CONTEXTE
La province du Tanganyika demeure en proie aux violences par suite des conflits intercommunautaires et de l’activisme des milices et groupes armés.
En effet, depuis fin 2022, le Tanganyika fait face à une nouvelle flambée de violences dans la partie Sud du territoire de Kalemie et la Partie Nord de celui de Moba. Ces violences sont liées principalement à la résurgence des conflits intercommunautaires Twa – Bantu dans cette partie de la province (ZS Kalemie, ZS Kansimba et ZS Moba). A cela s’ajoute la présence des hommes armés dans le site de pré-cantonnement des démobilisés à Mulange, qui insécurisent les personnes déplacées dans les sites de Likasi, Mwaka et Kisalaba, ainsi les communautés locales.
L’on note également la persistance des activités des groupes armés au Nord du Territoire de Kalemie (ZS Nyemba) en connivence avec ceux en provenance du Sud-Kivu et du Maniema, ainsi que la résurgence des incursions des Mai Mai Bakata-Katanga dans le territoire de Manono (ZS Kiambi) et celui de Pweto (ZS Pweto) dans le Haut-Katanga. De même, le territoire de Kongolo reste marqué par des incursions récurrentes des Mai Mai Malaika en provenance du Maniema qui créent l’instabilité dans la zone frontalière entre les deux provinces. Ces violences entraînent souvent des mouvements de populations qui sont généralement accompagnés d’incidents de protection, notamment des violences basées sur le genre qui affectent les femmes et les jeunes filles aussi bien parmi les personnes déplacées, les retournées que les communautés hôtes.
Malgré ce sombre tableau, il y a lieu de signaler qu’une stabilité progressive mais fragile est observée dans le Nord du territoire de Nyunzu et le Nord-Ouest de celui de Kalemie, conduisant du coup à un retour des populations dans ces zones qui étaient abandonnées depuis plusieurs années. Il faudrait aussi souligner qu’un processus de relocalisation des populations déplacées dans la ville de Kalemie a été déclenché par les autorités provinciales depuis 2020 et a abouti à la fermeture d’au moins 8 sites des déplacés et la relocalisation de ceux-ci dans des villages autour de la ville, ce qui a créé de nouveaux besoins en termes d’installation et d’accès aux biens et fournitures de première nécessité, ainsi qu’aux services sociaux de base. Face à la précarité dans toutes ces zones, différents rapports et observations ont fait ressortir le fait que le sexe de survie y est devenu monnaie courante.