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Congo

Des actions de proximité pour les plus vulnérables

Trois mois après les explosions dans un dépôt de munitions à Brazzaville, en 4 mars dernier, Handicap International achève le volet de son intervention d’urgence auprès des blessés et des personnes les plus vulnérables. Sophie a passé près de deux mois dans la capitale de République du Congo pour conduire un projet d’aide spécifique aux victimes des explosions, alors que dans le même temps, une équipe de démineurs travaillait sur l’identification des munitions non explosées éparpillées dans les zones d’habitation.

« Ce qui m’a frappée quand je suis arrivée à Brazzaville, c’est la rapidité avec laquelle les blessés ont du quitter les hôpitaux pour se retrouver ensuite dans des centres de regroupement, des familles d’accueil, voire dans des conditions encore plus précaires, dans de vagues abris », explique Sophie Domenjoud, ergothérapeute chargée de coordonner l'aide spécifique aux victimes des explosions.

Sophie a encadré trois équipes mobiles composées de Congolais, qui ont sillonné les quartiers et les centres de regroupement pendant plusieurs semaines, pour proposer des soins pour les plaies légères, identifier les personnes qui avaient besoin d’un suivi spécifique et les orienter vers les structures médicales appropriées. « Nous avons également assuré des séances de rééducation de base, pour éviter des séquelles sur des membres qui ont été immobilisés trop longtemps. Il s'agissait aussi de préparer les moignons des personnes amputées afin qu'elles puissent ensuite recevoir un appareillage dans un centre congolais ». Au total, plus de 200 personnes ont bénéficié de séances de rééducation, près de 300 ont été référencées vers d’autres structures de santé, plus de 200 aides techniques (béquilles, déambulateurs, fauteuils…) ont été distribuées.

Des activités psychosociales ont aussi été engagées en mai, pour aider les personnes affectées par la catastrophe à surmonter leur traumatisme. « Ce ne sont pas des groupes de parole, mais des activités axées sur le jeu, explique Sophie. L’objectif est que les participants se rencontrent et discutent, qu’ils créent des liens entre eux. Par le jeu, ces personnes arrivent à reprendre une activité, à se sociabiliser. L’impact est très positif, les bénéficiaires sont très enthousiastes après ces activités. Par ailleurs, nous orientons les personnes les plus traumatisées vers des équipes de psychologues du Trauma Councelling, formées pour assurer le soutien des victimes après une crise, présentes dans les sites et principaux hôpitaux, et qui peuvent apporter une aide plus spécifique à ces victimes des explosions ».

Durant sa mission, Sophie a également pu constater que les actions engagées pouvaient avoir un impact rapide. « Je me souviens tout particulièrement d’un groupe de quatre femmes qui étaient hébergées dans un minuscule local suite à la catastrophe. L’une d’elles était amputée d’un bras. Lors de notre première rencontre avec l’équipe mobile, elles pleuraient, désespérées par leur situation. Nous avons passé plusieurs heures avec elles pour évaluer leurs conditions de vie et les référencer. La personne amputée a pu commencer des activités de rééducation. L’équipe mobile leur a rendu visite plusieurs fois. Quelques jours avant mon départ, j’ai eu l’occasion de les revoir, elles avaient retrouvé le sourire. La personne amputée semblait la plus positive. Ça illustre toute la pertinence de ces actions de proximité vers les personnes vulnérables ».

Pour Handicap International, le but n’était pas de mettre en place une mission sur le long terme, mais bien d’apporter une aide ponctuelle après cette catastrophe, tout en veillant à ce que les victimes puissent bénéficier d’un soutien dans la durée par des services existants. « Nous avons référencé les personnes nécessitant un suivi auprès des structures médicales locales, afin que ces personnes continuent à bénéficier des soins nécessaires après notre départ. Nous avons également proposé une formation au centre de réadaptation fonctionnelle de Brazzaville pour améliorer la prise en charge des personnes amputées. Enfin, nous préparons une donation de matériel spécifique aux autorités, des aides à la marche qui permettront de répondre à des besoins futurs.

Pour sécuriser les zones d'habitations, Handicap International a également dépêché sur place une équipe chargée de contribuer à l'identification des engins non explosés qui ont été dispersés dans les zones d'habitation par les explosions.