Républic of Congo, Pool : Plan de Réponse Humanitaire, Juillet-Décembre 2017

PRÉFACE PAR

S.E. MADAME LA MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES, DE L’ACTION HUMANITAIRE ET DE LA SOLIDARITÉ ET MONSIEUR LE COORDONNATEUR RÉSIDENT DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

Près d’une personne sur trois du département du Pool se trouve en situation d’urgence, obligée de trouver refuge chez des amis, des parents ou dans une paroisse. Des milliers d’enfants ont été privés de scolarité, et des milliers de personnes malades ou de femmes enceintes ne peuvent plus accéder à des soins de base dans leurs districts respectifs. Des taux de malnutrition bien supérieurs au seuil d’urgence ont été constatés parmi les enfants déplacés dans le département du Pool ou le département voisin de la Bouenza. Des jeunes femmes se retrouvent chefs de ménage du jour au lendemain, loin des autres membres de leur famille.

Tel est le bilan, partiel et douloureux, de plusieurs mois d’insécurité dans plusieurs districts du département du Pool. L’enquête nutritionnelle menée en mai 2017 démontre l’urgence d’une réponse humanitaire pour sauver des vies et prévenir une aggravation des conditions des personnes affectées par cette crise.

Ce n’est pas que le Pool qui souffre, c’est tout le Congo. Des approvisionnements perturbés par la coupure de la ligne de chemin de fer, des agents de la force publique originaires de tous les départements du pays tombés. La réponse à cette situation ne peut pas être qu’humanitaire mais il y a des vies en jeu et il faut agir vite.

Le Ministère des affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, ainsi que les autres institutions concernées du Gouvernement ont collaboré étroitement avec le Système des Nations Unies et les autres partenaires pour préparer une réponse humanitaire ciblée, intégrée prenant en compte les différentes populations affectées par cette situation.

C’est un plan d’urgence qui n’a d’autres objectifs que de sauver des vies et renforcer la résilience des populations dans le respect de leurs droits. Il devra être mis à jour régulièrement pour intégrer les évaluations en cours et s’adapter à l’évolution de la situation. Il devra également être complété par des actions à plus long terme afin de stabiliser une région trop longtemps perturbée par divers types de violences. Pour permettre un véritable développement d’un département autrefois l'un des grands greniers du Congo.

Ce plan s’adresse à toutes les personnes, institutions ou entreprises qui ont à cœur de contribuer à réduire les souffrances de ces populations.

S.E Antoinette Dinga Dzondo;
MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES, DE L’ACTION HUMANITAIRE ET DE LA SOLIDARITE Anthony Kwaku Ohemeng-Boamah COORDONNAEUR RESIDENT DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES EN REPUBLIQUE DU CONGO

APERÇU DU

CONTEXTE HUMANITAIRE

Les violences et l’insécurité qui ont secoué le département du Pool depuis avril 2016 ont provoqué le déplacement de près d’une personne sur trois dans les zones affectées. Sur les treize districts que compte le département, huit sont en grande partie difficilement accessibles. A la précarité des conditions de vie des personnes déplacées, s’ajoutent les difficultés des populations restées chez elles, quasi-coupées du reste du pays, et dont l’accès aux services de base et aux soins de santé s’est fortement dégradé.

Contexte

La population du département du Pool est estimée à environ 300 000 habitants dont 51,2% de femmes (projection 2014 sur base du recensement de 2007 de l’Institut National de la Statistique). La population des huit districts touchés par l’insécurité est estimée à 166 000 personnes. Dans ce département, 62% des ménages dépendent de l’agriculture commeprincipal moyen de subsistence.
Le Pool est l’un des départements qui avaient été durement touchés durant la guerre civile au Congo. Ces événements ont laissé des séquelles douloureuses et cette région, autrefois l’un des greniers du Congo, n’a pas, jusqu’à présent, pu véritablement retrouver une situation stable propice au développement économique et social.

En avril 2016, les violences ont repris, touchant non seulement les forces de sécurité, mais aussi la population civile. Des déplacements de populations de villages entiers ont été constatés, soit vers les chefs-lieux, soit vers un refuge précaire dans la brousse ou dans la forêt. Les zones initialement touchées par cette insécurité étaient les districts de Goma Tsé Tsé, Kinkala, Mayama, Kindamba et Vindza. Par la suite, les districts de Kimba, Mbandza Ndounga et Mindouli ont également été affectés.

La dégradation continue de la situation sécuritaire a contribué à une augmentation rapide du nombre de déplacés. Celui-ci a été multiplié par 6 en moins d’un an, passant de 12 986 personnes en juin 2016 à 81 000 en mai 2017, selon le Ministère des affaires sociales, des affaires humanitaires et de la solidarité. Les déplacements se font soit en direction des chefs-lieux de district soit vers les départements voisins comme la Bouenza ou Brazzaville.

Un impact multiforme

Certaines familles ont dû se séparer parce que l’un de leurs membres s’est vu menacé, d’autres ont préféré gagner la capitale Brazzaville. Il a été observé, parmi les personnes déplacées, un nombre supérieur à la moyenne de ménages dirigés par des femmes. Certains villages ont été entièrement détruits et les perspectives de retour des populations déplacées sont faibles à court terme.

Les populations restées dans leur village ou localité d’origine sont particulièrement exposées et ont vu leurs conditions de vie se dégrader ces derniers mois. Les déplacements de ou vers ces zones sont rendus très difficiles par l’insécurité, les opérations militaires en cours et les contrôles. L’accès aux soins de santé, à l’éducation, et aux produits du marché est devenu de plus en plus restreint. Dans les districts touchés, 17 formations sanitaires, sur un total de 54, sont fermées ou fonctionnent en régime réduit. La plupart des enseignants et agents de santé ont quitté leur poste, ainsi que certains chefs de village.

Les ménages déplacés font face à de grandes difficultés d’accès à la nourriture et aux marchés. On observe une forte volatilité des prix des denrées alimentaires de base dans les zones affectées avec une tendance à la hausse. En mai 2017, le prix nominal du kilo de foufou (aliment de base à partir de farine de manioc) a augmenté, par rapport à novembre 2016, de 85% sur le marché de Mindouli et de 10% sur le marché de Loutété (zone d’accueil de déplacés dans le département de la Bouenza). Les mêmes tendances sont observées en ce qui concerne le prix nominal du riz, qui a enregistré, sur la même période, une augmentation de 55% sur le marché de Mindouli et de 25% sur le marché de Kinkala.

Cette instabilité se traduit de manière dramatique par la dégradation des conditions nutritionnelles des plus vulnérables. Une enquête sur la situation nutritionnelle et la sécurité alimentaire a été menée mi-mai 2017 dans certaines localités accessibles du Pool ayant

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