République du Congo : Département du Pool - Rapport de situation No. 07 (Juillet-Octobre 2018)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 31 Oct 2018

Points Clefs

  • La situation Humanitaire dans le Département du Pool demeure toujours aussi fragile, depuis le cessez-le-feu de Décembre 2017 entre les ex-combattants et le Gouvernement de la République du Congo. Selon le Haut-Commissariat à la Réinsertion des ex-combattants, près de 8,000 armes de tout calibre auraient été collectées avec les ex-Ninjas depuis le lancement au mois d’Aout 2018 de la phase de Désarmement du Programme DDR. Cependant les dernières missions de terrain constatent de nouvelles revendications des ex-combattants désarmés, liées à leur impatience à cause du retard du démarrage des activités de réinsertion.

  • Au regard du peu de financements reçus à travers le Plan de Réponse Humanitaire (HRP) 2018, le Secrétariat du Fonds Central de Réponse aux Urgences (CERF) a accordé une allocation de USD3,967,000 aux opérations humanitaires en République du Congo, notamment pour le Département du Pool et celui de la Likouala (Refugies Centrafricains) en faveur du PAM, de l’UNICEF, de l’OMS, du PNUD, de la FAO et du HCR.

  • En raison de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le Département du Pool, le PAM envisage de renforcer sa présence opérationnelle par l’ouverture d’une antenne à Kindamba.

Situation humanitaire dans le Pool

A ce jour, selon les différentes évaluations menées par les intervenants humanitaires dans le département du Pool, les districts les plus touchés sont Kindamba, Vinza, Kimba, Mayama, Mbandza Ndounga et Goma Tse Tse avec des populations déplacées qui reviennent peu à peu occuper leur localité d’origine. Dans toutes ces zones, les populations n’ont accès ni à une eau de qualité (pas de forages fonctionnels), ni à des soins essentiels de santé primaire (presque tous les centres de santé ont été ravagés lors des combats et fonctionnent avec peu d’intrants et des bénévoles sanitaires peu ou mal formés). La différence du nombre d’enfants (3-17 ans) scolarisés entre le cours scolaire 2014-2015 est celui de 2017-2018 est de 21,200 (soit 30 % de moins). Au 25 septembre 2018, un total de 118 écoles sur 132, ne sont pas opérationnelles affectant un nombre de 15,500 enfants . L’absence d’enseignants (dans beaucoup de cas des volontaires qui ne sont plus retournés), des bâtiments endommagés, et le non-retour des populations dans certains cas, sont les principales raisons pour le non fonctionnement des écoles. Les enfants qui fréquentent les salles de classes sont démunis de fournitures de base (table-bancs, portes, toits dans certains cas) et de tout type de manuels scolaires et de matériel pédagogique. Sur le plan de la sécurité alimentaire, les risques de famine sont réels, du fait que les populations n’ont pas eu de récoltes depuis au moins 2 saisons à cause de l’insécurité. Il y a également une maladie des plantes qui touche la banane, les boutures de manioc et les autres légumineuses dans cette zone depuis bien avant le conflit et qui augmente les facteurs d’insécurité alimentaire. Les risques de VBG sont aussi préoccupants, bien qu’une évaluation précise du nombre de cas n’ait pas encore été faite, suite aux retours progressifs des populations déplacées. Pour ce qui concerne la protection des enfants, l’UNICEF et le Ministère des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire (MASH) prévoient une évaluation des enfants associés aux ex-combattants. Aussi, l’UNHCR et l’UNICEF organisent des séances de sensibilisation et d’information sur le cas des enfants dépourvus d’actes de naissances. Du fait de la crise liée à l’insécurité et au manque de débouchées économiques, plusieurs parents d’élèves ont migré vers les grands centres urbains laissant parfois les enfants avec des familles d’adoption encore plus pauvres augmentant du coup les risques de vulnérabilité et les séquelles psychologiques.

Le Plan de Réponse Humanitaire (HRP) 2018 a été peu financé. A ce jour, US$13.4 millions ont été reçus des donateurs sur un total de US$70,7 millions (soit US$22,9 millions pour le volet humanitaire et US$47,8 millions pour le relèvement) qui avaient été sollicités pour faire face à la crise. Le plaidoyer est en ce moment en cours auprès des différents bailleurs afin de relever le niveau de financement et permettre une bonne prise en charge des populations affectées. Au regard de l’évolution positive de la situation socio-politique, suite à la signature du cessez-le-feu, du programme Démobilisation Désarmement et Réintégration (DDR) en cours et du retour progressif des populations au sein de leur communauté d’origine, les acteurs humanitaires souhaitent ne pas élaborer un Plan de Réponse Humanitaire en 2019. Cependant, les activités de relèvement en lien avec le développement, notamment dans le Département du Pool, nécessitent une action rapide et durable de tous les intervenants, y compris des pouvoirs publics afin d’assurer la stabilité et la remise à niveau de la population

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Peacebuilding Fund (PBF), les agences récipiendaires de ce fonds (PNUD, UNHCR, UNFPA) ont formé 72 bénéficiaires (24 policiers, 23 gendarmes et 25 membres des organisations de la Société Civile) en droits humains et réconciliation, avec l’appui des Agences non- résidentes (UNOCA de Libreville et CNUDDH de Yaoundé).

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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