Congo

Revue stratégique nationale « ODD 2, faim zéro d’ici à 2030 » au Congo, mars 2018

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RESUME EXECUTIF

1- Contexte et justification

L’Assemblée générale des Nations Unies réunie en 2015 a adopté les objectifs de développement durable ODD et a recommandé aux pays membres de les mettre en oeuvre. C’est dans ce contexte que le Gouvernement de la République du Congo avec l’appui du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), a initié la réalisation de la revue stratégique de l’ODD2 : « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable», d’ici à 2030.

L’objectif général de cette revue est d’établir un diagnostic complet de la situation alimentaire et nutritionnelle du Congo afin d’élaborer le plan stratégique de pays pour l’atteinte du défi « faim zéro » d’ici à 2030.

2- Diagnostic de la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

La population congolaise est à 63 % urbaine contre 37% rurale (FRAT 2016). Ce déséquilibre de la population a des conséquences sur la production agricole d’origine rurale et sa faible contribution au PIB. C’est ainsi que pour y remédier, le pays recourt à des importations et aux aides alimentaires.

Selon l’Analyse Globale de la Sécurité Alimentaire et de la Vulnérabilité (AGSAV, 2014), le pourcentage des ménages en insécurité alimentaire est : la Lékoumou (36,9%), la Cuvette Ouest (30,2%) et le Kouilou (29,5%).

Les couches de la population les plus vulnérables en insécurité alimentaire et à la malnutrition sont les pauvres, les personnes âgées, les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les personnes vivant avec le VIH.

Sur le plan de la nutrition, le retard de croissance affecte 21,3 % d’enfants de moins de 5 ans, soit chaque année 200 000 enfants qui n’atteindront pas leur plein potentiel cognitif et physique.

L’émaciation (ou malnutrition aiguë) est estimée à 8,2 % chez les enfants de moins de 5 ans (dont 2,6 % sous forme sévère).

Au regard de ce qui précède, des contraintes majeures suivantes ont été relevées :

Sur le plan de la disponibilité alimentaire, on note une faible mécanisation de l’agriculture avec une utilisation des techniques culturales peu performantes. On remarque également une faible capacité technique des producteurs d à un encadrement inadapté et insuffisant. Aussi, note-t-on une insuffisance des actifs agricoles suite au vieillissement de la population agricole aggravée par l’exode rurale des jeunes. L’accès difficile à la terre et au financement constituent aussi des freins qui limitent l’augmentation de la production intérieure.

Deux contraintes majeures liées à l’accessibilité alimentaire ont été identifiées. Il s’agit d’une part, de l’enclavement des bassins de production et d’autre part, dupouvoir d’achat des ménages dû à un niveau élevé depauvretémonétaire.

Concernant la contrainte liée à la stabilité alimentaire, on note un déficit en infrastructures de stockage et de conservation des produits alimentaires sur toute l’étendue du territoireainsi que le faible niveau de transformation des aliments.

La contrainte liée à l’utilisation des produits alimentaires fait constater une méconnaissance des populations sur les valeurs alimentaires ainsi que les besoins nutritionnels spécifiques de certaines couches vulnérables de la population que sont les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes ou allaitantes. Cette situation se justifie par le taux élevé d’analphabétisme des femmes rurales, à qui incombe, dans la plupart des cas, la charge de nourrir les familles. En outre, le faible niveau d’éducation nutritionnelle des populations explique la consommation alimentaire inadéquate, l’insuffisance d’hygiène à tous les stades de la chaîne alimentaire. Il y a également le manque d’infrastructures de contrôle alimentaire pour garantir la qualité et la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

L’insécurité nutritionnelle est expliquée par des facteurs immédiats (les apports alimentaires inadéquats et les maladies infectieuses; des facteurs sous-jacents (l’insécurité alimentaire, les pratiques alimentaires inadaptées, l’hygiène et l’assainissement insuffisants, le faible accès aux soinsde santé et le faible niveau d’instructionsurtout au niveau rural).