Congo

La pratique de l'excision de jeunes filles subsiste à Betou

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Dans la localité de Betou (département de la Likouala), la pratique de la mutilation génitale féminine ou excision subsiste encore, a indiqué le 1er juin à Brazzaville, la présidente du comité national des droits des femmes (CONADEF) du Congo, Germaine Onanga. Elle s’est exprimée dans le cadre de la célébration en différé de la journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines prévue le 6 février.

Au cours de cette rencontre organisée en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Congo, une ancienne praticienne des mutilations génitales dans cette partie du pays, Françoise Ngobelet, a expliqué que cette pratique ancestrale perdure encore à Betou et se fait en cachette loin des regards dans une forêt appelée Lanza. Elle est pratiquée sur des enfants de 8 à 12 ans et il arrive parfois que des filles décèdent des suites d’une hémorragie. Selon elle, cette pratique faciliterait l’accouchement chez ces filles une fois devenues femmes et empêcherait ces dernières à commettre l’adultère.

«Je suis l’une des personnes témoins de l’excision que j’ai moi-même fini par pratiquer sur les enfants. Ces dernières sont emmenées dans une forêt où les circonciseuses procèdent à l’ablation partielle ou totale des organes génitaux de la fille, à l’aide d’une sorte de lame, sans anesthésie. Ensuite l’on applique des feuilles qui ont la vertu de guerrir les plaies. Malgré cela, il y a quand même des filles qui meurent des suites de l’hémorragie», a expliqué Françoise Ngobelet.

Cette pratique, elle l’a exercée jusqu’en 2011 sur des filles issues de la communauté ouest-africaine vivant à Brazzaville, sur demande des parents. Mais aujourd’hui, elle s’est convertie et exerce un commerce grâce au CONADEF.

«Ces pratiques qui s’exercent dans les régions frontalières de notre pays risquent de prendre de l’ampleur si nous ne les combattons pas maintenant. Je demande à tous les leaders d’opinion de se mobiliser, afin de combattre ce fléau», a lancé Germaine Onanga.

Ces mutilations ont des effets graves sur la santé des femmes, hormis les hémorragies, elles peuvent provoquer des infections urinaires plus tard. D’après des données empiriques, les mutilations génitales féminines au Congo, sont à un stade initial et circonscrites à certaines zones géographiques et communautaires bien déterminées dans les départements de la Likouala, de Brazzaville et de Pointe-Noire.

Pour sa part, le représentant résident de l’UNFPA au Congo, David Lawson, a tenu à féliciter la décision du gouvernement qui malgré les idées reçues sur l’inexistence de ces pratiques au Congo, de combattre les mutilations génitales. «Je suis heureux de vous annoncer aujourd’hui que l’UNFPA mettra à disposition du gouvernement son expertise technique et son appui financier pour la réalisation d’une enquête sur les mutilations génitales féminines au Congo, afin de déterminer précisément l’étendue du phénomène dans le pays, ainsi que ses déterminants, ses formes et ses conséquences», a indiqué David Lawson.

Messilah Nzoussi