Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire accueille les familles de retour au pays alors que leur statut de réfugié va bientôt prendre fin

Abidjan - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, célèbre la Journée mondiale du réfugié en Côte d'Ivoire, aux côtés d'anciens réfugiés qui ont choisi de rentrer chez eux, peu avant la cessation officielle du statut de réfugié pour les Ivoiriens – qui entrera en vigueur à la fin de ce mois.

Le processus qui met officiellement fin au statut de réfugié - c’est-à-dire l’application des clauses de cessation - pour les réfugiés ivoiriens entre en vigueur le 30 juin, et signale la fin d’une période marquée par le déplacement forcé de centaines de milliers de réfugiés ivoiriens. La cessation de ce statut de réfugié fait suite à la résolution pacifique de deux décennies de conflits civils répétés et au retour à une situation de stabilité politique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

La résolution de cette crise qui, à son apogée, a forcé plus de 300 000 personnes à fuir vers les pays voisins et au-delà, est une lueur d’espoir dans un contexte mondial où les déplacements forcés sont en augmentation. Le mois dernier, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a déclaré que la guerre en Ukraine et d’autres crises en cours ont porté le nombre de personnes contraintes de fuir les conflits et les persécutions à travers le monde au-delà de 100 millions pour la première fois.

Lors d’une cérémonie organisée à Abidjan par le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, et à laquelle ont participé des responsables nationaux et les ambassadeurs des pays ayant accueilli des réfugiés ivoiriens, le Haut Commissaire a rencontré d’anciennes familles de réfugiés et leur a souhaité un bon retour dans leur pays.

« Pour nous, au HCR, rien n’est plus beau que d’assister à la fin de l’exil. Après deux décennies, les réfugiés ivoiriens peuvent rentrer chez eux en toute sécurité et dans la dignité. Ils sont de fiers Ivoiriens - vivant et travaillant dans leurs propres communautés ou dans les pays voisins », a déclaré Filippo Grandi. « J’ai été heureux de passer la journée de samedi avec des réfugiés ivoiriens qui rentraient chez eux. Le retour de centaines de milliers d’Ivoiriens démontre aux pays de la région - et à ceux du monde entier - ce que l’on peut accomplir lorsqu’il existe une réelle volonté politique de mettre fin à la violence et lorsqu’il y a une véritable coopération entre les États. »

En vertu des clauses de cessation, les pays accueillant des réfugiés ivoiriens sont invités à faciliter leur rapatriement librement consenti ou, pour les quelques Ivoiriens qui ont choisi de rester sur place, à faciliter leur intégration locale, la délivrance d’un permis de séjour permanent ou leur naturalisation.

Les Ivoiriens ont fui le pays en deux vagues distinctes à la suite de troubles civils entre 2002 et 2007, puis entre 2011 et 2012. Des milliers de personnes ont également fui vers les pays voisins en 2020, par crainte des violences liées aux élections présidentielles et législatives.

Plus de 310 000 réfugiés ivoiriens, soit 96% de ceux enregistrés en Afrique de l’Ouest, ont choisi de rentrer chez eux. Plus de 11 000 des 14 000 personnes qui sont rentrées cette année sont venues du Libéria voisin, où le HCR organise le transport hebdomadaire des Ivoiriens souhaitant rentrer chez eux. Les Ivoiriens qui rentrent chez eux pourraient être confrontés à certains défis à leur retour et ils auront durablement besoin d’aide, mais le gouvernement s’est engagé à apporter son soutien à leur réintégration et les communautés locales leur réservent un excellent accueil.

Le 18 juin, Filippo Grandi s’est rendu à la frontière libérienne pour accompagner des réfugiés ivoiriens dans la dernière étape de leur voyage de retour en franchissant à bord d’un bac le fleuve qui marque la frontière entre les deux pays. Au passage de la frontière, les autorités libériennes ont officiellement remis des certificats de naissance à leurs homologues ivoiriens afin que les rapatriés puissent inscrire leurs enfants à l’école, obtenir des cartes d’identité nationales et s’inscrire sur les listes électorales.

Le Haut Commissaire a promis un soutien sans faille du HCR à la Côte d’Ivoire et aux pays ayant accueilli des réfugiés ivoiriens pour mettre en en œuvre les clauses de cessation et pour venir en aide à tous ceux qui souhaitent rentrer chez eux.

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