25 février 2012: Radio Okapi fête ses 10 ans d’existence en RDC
« Radio Okapi a été présente à tous les rendez-vous au cours desquels on a parlé de la paix : Luanda, Addis-Abeba, New-York, Kigali, Libreville, Ngurdoto. Radio Okapi a participé aux opérations de démobilisation, de rapatriement, d’intégration ou de brassage des forces armées. Et puis, les hommes politiques des différentes tendances se sont retrouvées autour de notre micro pour parler de la paix ».
C’est en ces termes que Léonard Mulamba, rédacteur en chef de Radio Okapi, résume le rôle joué par ce média au cours de dix dernières pour contribuer aux efforts de reconstruction et du rétablissement de la paix en République démocratique du Congo.
Le 25 février 2002, lorsque Radio Okapi lance sa toute première diffusion, les négociations politiques s’ouvrent à Sun City (Afrique du Sud) entre les délégués du président Joseph Kabila, ceux des rébellions du Mouvement de libération du Congo (MLC), du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et de l’opposition politique non armée.
A l’époque, Vital Kamerhe est commissaire général adjoint du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des grand lacs. Invité de Dialogue entre Congolais jeudi, il a affirmé que les programmes de la radio de la paix ont influé sur la signature de l’accord de paix dit « global et inclusif » le 17 décembre 2002 à Sun City (Afrique du Sud) entre toutes les parties en conflit.
«Radio Okapi y a été pour beaucoup en sensibilisant les Congolais et les pays qui avaient occupé le Congo pour comprendre qu’on devait faire la paix. Que les congolais avaient besoin de voir leur pays réunifié et être dirigé selon les désidératas du peuple », a affirmé Vital Kamerhe.
Selon lui, le rôle de Radio Okapi était important d’autant plus que la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) n’était pas captée sur toute l’étendue de la RDC et que les compagnies de téléphonie cellulaire n’étaient pas implantées dans toutes les provinces de la RDC grande comme quatre fois la France.
« Il y avait une rupture communicationnelle et les familles étaient isolées », ajoute-t-il pour montrer la place qu’occupait Radio Okapi qui venait de voir le jour.
En 2002, Azarias Ruberwa, qui deviendra vice-président de la RDC une année plus tard, est le secrétaire général du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui contrôle une grande partie de l’Est du pays. Présent aussi dans Dialogue entre Congolais de jeudi, il a souhaité que soit pérennisée Radio Okapi.
«Je pense que les 10 ans de Radio Okapi renferment de grands acquis et je pense que même après le mandat de la Monusco, cette radio pourrait survivre », a-t-il déclaré avant de plaider pour l’émergence du professionnalisme dans l’espace médiatique congolais :
«Nous avons épinglé beaucoup de valeurs auxquelles vous avez contribuées. Mais vous êtes le seul média à avoir cette capacité. Mon souhait est qu’il y ait d’autres «Radio Okapi » dans les 5 années à venir avec des instituts sur la démocratie et des recherches, et nous pourrons avoir une démocratie beaucoup plus solide que maintenant.»
Vous pouvez écouter le premier journal en français diffusé le 25 février 2002 à 7 heures de Kinshasa. Cette édition présentée par Jérôme Ngongo.
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