuit ... !

Triste rappel des atrocités à Faradje

Ce bilan provisoire dressé mercredi 31 décembre 2008 par Mgr Julien Andovo Mbia, Evêque d'Isiro-Niangara, et pour la seule cité de Faradje-centre, située à 350 Kms d'Isiro et à plus de 1.000 Kms de Kisangani, démontre pourquoi les populations du Haut-Uélé continuent à souffrir dans leurs corps et leurs âmes : « Le jeudi 25 décembre dernier, les rebelles de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) ont investi le centre du Territoire de Faradje. C'était autour de 16h00, heure locale. Estimés au nombre d'au moins 260 hommes, ces rebelles, en fuite après les raids de la coalition des Forces armées du Sud-Soudan, de l'Ouganda et de la RD Congo, ont mis à sac la cité de Faradje, pillant, tuant, brûlant et saccageant tout sur leur passage. Pour l'instant, le bilan partiel de leur crime se présente de la manière suivante : Plus de 150 personnes tuées à coup de machettes et de haches, parmi ces victimes, l'on relève les cas d'un médecin, d'un inspecteur de l'enseignement primaire, du président de la FEC (Fédération des Entreprises du Congo), de deux pasteurs (CECA 20 et AOG) ; environ 200 personnes enlevées, dont principalement des femmes et des enfants ; plus de 750 cases brûlées ; le marché central pillé et brûlé ; 12 blessés graves dont 8 transportés à la Monuc à Dungu ; l'unique hôpital du lieu pillé de fond en comble ; les résidences de l'Administrateur du Territoire et de ses Adjoints saccagées et brûlées ; la paroisse Saint Jean-Baptiste pillée et saccagée... ».

Populations déplacées sans accès aux champs

Près d'une année après ces massacres, la situation de la population est toujours précaire. « Les populations de ces contrées sont des cultivateurs. Ils vivent des produits de leurs champs. Or, pour l'instant, ils ne savent plus travailler dans leurs champs à cause de la présence des rebelles de la LRA dans la forêt », déplore Raymond Lubanza, membre de l'Equipe de Logistique de Caritas Congo. Il a récemment supervisé la distribution de l'aide humanitaire en biens alimentaires réalisée par la Caritas Isiro-Niangara à 750 ménages déplacés à Kurukwata, à 45 Kms de Faradje. Cette aide a été financée par les membres de Caritas Internationalis.

Pour l'Abbé Baudouin Tibasima, Directeur de la Caritas Isiro-Niangara, l'accès difficile aux champs est le gros du problème. « Etant donné que les opérations militaires se poursuivent, il est dangereux d'aller au-delà de cinq à dix de Kms de Faradje », a-t-il déclaré samedi 21 novembre 2009, joint au téléphone par caritasdev.cd.

C'est donc la misère pour la population. Les vivres apportés par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), entre mars et juin 2009, devraient être renouvelés régulièrement.

L'Abbé Augustin Kaloma, Chargé de la Caritas dans la région orientale du diocèse d'Isiro-Niangara, considère que « la situation sécuritaire a beaucoup évolué à Faradje, mais pas sur le plan humanitaire. A Faradje et ses environs, les gens n'ont pas pu récolter tout ce qu'ils avaient semé l'année passée. Ils n'ont pas aussi semé cette saison agricole. Quand l'armée ougandaise est arrivée, elle avait demandé à la population de dégager la brousse. Ils habitent maintenant dans les « grandes » agglomérations. La production agricole a alors diminué, bien que certains déplacés font de la culture maraîchère ». L'Abbé Kaloma a été joint samedi 21 novembre dernier au téléphone de son siège à Watsa, à 90 Kms de Faradje.

Situation sociale catastrophique, même à Faradje-centre

Cette baisse de la production agricole a un impact négatif sur le social. C'est ce que confirment des rescapés du massacre du 25 décembre 2008 que caritasdev.cd a joints lundi 23 novembre 2009 à partir de Faradje. Ainsi, pour Madame Félicienne BOZIO, enseignante, « il y a un peu de changement positif sur le plan sécuritaire ; mais, au niveau social, c'est la catastrophe ». Cette mère de sept enfants a perdu tous ses biens, à cause de l'incendie de sa maison par la LRA. Suite aux attaques répétées des combattants de la LRA, particulièrement celle de la Noël 2008 « des orphelins, veuves, invalides se retrouvent aujourd'hui sans assistance », déplore-t-elle.

Résumant cette attaque, elle rappelle que « ce jour de Noël a été très catastrophique : il y a eu trop de décès, des maisons brûlées, beaucoup de personnes enlevées, des salles de classes avec des meubles détruits pour avoir abrité des déplacés, des familles séparées, beaucoup de filles sorties des brousses sans assistance et pourtant elle reviennent avec des grossesses précoces et indésirables après leur enlèvement ». Et d'ajouter : « Nous sommes incapables de scolariser nos enfants, bien que les frais de scolarité ont baissé de 50%. Nous manquons aussi des denrées alimentaires et produits de première nécessité. Comble de malheur, le prix galope sur les marchés dans un contexte de faible pouvoir d'achat et de traumatisme quasi-général ».

L'approche de la nuit fait peur, tout comme la présence des personnes inconnues ! Au niveau de l'hôpital, MSF (Médecins Sans Frontières) s'occupe quand même des malades, « mais, tous les besoins sanitaires ne sont pas couverts », note la ménagère, qui signalait d'une part l'arrêt probable des activités de cette ONG dans leur zone, et d'autre part l'augmentation des cas d'hypertension et d'hypotension. Raymond Lubanza souligne qu'il a eu à parcourir 45 Kms entre Faradje et Kurukwata pour ne voir qu'un seul centre de santé qui vient en aide à la population avec le peu de matériels dont il dispose.

Sur le plan de la communication, une petite radio fonctionne difficilement à la paroisse Saint Jean-Baptiste. Faute d'énergie électrique, elle n'émet que pendant deux heures le soir. Toutefois, la population peut accéder à la connexion Internet, en se rendant à Nagero, à 24 Kms de Faradje. La navigation est de 5 dollars US pour deux heures. En outre, le litre d'essence coûte 1.600 FC (Francs Congolais), environ 1,8 $ US. La devise américaine se change d'ailleurs à 850 FC. Une bouteille de pétrole (72 Cl) revient à 1.500 FC, plus que le salaire d'un enseignant moyen (1.000 FC, soit 1,2 $ US). Il sied de dire que le Gouvernement congolais doit encore uniformiser le salaire de ses fonctionnaires. Ceux de l'arrière-pays ont encore un salaire de base de loin inférieur à celui de leurs collègues de la capitale et de principales villes du pays. Le verre de haricot coûte 150 FC, tout comme le riz ; le verre d'arachide est à 300 FC, une bouteille de l'huile de palme à 600 FC et une barre de savon de lessive à 800 FC.

Messe de Noël à 15h00 et non à minuit, sans grand-chose à manger !

Où et avec qui passera-t-elle sa Noël 2009 ? « A Faradje toujours, dans la famille. Je serai seulement avec mes enfants, car je suis séparée de mon mari depuis plusieurs mois à cause de l'insécurité... », répond-elle tristement. Une fête de Noël se caractérise généralement par un festin familial et communautaire. Mais, comment fêter sans nourriture ! « Jusque-là, je ne sais pas ce que nous mangerons le jour de Noël ; car, il n'y a aucune provision alimentaire »,fait-elle remarquer.

Pour ne pas mourir de faim avec ses enfants, cette mère survit grâce à la maigre récolte d'un petit champ pas très loin de Faradje, sécurité oblige. « J'avais planté du maïs, du riz et du manioc ; mais la récolte est insuffisante. J'ai déjà récolté le mais ; le manioc n'est pas encore à maturité, tandis que j'espère récolter le riz en début janvier », souligne Mme Félicienne.

Et pourtant, en temps normal, les familles auraient pu se regrouper pour partager les repas. « Maintenant, nous n'avons plus moyen d'être ensemble par crainte de la LRA. Chacun restera dans sa famille le jour de Noël ! », déplore-t-elle. « Avec un peu de moyens, par exemple s'il y avait eu distribution d'une aide en vivres, nous aurions pu nous retrouver le jour de Noël dans les quartiers au sein de nos Communautés Ecclésiales Vivantes de Base (CEVB) pour commémorer l'anniversaire du massacre. On pouvait partager du pain et de la boisson »,souligne l'Abbé Guillaume, comme dans un rêve !

La messe de Noël aussi en subit un coup terrible. Alors que partout au monde, les fidèles catholiques célébreront librement la nativité de l'Enfant Jésus, le Prince de la paix, à Faradje, « il n'y aura pas de messe de minuit cette année », annonce avec désolation l'Abbé Guillaume Abiandroa, prêtre à la paroisse Saint Jean-Baptiste de Faradje. « Nous aurons une seule messe à 15h00 », précise le prêtre. « Notre prière à Dieu à cette occasion est que la paix puisse revenir dans notre milieu. Cette messe de 15 heures sera dite en mémoire de tous les morts de la Noël 2008 et d'autres victimes de la LRA, avec possibilité de dépôt des fleurs pour les disparus », annonce l'abbé Guillaume, qui signale la présence de plusieurs fosses communes.

Environ 80% de la population traumatisés

Robert-de-l'Armée Madrakele est l'une des victimes de l'attaque de Noël 2008 à Faradje. Son rêve est d'aller poursuivre ses études universitaires à Kisangani, après avoir décroché son baccalauréat en 2005. Les études supérieures coûtant cher, il a opté dispenser d'abord cours comme enseignant dans une école secondaire, pour se faire un peu d'économie en vue de payer les frais académiques. Hélas, des combattants de la LRA ont tout pillé chez lui alors qu'il séjournait à Watsa, à 90 Kms de là. « Faute de moyens, je suis resté à Faradje », dit-il avec désolation !

Pour le moment, Robert de l'Armée se contente d'encadrer les enfants à travers l'« Association pour la promotion rurale », avec quelques amis. D'autres associations aussi existent, comme celle des veuves. Toutes ces associations ont besoin d'un renforcement des capacités pour leur permettre de former les communautés de base sur notamment les droits de la femme, l'auto-prise en charge par l'apprentissage des métiers.

Toutes ces activités devraient pouvoir aider à « détraumatiser » la population. En fait, « presque 80% de la population sont traumatisés. Moi-même, j'ai des cauchemars la nuit. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir », souligne Madrakele.

Par ailleurs, en guise d'effets du massacre, il fait remarquer que « certains enfants enlevés par la LRA et emportés en brousse, sont aujourd'hui rejetés par leurs familles. Ils sont en train d'errer. D'autres n'ont plus retrouvé leurs familles. Ils sont alors accueillis soit par des églises, soit par des personnes de bonne volonté ».

« J'ai été enlevé par la LRA à la Noël 2008 »

Un autre méfait du massacre de la Noël 2008, c'est la stigmatisation dont sont victimes des filles enlevées par la LRA, mais qui ont recouvert leur liberté. « Elles sont stigmatisées parce que tout le monde sait que telle ou telle autre fille a été violée en brousse, etc. Il faut vraiment chercher un encadrement et des activités génératrices de revenus pour ce genre de filles, souvent orphelines en plus », plaide Robert de l'Armée.

Dieudonné PABIAKI confirme ces propos. Il a été enlevé lui aussi le 25 décembre 2008 par la LRA. « Nous avons vraiment été maltraités depuis notre enlèvement le jour de Noël. Ils m'ont fait transporter de lourds fardeaux, fruit de leurs pillages », raconte d'entrée de jeu ce rescapé. « Certains ont été tués en cours de route », ajoute-t-il, parlant de plus de 100 personnes enlevées le 25 décembre 2008.

Ce garçon, âgé de 16 ans, a pu s'échapper en avril 2008, grâce à une offensive des militaires ougandais contre la LRA à Kpaika, à 65 Kms de Dungu. Ces derniers l'ont aidé à joindre d'abord Dungu, puis Faradje. Il indique que ces rebelles ougandais les faisait marcher toute la journée pour ne s'arrêter que le soir. « On mangeait à peine ! », dit-il ! A son retour à Faradje, il a trouvé sa famille dispersée.

« Les souffrances sont de plusieurs ordres lors de la captivité. Le calvaire des filles est particulièrement terrible », se contente-t-il de dire. Il déplore alors la discrimination que subissent ces filles enlevées une fois sorties de la brousse.

Par ailleurs, Dieudonné PABIAKI confirme la préférence des rebelles de la LRA : « Ils tuent les adultes enlevés, préférant garder les enfants, même de trois ans ». Ayant connu un retard certain dans son cursus scolaire, Dieudonné étudie pourtant en 6ème année primaire, avec l'espoir de faire des études pédagogiques au cycle secondaire. Il faut 3.200 Francs Congolais (environ 3,5 $ US) par mois pour ses frais scolaires. Catholique de son état, il compte passer la Noël 2009 avec son père, son frère et sa petite sœur ; sa maman étant en déplacement à Kurukwata. « Que la paix revienne chez nous ! », telle est sa prière de Noël.

« Que le Conseil de Sécurité s'investisse sérieusement pour aider le Gouvernement congolais à nous débarrasser de la LRA pour recouvrer la paix ! »

Face à ce tableau noir, Robert de l'Armée a un message à deux volets : « Sur le plan de la sécurité d'abord, que le Conseil de Sécurité de l'ONU fasse tout pour mettre fin à ces attaques de la LRA dans le District du Haut-Uéle, et dans la Province Orientale en général. Il aiderait ainsi le Gouvernement congolais à nous débarrasser de la LRA. C'est le vœu de la population ici ». L'autre volet est socioéconomique : « pour détraumatiser toutes les communautés, il faut des centres culturels où les gens peuvent se retrouver pour se divertir, lire des journaux, regarder la télévision ou des films, etc. Mais, il faut aussi ouvrir des centres informatiques pour pouvoir naviguer sur Internet ; réhabiliter les routes de desserte agricole ; apporter aussi la prise en charge scolaire ; mécaniser et bien payer les enseignants. Que le Gouvernement songe un peu à ces gens là. En résumé, il faut une assistance médicale et psychologique aux rescapés et un renforcement des capacités des ONGs locales », conclut-il.

Situation sécuritaire et humanitaire actuelle

Entre temps sur le terrain à Faradje, « nous avons les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) qui sont là, presque pas combatifs, mais font quand même quelque chose de bon. Il y a aussi un contingent marocain de la MONUC (Mission de l'ONU au Congo), qui est plus observateur ; enfin, il y a également des militaires ougandais qui sont quand même opérationnels », note Robert de l'Armée.

Toutefois, du côté des officiels, « la menace que posent les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) semble avoir baissé en intensité dans le Haut-Uele, même si des groupes de rebelles de la LRA continuent d'opérer dans une grande partie du district. En revanche, cette menace affecte désormais partiellement le District du Bas-Uele, la République Centrafricaine et le sud du Soudan. A l'heure actuelle, les attaques de la LRA visent plus la survie des membres du groupe », indique le rapport de situation humanitaire du 03 au 09 novembre 2009 de OCHA/RDC (Office de Coordination des Affaires Humanitaires de l'ONU).

Mais, la menace de la LRA n'est pas pour autant disparue. En fait, selon des sources humanitaires, le 29 novembre 2009, les rebelles de LRA ont attaqué à 38 km au sud-est de Bangadi, dans le Haut-Uele, deux camions transportant des semences maraîchères et outils aratoires de la FAO qui devaient être distribués par Caritas. L'attaque est intervenue pendant que les deux camions étaient embourbés. Ces intrants agricoles étaient destinés pour la distribution aux personnes déplacées présentes à Bangadi. C'est la 1ère attaque d'un convoi humanitaire par la LRA en RDC, indique le Briefing humanitaire en RDC du 30 novembre au 04 décembre 2009.

Pour sa part, Mgr Samuel Migido, Vicaire Général du diocèse de Bondo, a signalé l'attaque par les rebelles ougandais de la LRA dimanche 29 novembre dernier de la localité de Manawoe, à 18 Km à l'Est de Dakwa, enlevant sept enfants à l'âge scolaire. Le Poste de Dakwa se trouve à 87 Kms à l'Ouest de Ango, Territoire du District du Bas-Uélé en Province Orientale. Selon la même source jointe par caritasdev.cd, une contre-offensive des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), menée du 02 au 04 décembre 2009 à Bagugu, à 12 Kms au Nord-Est de Dakwa, a permis la libération de 10 enfants, dont deux qui avaient été enlevés à Bayule, deux à Bana et deux autres à Dungu.

Par ailleurs, selon le HCR (Haut Commissariat de l'ONU pour les Réfugiés), cité par le rapport de situation humanitaire du 16 au 20 novembre 2009, les attaques perpétrées par la LRA en Haut-Uélé ont entraîné une fuite de population congolaise vers le Sud-Soudan : environ 27. 000 réfugiés dont 19.805 enregistrés et dispersés principalement dans les localités de Ezo, Yambio et Yei.

Pour sa part, le Ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, estime que « les mouvements des terroristes étrangers qui ont sanctuarisé notre pays depuis plus d'une décennie dans le silence assourdissant des donneurs de leçons d'aujourd'hui, ont dans une très large proportion été extirpés du territoire congolais. Ainsi, dans les Uélés où avait sévi la LRA, on constate que ce sont de plus en plus des bandits congolais qui opèrent sous l'étiquette de la Lra » (Livre Blanc, inédit, publié en fin octobre 2009).

S'adressant aux deux Chambres du Parlement réunies en Congrès lundi 7 décembre 2009 à Kinshasa, le Chef de l'Etat, Joseph Kabila, a renchéri : « La LRA a été mise en débandade et le gros de ses unités ont trouvé refuge en République Centrafricaine. Les opérations de ratissage se poursuivent cependant contre ceux qui restent de ces violeurs et assassins ».

Ce reportage de Radio Okapi (radio de la mission de l'ONU au Congo) sur les festivités marquant la journée nationale de la paix, clôturées samedi 21 novembre 2009 dans le territoire de Dungu, district du Haut Uélé, en Province Orientale, donne une idée sur l'état actuel de la situation. « Plusieurs manifestations culturelles ont été organisées par la Commission diocésaine justice et paix de Dungu, au stade papa Costa à Dungu centre. Les différentes communautés ethniques ont tenu à protester contre les violences armées qui sont perpétrées par les rebelles ougandais de la LRA (Armée de résistance du seigneur) dans leur entité, rapporte radiookapi.net

Danses folkloriques et chansons traditionnelles ont agrémenté la clôture de la journée nationale de la paix à Dungu. Parmi les communautés ethniques présentes à ces festivités, on a noté la présence des Zande, des Mangbetu, des Lugbara, des Kakwa et des Alur. Dans leurs chansons, elles ont exprimé leurs compassions aux victimes des atrocités de LRA commises en territoire de Dungu et ses environs. Elles ont déploré notamment les meurtres des civils, les enlèvements d'enfants, les violences sexuelles contre les femmes et les filles, les incendies de cases et le déplacement massif des populations. Dans leur message, les membres de ces différentes tribus ont déclaré être lassés des exactions des combattants de la LRA. Des exactions qui durent depuis longtemps, ont-ils regretté. La journée nationale de la paix a été également marquée à Dungu par des pièces de théâtres. Les acteurs ont véhiculé le même message de paix. Selon le coordonnateur de la commission diocésaine justice et paix de Dungu, Benoit Kinalego, ces manifestations visent à apaiser tant soit peu la population victime des affres de la guerre et interpeller les autorités compétentes pour restaurer la paix dans cette partie du pays. Il convient de noter que c'est la première fois depuis les incursions des groupes armés étrangers à Dungu, que ces festivités sont organisées dans ce territoire.

Ces groupes armés, notamment les éleveurs armés appelés Mbororo et les LRA, commettent des exactions sur les populations civiles de Dungu depuis environ 5 ans ».

Voilà pourquoi les besoins humanitaires demeurent énormes et encore insatisfaits dans le Haut-Uélé. Au-delà de la réponse apportée par d'autres Organismes humanitaires, Caritas-Développement Congo, avec ses Structures diocésaines de Dungu-Doruma et Isiro-Niangara, ont été parmi les premiers à réagir après le massacre de la Noël 2008. Ainsi, 11.500 ménages ont été assistés à Dungu (7.000 ménages), Isiro (1.500 ménages), Faradje (800 ménages), Ango (750 ménages) et à Watsa (1. 500 ménages), avec l'appui de la Caritas Internationalis. Chaque ménage a reçu 3 couvertures, 1 pagne pour femme, 6 assiettes, 6 cuillères, 6 gobelets, 2 louches, 8 pièces de friperies pour enfant, 4 pièces de friperies pour adulte, 4 pièces de savon de 250 g, 2 pièces de seau en plastique et 1 bâche. Ces distributions s'étaient achevées le 11 avril 2009.

L'assistance de Caritas-Développement Congo s'est poursuivie durant l'année en faveur des déplacés, ayant fui les attaques de la LRA, tant dans le Haut-Uélé que le Bas-Uélé. Ainsi par exemple, 800 ménages déplacés du Territoire de Dungu, se trouvant actuellement dans la localité de Kpaika (à 65 Kms de Dungu-Centre) en Province Orientale, ont reçu dimanche 25 octobre 2009 une aide humanitaire d'urgence de la part de la Caritas Dungu-Doruma, appuyée par une équipe de Caritas Congo. Constituée des biens non alimentaires, cette assistance s'inscrit dans le cadre du Programme d'intervention humanitaire de Caritas pour l'Est et le Nord-Est de la RDC, financé par les membres de la Confédération Caritas Internationalis. Grâce au même programme, la Caritas Isiro-Niangara a assisté le 11 octobre dernier 750 ménages déplacés à la localité de Kurukwata (à 45 Kms de Faradje), alors que Caritas Buta a servi le 03 octobre 750 autres ménages déplacés à Dingila. Enfin, un autre projet d'Assistance Humanitaire d'Urgence à 4.000 familles déplacées dans les diocèses de Dungu-Doruma et d'Isiro-Niangara, financé par la Direction Générale de Coopération au Développement (DGCD/Organisme public belge), via la Caritas International Belgique, est actuellement en phase d'exécution.