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Communiqué de presse, 26 Mai 2014

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News and Press Release
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Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MONUSCO

Zainab Hawa Bangura, Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit

Ces haut responsables onusiens exigent un arrêt immédiat des expulsions des ressortissants de la RDC et demandent aux autorités de la République du Congo (Brazzaville) d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme

Kinshasa, Nairobi et New-York, 26 Mai 2014 – Depuis le 4 avril 2014, plus de 130 000 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) ont été expulsés de la République du Congo (Brazzaville). Les expulsions ont créé une crise humanitaire aiguë et il y a des allégations de violations des droits de l’homme. Les Nations Unies ont reçu des informations faisant état d’abus physiques, de mauvais traitement, et de violences sexuelles infligés aux citoyens de la RDC lors de leur expulsion. Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, le Chef de la MONUSCO et Zainab Hawa Bangura, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, expriment leurs vives préoccupations face à ces allégations et exhortent le Gouvernement de la République du Congo (Brazzaville) à prévenir de telles violations et à diligenter une enquête sur ces incidents.

Martin Kobler, le Chef de la MONUSCO, s’est déclaré choqué après sa visite dans le camp de transit de Maluku, situé dans la périphérie de la ville de Kinshasa, où plusieurs milliers des Congolais sont actuellement regroupés. « J’ai entendu de nombreux témoignages des victimes qui font état de graves violations des droits de l’homme et de traitements cruels; J’ai entendu des récits d’enfants noyés dans le fleuve pendant leurs traversées forcées; J’ai vu un homme blessé par balles et des mères qui ont accouché sans assistance sur la rive du fleuve Congo. Tout cela doit cesser », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général en RDC.

“Nous avons reçu des informations faisant état des violences sexuelles commises avant et pendant les opérations d’expulsions et ceci est inacceptable, » a martelée Zainab Hawa Bangura, Représentante Spéciale du Secrétaire Générale sur la violence sexuelle dans les conflits armés.

Les signataires recommandent que les deux pays voisins s’assurent que les autorités administratives et sécuritaires agissent dans le plein respect des principes de bon voisinage et préservent la paix et la sécurité internationale, conformément à la Charte des Nations Unies.

Bien que les conditions de séjour et de résidence dans un pays étranger demeurent la responsabilité souveraine du pays d'accueil, les reconduites à la frontière doivent être effectuées dans le strict respect des principes et règles du droit international. « Les expulsions massives sont contraires aux principes de la Charte Africaine relatifs aux droits de l'Homme et des peuples, ainsi qu’au droit international au sens le plus large », a rappelé Martin Kobler, le Chef de la MONUSCO.

Mme Bangura et M. Kobler exigent un arrêt immédiat des expulsions des ressortissants de la RDC et demandent aux autorités de la République du Congo (Brazzaville) d’enquêter sur les allégations des violations des droits de l’Homme. Les autorités de la République du Congo (Brazzaville) sont les premiers responsables de la protection de toute personne vivant sur leur sol, quelle que soit leur nationalité.