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Congo: 115 cas d'Ebola dont 97 décès dans la région de Cuvette-Ouest

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BRAZZAVILLE, 10 mars (IRIN) - Le 8 mars 2003, 115 cas probables d'Ebola, virus très contagieux et souvent mortel, ont été notifiés en République du Congo (RC), dont 97 décès, selon le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en RC, le docteur Lamine Sarr.
M. Sarr a indiqué que dans la capitale, Brazzaville, une analyse du dernier bilan a permis de montrer que la maladie a jusqu'à présent fait 86 morts dans 10 villages du district de Kelle et tué 11 autres personnes dans trois villages du district de Mbomo, situé à 100 km plus au nord. Les districts de Kelle et Mbomo sont situés dans la région de Cuvette-Ouest, à la frontière du Gabon.

« La recherche et la gestion des cas se poursuivent bon train, les cas suspects et les contacts sont systématiquement surveillés, » a indiqué le docteur Paul Lusamba-Dikassa, conseiller régional du département de la surveillance et des interventions face aux maladies transmissibles au Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, qui vient de rentrer à Brazzaville après une visite dans la région touchée par l'épidémie.

« Il est vrai que nous observons moins de cas qu'il y a cinq semaines. Mais nous ne voulons pas, pour l'heure, nous risquer à parler d'un fléchissement du taux des nouveaux cas, compte-tenu de la difficulté d'accès dans les villages reculés, le mode de transmission de la maladie et le fait qu'il y a plus de 100 "contacts" [des personnes qui ont été en contact direct avec des cas d'Ebola suspects ou confirmés] sous surveillance, » a poursuivi le docteur Lusamba-Dikassa. « Rappelez-vous, même un seul cas d'Ebola est considéré comme une épidémie. »

Un centre d'isolement a été mis en place à l'hôpital du district de Kelle, et un autre à l'hôpital du district de Mbomo pour contenir la propagation de l'épidémie et fournir aux patients des soins appropriés, selon M. Lusamba-Dikassa.

Le représentant de l'OMS a également fait part d'une amélioration de la coopération entre la communauté locale et les équipes de contrôle de l'épidémie composées d'experts nationaux, internationaux et de volontaires réunis dans le cadre du Réseau mondial OMS d'alerte et d'action en cas d'épidémie.

Le réseau est une collaboration technique composée d'institutions et de réseaux existants qui regroupent des ressources humaines et techniques pour pouvoir identifier, confirmer et agir rapidement face aux épidémies d' importance internationale. Il fournit un cadre opérationnel qui réunit ces connaissances et compétences afin de permettre à la communauté internationale de rester vigilante face à la menace d'épidémies, et prête à l'action.

Parmi les experts internationaux recrutés pour contenir cette dernière épidémie d'Ebola en RC, figurent quatre docteurs cliniciens, trois spécialistes en épidémiologie, trois anthropologues médicaux et deux responsables de logistique. Leurs activités vont de la recherche et de la gestion des cas à la surveillance des contacts, à la distribution d' information au public comprenant notamment des conseils et une assistance en matière de pratiques funéraires.

Le Dr Lusamba-Dikassa a précisé que devant cette situation « très dynamique », la taille et la composition de l'équipe sur le terrain seraient ajustées en conséquence. « Les efforts de l'équipe de contrôle de l'épidémie sur le terrain ont été entravés par d'énormes problèmes logistiques en matière d'accès routier aux localités concernées, de transport et de télécommunications, mais nous sommes encouragés par la coopération de tous nos partenaires pour soutenir le gouvernement congolais, » a-t-il dit.

Les 10 villages les plus touchés dans le district de Kelle sont Abolo, Akamou, Ambomi, Andjokou, Entsiami, Kelle, Lossi, Ndjoukou, Ongonda et Yembelangoye. La première victime humaine, ou le « cas index », a été notifiée à Yembelangoye le 4 janvier 2002. Dans le district de Mbomo, les trois villages les plus touchés sont Ilombo la Pendo, Mbomo, et Lengui-Lengui Mbomo.

L'Ebola se caractérise par de la fièvre, des diarrhées, d'importantes pertes de sang et une très grande fatigue. Le virus se transmet par contact direct avec les liquides organiques de personnes infectées ou d'autres primates. Il n'existe aucun traitement contre cette maladie qui tue entre 50 et 90 pour cent de ses victimes. La prévention, la détection rapide et la mise en quarantaine des cas suspects restent le meilleur moyen d'enrayer l'épidémie.

C'est fin 2002 que les autorités ont été pour la première fois alertées sur le risque d'une épidémie d'Ebola lorsque plusieurs membres d'un groupe de gorilles ont été retrouvés morts. Des tests effectués sur les corps ont confirmé qu'ils étaient morts de la fièvre Ebola. L'épidémie actuelle aurait été causée par des villageois ayant mangé des primates infectés.

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