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La lutte contre le paludisme au Congo

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La Journée de lutte contre le paludisme en Afrique est célébrée le 25 avril.

Le paludisme est de nos jours, la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde. Elle est due à des protozoaires parasites du genre « Plasmodium » inoculés à l'homme par la piqûre de moustiques tropicaux : les anophèles femelles. C'est l'affection tropicale la plus répandue actuellement et elle reste la première cause de morbidité et une cause importante de mortalité, si des soins appropriés ne sont pas apportés.

En Afrique subsaharienne on dénombre pratiquement un million de décès chaque année. Ce sont surtout les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans qui sont les plus touchés, ce qui fait que cette pathologie demande une attention particulière.

Célébrer chaque année la Journée de lutte contre le paludisme est une façon de rappeler à la communauté internationale et aux décideurs politiques qu'il est urgent de prendre un engagement ferme pour vaincre le paludisme. C'est dans ce sens que les chefs d'État réunis à Abuja (Nigéria) le 25 avril 2000 ont pris l'engagement politique de multiplier les efforts pour lutter contre le paludisme.

L'implication des partenaires internationaux dans cette lutte antipaludique pour inverser la tendance de la maladie en Afrique est de plus en plus importante. On notera la récente augmentation des fonds octroyés à la lutte contre le paludisme au travers d'efforts tels que l'Initiative du Président des États-Unis d'Amérique contre le paludisme (President's Malaria Initiative), le Programme d'accélération de la lutte contre le paludisme en Afrique de la Banque mondiale (World Bank's Booster Program for Malaria Control), et le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (Global Fund for AIDS, Tuberculosis and Malaria).

En ce qui concerne le Congo, la Banque mondiale n'a pas encore de projet spécifique de lutte contre le paludisme. Les principaux partenaires du pays dans cette lutte sont l'OMS et l'UNICEF, surtout en ce qui concerne la prévention par l'utilisation de la moustiquaire imprégnée.

La politique nationale de lutte contre le paludisme

Au Congo, la transmission du paludisme est stable et permanente toute l'année. Cette situation est favorisée par les conditions écologiques et climatiques favorables au développement des anophèles, vecteurs de la maladie et est aggravée par le problème de la chimiorésistance du plasmodium aux antipaludiques usuels, particulièrement à la chloroquine.

La mise en œuvre des stratégies simples et efficaces en matière de lutte contre le paludisme à l'échelon national et périphérique telle que le recommande l'Organisation mondiale de la santé contribuerait non seulement à une meilleure surveillance épidémiologique de cette endémie mais également à son contrôle.

Le Gouvernement de la République du Congo est déterminé à intensifier ses efforts dans la lutte contre le paludisme dans le cadre des stratégies de réduction de la pauvreté en vue de la relance économique. C'est le gouvernment qui fixe le cadre d'intervention de tous les partenaires dans la lutte antipaludique au Congo. Sa mise en œuvre contribuera à l'atteinte des Objectifs du développement pour le Millénaire .

L'objectif général du programme national de lutte contre le paludisme (2007-2011) est de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile par la mise à échelle des interventions de prévention et de prise en charge du paludisme.

L'impact attendu de ce plan est une réduction de 50% de la mortalité et de la morbidité liées au paludisme dans la population en général et, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, d'ici fin 2011 par rapport aux données de 2007.

Les objectifs spécifiques

Le passage à l'échelle de la prévention du paludisme par :

- la distribution de moustiquaires imprégnées (MII) pour porter à au moins 80% la proportion des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes qui utilisent les moustiquaires imprégnées d'insecticides d'ici à décembre 2011 ;

- les pulvérisations intra domiciliaires (PID) pour réduire drastiquement la transmission dans les villes où habitent plus de 60% de la population ;

- l'amélioration de la prévention du paludisme pendant la grossesse en assurant l'accès au paquet d'intervention de protection contre le paludisme à au moins 80% des femmes enceintes d'ici à fin décembre 2009 et maintenir la couverture jusqu'en 2011 ;

- l 'amélioration de la prise en charge des cas, notamment en ce qui concerne les diagnostics et l'accès au traitement rapide et efficace à 80% des patients souffrant de paludisme dans les 24 heures suivant l'apparition des symptômes d'ici à décembre 2011.

Quelques données actuelles sur la lutte contre le paludisme au Congo

Au Congo, le paludisme est la première cause de consultation dans les formations sanitaires ambulatoires (+ 54 %). En 2006, il représentait + de 30 % de causes d'hospitalisation dans les hôpitaux de Brazzaville et de Pointe-Noire. La prise en charge des malades du paludisme, se heurte à des pénuries fréquentes de médicaments dans les formations sanitaires, à la résistance du plasmodium aux antipaludiques usuels (chloroquine) et au coût assez élevé des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine.

La prévention contre le paludisme au Congo

a) La prévention du paludisme, par l'usage des matériaux imprégnés d'insecticide, constitue l'alternative la plus efficace, la mieux adaptée et la moins coûteuse pour une population vivant en majorité sous le seuil de pauvreté. Il est à signaler que plus de 70% de la population congolaise utilise déjà la moustiquaire non imprégnée. Dans certains districts des départements de la Sangha, de la Likouala, de la Cuvette et des plateaux le taux d'utilisation de la moustiquaire avoisine les 100%.

L'utilisation de la moustiquaire imprégnée permet de réduire de manière significative les décès des enfants de moins de 5 ans. La lutte anti-vectorielle, basée sur l'utilisation à grande échelle des moustiquaires imprégnées est actuellement une composante majeure du Programme national de lutte contre le paludisme au Congo, appuyée par l'OMS et l'UNICEF. On note que ¾ des ménages congolais possèdent, au moins une moustiquaire, imprégnée ou non (76%). À Pointe-Noire (2ème ville et capitale économique du pays), 85 % des ménages utilisent les moustiquaires et 81 % à Brazzaville. Dans le milieu rural, la moustiquaire est utilisée au moins par 60 % des ménages.

En ce qui concerne les moustiquaires imprégnées, seulement 9% des ménages en possèdent au moins une. À Brazzaville et Pointe-Noire, parmi les ménages les plus aisés, cette proportion est légèrement plus élevée que la moyenne nationale (respectivement, 13% et 15%). Dans le reste des départements, le nombre moyen des moustiquaires imprégnées (MII) par ménage est très faible (0,2%) et l'objectif est de vulgariser l'utilisation de la moustiquaire imprégnée sur toute l'étendue du territoire national.

b) La prévention médicamenteuse est systématique chez les femmes enceintes suivies dans les structures publiques. En 2006, plus de 12.600 femmes enceintes ont été mises sous traitement préventif intermittent. Ce traitement préventif intermittent est une combinaison de trois comprimés par prise. Il est administré dans les centres de santé aux enfants de zéro à cinq ans et aux femmes enceintes.

Pour le reste de la population, la prévention n'est pas très répandue et dépend du niveau de l'information du ménage par rapport à la lutte contre le paludisme.

Traitement du paludisme

Le paludisme a été longtemps essentiellement traité à la chloroquine. Mais à cause de la résistance apparue par rapport à cette molécule, celle-ci a été retirée et remplacée :

pour le traitement curatif par :

- la quinine 300 mg en comprimés

- la quinine associée à l'arsucam (artésinate + amodiaquine )

pour le traitement préventif, mais aussi curatif par :

- la sulfadoxine + pyriméthamine (Fansidar) en comprimés.

Pour prévenir le paludisme pendant la grossesse, il est recommandé aux femmes enceintes, non seulement de dormir sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, mais aussi de prendre, à titre préventif, des antipaludéens au cours de leur grossesse (essentiellement du Quinimax en comprimés, la forme injectable n'étant recommandée que dans des cas difficiles).

Par Clémentine Maoungou, Chargée de communications.