Informing humanitarians worldwide 24/7 — a service provided by UN OCHA

DR Congo

Analyse Rapide Genre des besoins et priorités des personnes déplacées internes dans les camps de Baraka, Shabindu, RUSAYO2, Nzulo2 et Bushagara – Nord-Kivu, République Démocratique du Congo

Attachments

Resumé du Rapport d’analyse

La province du Nord-Kivu demeure la plus sévèrement affectée par les déplacements de population en République démocratique du Congo (RDC) depuis la résurgence des affrontements entre les éléments du Mouvement M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC) en mars 2022, dans le groupement de Jomba, territoire de Rutshuru.

Depuis décembre 2022, l’avancée des éléments du M23 vers les localités avoisinantes de la ville de Goma et de la cité de Sake a considérablement détérioré la situation sécuritaire, exposant davantage les civils à des risques accrus de violence et de déplacements forcés.

À la mi-avril 2022, des attaques de groupes armés visant les civils ont été signalées dans le nord de la zone de santé d’Oïcha. Le 21 avril 2022, des affrontements dans les villages de Musienene (territoire de Lubero) ont entraîné le déplacement de plus de 20 000 personnes en une seule journée. Entre le 28 avril et le 4 mai 2022, des combats opposant deux groupes armés dans le territoire de Masisi ont causé le déplacement massif d’environ 5 010 personnes vers les localités de Bulinda, Mutiri, Katoyi Centre et Langira. Ces violences ont été accompagnées de violations graves des droits humains, y compris des violences sexuelles.

Pendant la même période, dans le territoire de Beni, des attaques et embuscades menées par des présumés membres des ADF ont continué dans les groupements de Batangi Mbau et Isale Kasongwere. À Rutshuru, des affrontements entre groupes armés ont également été signalés dans les groupements de Tongo et Bishusha, provoquant de nouveaux déplacements de civils.

Les premières évaluations inter-agences et multisectorielles ont mis en évidence une recrudescence des violences basées sur le genre (VBG), aggravée par la faible présence d’acteurs capables d’assurer une prise en charge holistique. Bien que plusieurs organisations se soient positionnées dans le domaine de la protection contre les VBG, de nombreux signalements continuent de faire état de lacunes majeures en matière de prévention, de réduction des risques, et de prise en charge globale des survivantes.

Cette crise humanitaire touche les femmes, les filles, les garçons et les hommes de manière différenciée. Leurs besoins, intérêts, ressources, contraintes, capacités et stratégies d’adaptation varient selon le genre et l’âge. Dans ce contexte, notamment dans les zones ciblées par l’étude au Nord-Kivu, il est indispensable d’intégrer systématiquement l’approche de l’égalité de genre dans toutes les interventions humanitaires.

L’égalité de genre fait référence à l’égalité des droits, des responsabilités et des chances entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons. Cela ne signifie pas que ces groupes doivent être traités de manière identique, mais que leurs opportunités ne doivent pas dépendre de leur sexe ou genre. Intégrer cette approche dans l’action humanitaire implique d’identifier les besoins, priorités, capacités et contributions spécifiques à chaque groupe et de garantir la participation pleine et égale des femmes et des filles à chaque étape du cycle de programmation humanitaire.

Dans le cadre du projet financé par l’Allemagne, une analyse rapide de genre a été conduite auprès des communautés déplacées internes des camps de Baraka, Shabindu, Nzulo 2, Rusayo 2 et Bushagala, situés dans la ville de Goma et dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Les résultats de cette étude permettront à ONU Femmes de mieux comprendre plusieurs dimensions clés à travers des données statistiques indicatives, notamment :

• Les rôles et relations entre les sexes ;

• L’accès aux services essentiels et à l’assistance humanitaire ;

• La participation des femmes et le leadership dans la prise de décisions au sein du ménage

• Les questions de protection et de mobilité ;

• L’identification des besoins prioritaires selon le genre.

L’étude s’est appuyée sur des enquêtes ménages, complétées par des discussions de groupe et des entretiens individuels et avec des informateurs clés.

Les résultats issus des observations de terrain, des discussions avec les femmes, les filles, les hommes et les garçons, ainsi que des entretiens menés auprès des informateurs clés, ont mis en évidence des besoins significatifs en matière de réduction des risques liés aux violences basées sur le genre (VBG). Ces besoins concernent plusieurs secteurs : l’aménagement des camps, les abris, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance, ainsi que l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, sans oublier la protection de l’enfant et l’éducation.