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Congo : Evaluation rapide de la sécurité alimentaire des réfugiés au Département de la Likouala

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I. Aperçu du département de la Likouala

Le Département de la Likouala est situé au nord de la République du Congo et couvre une superficie totale de 64 044 km=B2. Il est limité au Nord par la République Centrafricaine, au Sud par le département de la Cuvette centrale et à l'Est par le fleuve Oubangui qui le sépare de la République Démocratique du Congo.

Il compte 128 000 people. Sa densité est de 2 hab/km=B2 avec une taille moyenne de ménage de 5 personnes. Le Département de la Likouala est découpé en sept districts : Betou, Enyelle, Dongou, Impfondo, Epena, Buanyela, Liranga.

La Likouala est caractérisée par un climat chaud et humide du type équatorial. La température moyenne est de 27 =B0C. Sa végétation comprend une forêt dense humide, très riche en cours d'eau.

Selon l'analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire organisée de juin à septembre 2009 par le PAM et le Gouvernement du Congo, les sources de la nourriture pour la population de la Likouala se présentent en ordre décroissant ci-après : achat (38.8 %), propre production (35.1 %), chasse (19.8 %), aide familiale (3.0 %) et échanges (2.6 %) alors que la consommation alimentaire des ménages est de 1% pour la consommation alimentaire pauvre, 4% pour la consommation alimentaire limite et 95% pour la consommation alimentaire acceptable.

Par ailleurs, la même analyse montre que la source principale d'eau de boisson pour les ménages demeure la rivière.

II. Contexte de l'évaluation

Les différents conflits en République Démocratique du Congo poussent les populations riveraines vivant au bord des fleuves Congo et Oubangui de chercher refuge dans les pays limitrophes, en l'occurrence la République du Congo Brazzaville et la République Centrafricaine. Ceci à cause de la proximité des villages de la République Démocratique du Congo avec la rive droite du fleuve Congo et de l'Oubangui. Pour rappel, à la suite de la guerre qui a prévalu, en République Démocratique du Congo, de 1998 à 2003, plusieurs départements avaient accueilli des réfugiés congolais (RDC). Depuis 2000, des milliers de réfugiés ont été accueillis dans la Likouala et le processus de leur rapatriement par l'UNHCR était supposé clos en juillet 2008.

Le programme humanitaire en cours actuellement dans la Likouala concernant les réfugiés est le projet LS 410. Ce projet porte sur l'intégration locale de réfugiés RDC et autres nationalités au nord du Congo Brazzaville (Betou, Impfondo, Lukolela). Les composantes sociale, santé et éducation de ce programme sont placées sous la gestion de Médecins d'Afrique (MDA) tandis que celle d'appui aux activités génératrices de revenus est sous la gestion de l'Agence d'assistance aux rapatriés et réfugiés au Congo (AARREC).

Pendant que ces différents programmes sont mis en oeuvre, une nouvelle crise vient à nouveau de frapper soudainement la partie nord-ouest de la province de l'Equateur, en République Démocratique du Congo. A l'origine, un conflit interethnique basé sur la dispute de propriété des étangs poissonneux. Une des ethnies en conflit serait devenue puissante que les autres qu'elle menace d'extermination. Etant donné que des efforts entrepris depuis un temps par le pouvoir central pour calmer la situation n'ont pu aboutir, la population des ethnies victimes de représailles cèdent à la panique et se retranchent dans des cachettes. Celles proches de l'Oubangui traversent le fleuve pour se réfugier en République du Congo et vident presque tous leurs villages.

Selon les différents groupes, la première traversée des réfugiés remonte au 26 octobre 2009. Depuis cette traversée, les uns sont installés dans des sites de concentration ou dans des abris de fortune et les autres dans des familles d'accueil. Il s'agit d'un cas de ''réfugiés prima facae'' car ils traversent en masse. Dans plusieurs localités, on peut constater des afflux de réfugiés. Les traversées de réfugiés continuent et ont été observées même pendant l'évaluation.

Une réponse à cette nouvelle crise fut rapidement envisagée par PAM Brazzaville et d'autres agences humanitaires, chacune selon son mandat et ses moyens. Par ailleurs, la tournure prise par les événements fait penser à une opération de grande envergure qui a été minimisée au départ lors des estimations. Afin de mieux contribuer à une bonne compréhension de la situation de sécurité alimentaire, le management du PAM a jugé utile de diligenter une évaluation rapide de la sécurité alimentaire, en collaboration avec d'autres agences présentes sur les sites.