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CONGO : Inquiétude des acteurs anti-sida au Congo face aux violences en RDC

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DONGOU, 29 décembre 2009 (PLUSNEWS) - L'arrivée massive de réfugiés fuyant des violences en République démocratique du Congo (RDC) voisine inquiète les acteurs de la lutte contre le sida de la Likouala, région du nord Congo qui affichait jusqu'à il y peu la prévalence du VIH la plus basse du pays mais commence à payer le prix des violences armées récurrentes que connaît cette zone depuis plusieurs années.

Les affrontements intercommunautaires des dernières semaines dans la région de l'Equateur en RDC ont forcé des dizaines de milliers de personnes, en majorité des femmes et des enfants, à partir. Selon les agences humanitaires, ils seraient quelque 70 000 à avoir fui depuis fin octobre ces affrontements entre deux ethnies qui se disputent les droits sur les terres cultivables et les étangs de pêche dans la province de l'Equateur.

La majorité de ces populations déplacées a franchi le fleuve Oubangui, qui marque la frontière entre les deux Congo, pour aller se réfugier dans la région de la Likouala.

Près de trois quarts des réfugiés sont des femmes, selon les statistiques des agences humanitaires. Bon nombre d'entre elles sont arrivées seules et sans rien, après avoir dû fuir en catastrophe, laissant leurs époux et parfois même leurs enfants, ainsi que tous leurs biens matériels. Une situation qui inquiète les acteurs de la lutte contre le sida.

« Tous les déplacés sont démunis » a dit à IRIN/PlusNews Jean-Joseph Akouala, épidémiologiste d'une équipe chargée d'évaluer la situation des réfugiés. Au-delà de l'exposition et de la vulnérabilité de ces femmes à d'éventuelles violences sexuelles, M. Akouala s'est aussi dit préoccupé à l'idée que le dénuement pousse ces femmes à devoir recourir à des rapports sexuels payants à risque pour pouvoir survivre.

L'organisation Médecins d'Afrique, partenaire opérationnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, a installé des antennes en vue de dépister des cas de violences sexuelles et sexistes.

Par ailleurs, « pour parer à toute éventualité, nous faisons la sensibilisation de masse dans les différents sites d'accueil et nous y distribuons des préservatifs », a dit le docteur Simplice Wilfrid Amba-Moundélé, responsable de l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) de la Likouala. Répartis dans un rayon de 160 kilomètres, les sites de réfugiés sont accessibles essentiellement par voie fluviale.

La petite ville de Dongou a vu arriver à elle seule 5 000 réfugiés, alors que son Centre de santé intégré (CSI) ne compte qu'un médecin assermenté. « Je suis seul à faire face à toutes les pathologies. Je retrouve plusieurs malades avec des infections urinaires. Ces infections peuvent être un lit pour le sida », a expliqué le chef du CSI, Gabriel Etombé.

Des mouvements de population incessants

Ce n'est pas la première fois que le nord du Congo sert de refuge aux populations des pays voisins. En mars dernier déjà, des milliers d'habitants de l'Equateur ont traversé l'Oubangui, toujours pour fuir des affrontements interethniques. Par ailleurs, en 2002 et 2003, la Likouala a accueilli plusieurs milliers de réfugiés venus de la République centrafricaine voisine se mettre à l'abri des violences dans leur pays.

Ces troubles à répétition dans les pays voisins et les mouvements continus des réfugiés qu'ils entraînent font peser sur la Likouala la menace d'une aggravation de l'épidémie du sida.

« Avec les arrivées toujours massives des déplacés, nous craignons que la situation change brusquement. Les mouvements des populations constituent en soi une vulnérabilité », a rappelé M. Amba-Moundélé, de l'UDLS.

Et la dernière étude sur la prévalence nationale du VIH semble lui donner raison. Selon l'enquête sentinelle menée en 2003 la Likouala, une région forestière avec une population estimée à 120 000 habitants, affichait un taux de 1,4 pour cent, largement en deçà du taux national de 4,2 pour cent.

Mais selon les résultats de cette dernière étude menée en 2009, alors que la prévalence nationale du VIH a baissé d'un point à 3,2 pour cent, celle de la région de la Likouala est aujourd'hui estimée à 1,9 pour cent.

« Cette étude démontre que les mouvements des populations ont eu une incidence sur la propagation du fléau », a analysé M. Akouala. « Je ne doute pas que dans les cinq prochaines années, la Likouala se retrouve avec un taux de séroprévalence [parmi les] plus élevés du Congo. La région a connu trop de mouvements migratoires dus à des conflits armés ces derniers temps ».

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