DR Congo

Alors que la crise humanitaire s'aggrave en RDC, les personnes déplacées commencent à recevoir de l'aide

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NEW YORK, Etats-Unis, 3 novembre 2008 - Après plusieurs semaines d'incertitude, l'aide humanitaire commence petit à petit à atteindre une partie de la population déplacée dans la province du Nord-Kivu, située à l'est de la République démocratique du Congo. Des centaines de milliers d'autres personnes attendent toujours de l'aide.

Au cours des deux derniers mois, plus de 250 000 personnes ont été forcées de fuir les affrontements entre l'armée congolaise et un groupe rebelle dont près de 100 000 au cours des quatre dernières journées. Un cessez-le-feu précaire a permis à un petit nombre de camions humanitaires d'acheminer des provisions dans au moins un camp tandis que des organisations humanitaires sont en train de procéder à une rapide évaluation de la situation en préparation à une vaste intervention.

Sur un site o=F9 50 000 personnes sont venues se mettre à l'abri des combats, l'UNICEF et ses partenaires ont pu faire parvenir de l'eau, assez de médicaments pour une semaine et quelque 15 000 biscuits aux enfants. Selon le spécialiste de la communication de l'UNICEF Jaya Murthy à Goma, la distribution de nourriture parmi les personnes déplacées a presque provoqué une émeute. Beaucoup n'avaient pas mangé depuis des jours.

Situation désespérée

« Quand nous avons effectué notre distribution, la situation était désespérée, » affirme Jaya Murthy. « Les gens sont venus et se sont massés autour de nos sites et cherchaient à pénétrer de force à l'intérieur pour avoir de l'aide. Et nous n'avions que des biscuits [que nous étions en train de distribuer]. Cela rend donc bien compte de la détresse qui règne. »

« Il y a maintenant une semaine de cela, » ajoute-t-il. « Nous savons que la plupart d'entre eux avaient très peu, voire rien du tout à manger et ils étaient complètement affamés. »

Parmi les personnes déplacées, un homme, Rumanyo Aganie, qui a fui une avance récente des rebelles, montre un certificat médical affirmant que sa fille de 16 ans a été violée alors qu'elle essayait de trouver de trouver la nourriture aux abords de leur campement. « Si elle avait eu assez à manger, elle n'aurait pas été violée, » affirme-t-il.

« La majorité de la population du Nord-Kivu sont des agriculteurs, » observe Jaya Murthy. « Maintenant qu'ils sont déplacés, ils n'ont plus leurs fermes et sont absolument dépourvus de tous moyens. Ils n'ont rien à donner à manger à leur famille et pas d'argent pour acheter de la nourriture. »

Un passé o=F9 prévalent les mauvais traitements et la violence

Quand les combats se déroulent à proximité d'un village, les familles sont souvent forcées de s'enfuir dans différentes directions, ce qui laisse les enfants en situation très vulnérable.

« Ici en RDC, notre histoire est marquée par des mauvais traitements à vaste échelle, l'exploitation, la violence, le recrutement des enfants par des groupes armés, » affirme Jaya Murthy. « Nous disposons d'un accès limité au Nord-Kivu. On nous a rapporté que des enfants sont séparés de leurs familles. Nous sommes extrêmement préoccupés par le bien-être et la situation de ces enfants. »

On estime que plus de 5 millions de personnes ont trouvé la mort dans le conflit congolais depuis qu'il a commencé en 1996, la plupart de maladies évitables et de faim. La mission de l'UNICEF au Congo est une des plus importantes du monde.