Bulletin quotidien no 569 d'information sur l'Afrique Centrale et de l'Est

Report
from IRIN
Published on 17 Dec 1998
NATIONS UNIES
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RWANDA

Aide nécessaire pour les 500 000 déplacés dans le nord-ouest du pays

Une assistance humanitaire demeure nécessaire pour les 500 000 personnes déplacées dans le nord-ouest du Rwanda. Ces personnes vivent sans abris adéquats, sans accès à de l'eau potable, sans soins médicaux et sans possibilité de cultiver leur terre, a fait savoir un communiqué du bureau d'OCHA au Rwanda reçu par IRIN. Ce document met en garde que la plus grande partie de ces déplacés est constituée d'enfants, de femmes chef de famille, de personnes âgées et celles handicapés. Non seulement on doit subvenir à leurs besoins spécifiques, mais également à ceux des autres populations déplacées, a précisé le communiqué, ajoutant que les importants mouvements de population se poursuivent vers l'intérieur et hors des camps provisoires de la région. Les agences de l'ONU ont apporté un soutien technique au gouvernement en matière de dispersion et de gestion améliorée des camps provisoires.

Dilemme au sujet des camps de déplacés

Par ailleurs, un diplomate occidental, qui s'est récemment rendu au Rwanda, a informé IRIN aujourd'hui (jeudi) que la situation des personnes déplacées dans le nord-ouest du Rwanda était "un dilemme pour tout le monde". Il a évoqué le doute qui habite les bailleurs de fonds et les ONG quant à la nature volontaire des camps et les projets du gouvernement rwandais en ce qui concerne les populations vivant dans le nord-ouest. Les projets de l'ONU sont limités à "une aide de survie", mais ce diplomate a indiqué que certains donateurs s'étaient déclarés préoccupés par le fait qu'ils aient été approchés "pour financer un programme de villagistion". Se référant au fait que les personnes déplacées n'aient pas eu la possibilité de choisir, il a déclaré qu'elles "avaient reçu une offre de la part de l'armée qu'elles ne pouvaient refuser".

Un soldat tue deux prisonniers

Deux détenus ont été tués et 34 blessés lorsqu'un soldat rwandais a fait explosé une grenade dans la prison de Gikondo de Kigali, a rapporté l'AFP aujourd'hui. L'agence de presse a cité une source proche du Ministère de la justice, qui a indiqué que cet incident avait eu lieu lundi quand un jeune officier, rescapé du génocide, a jeté une grenade sur le groupe de prisonniers dont il avait la garde. Le soldat s'est ensuite donné la mort, a ajouté la source.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

Ouverture du sommet de l'OUA

Le Président congolais, Laurent-Désiré Kabila, était parmi la vingtaine de dirigeants africains, présents à Ouagadougou pour le sommet de l'OUA de deux jours, qui commençait aujourd'hui, ont rapporté plusieurs agences de presse. Une délégation rebelle est également arrivée dans la capitale du Burkina Faso pour tenir des pourparlers en marge de ce sommet sur les mécanismes centraux de l'OUA pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits. Selon une première ébauche de l'ordre du jour de la réunion, les discutions porteront sur les conflits qui prévalent en RDC, au Burundi, en Guinée Bissau, aux Comores et sur le différend entre l'Ethiopie et l'Erythrée.

Lors de la cérémonie d'ouverture, le Président du Burkina Faso, Blaise Compaore, qui est actuellement le président en exercice de l'OUA, a déclaré que les dirigeants "seraient très attentifs à la proposition présentée par le Président zambien Frederick Chiluba" sur la résolution de la crise en RDC.

Par ailleurs, le Président angolais, Jose Eduardo dos Santos, a tenu à Luanda des pourparlers avec ses alliés zimbabwéen et namibien qui soutiennent Kinshasa, avant le sommet de l'OUA, a rapporté aujourd'hui l'AFP. La réunion avec les présidents Robert Mugabe et Sam Nujoma s'est tenue à huis-clos et aucun detail n'en a été divulgué. Le Président mozambicain, Joaquim Chissano, était également présent.

CONGO-BRAZZAVILLE

Inquiètude quant à la situation humanitaire dans le Pool

La situation humanitaire dans la région du Pool est de plus en plus inquiètante à cause de l'impact de l'insécurité, les pillages et les déplacements de population depuis le mois d'octobre, a déclaré le Coordinateur humanitaire de l'ONU, Dominique AitOuyahia McAdams. Les populations civiles qui ont fui leur village, vivent depuis dans les forêts o=F9 l'accès à la nourriture et aux soins de base est très limité, a fait savoir Mme MacAdams à IRIN. "Dans la mesure o=F9 il a plu, il est à craindre que les enfants et les personnes agées en particulier soient en mauvaise santé", a-t-elle ajouté. La persistance de l'insécurité, cependant, a empêché les agences de l'ONU de se rendre dans la région pour évaluer la situation ou apporter des secours aux populations sinistrées, a-t-elle encore précisé, signalant que la saison agricole actuelle dans le Pool était également sérieusement touchée.

Près de 7 000 personnes déplacées de la région du Pool, vivant dans des familles locales, ont jusqu'à présent été enregistrées par des associations religieuses à Brazzaville, selon des sources humanitaires. La plupart de ces déplacés sont des enfants, dont certains souffrent de malnutrition, ont précisé les sources.

De nouveaux affrontements provoquent d'autres déplacements

Un nouvel afflux de civils en provenance de la région du Pool aurait été observé depuis hier (mercredi) dans Brazzaville à cause de nouveaux affrontements entre les forces de sécurité et la milice Ninja, alliée à l'ancien premier ministre Bernard Kolelas, ont déclaré des agences de presse. Des combats ont été rapportés dimanche dans la zone de Linzolo, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Brazzaville, et des tirs sporadiques à l'arme lourde ont été entendus en provenance de cette région hier et aujourd'hui, a précisé la presse.

De nouvelles troupes gouvernementales, soutenues par des soldats angolais, ont été déployés dans le Pool et ont interdit l'accès aux routes menant à cette région, ont indiqué des articles parus dans la presse. "Nous avons demandé à la population civile de quitter la région pour permettre aux autorités de procéder à des opérations de ratissage", a fait savoir un porte-parole de l'armée, selon 'Associated Press' (AP)

SOUDAN

La malnutrition diminue, mais la crise continue

Alors que la situation nutritionnelle s'est améliorée de façon significative dans le Bahr al-Ghazal, les taux de malnutrition infantile dans plusieurs localités sont toujours "inacceptablement élevés", a déclaré l'UNICEF aujourd'hui. Dans un communiqué de presse reçu par IRIN, l'UNICEF a fait savoir qu'une enquête menée dans la région du Bahr al-Ghazal en septembre et en octobre avait enregistré un taux global moyen de malnutrition de 28,6%, par rapport aux 52,7% en mai et juin derniers. "Les améliorations sont dues aux programmes d'intervention nutritionnelle rapide mis en place par l'UNICEF, le PAM et les ONG après l'accord de cessez-le-feu du mois de juillet", a indiqué dans un communiqué Ted Chaiban, responsable de l'OLS. Cependant, selon le communiqué, de nouveaux combats ou le manque d'accès à la terre cultivable, au bétail, à la nourriture, ou à une assistance médicale, pourraient renverser les progrès réalisés au cours des derniers mois.

Les pays africains exhortés à s'attaquer à la question des réfugiés

La conférence de l'OUA de trois jours sur les réfugiés, les retournés et les déplacés s'est achevée lundi à Khartoum par un appel aux pays africains pour s'attaquer aux causes profondes du problème, a rapporté l'agence de presse PANA. La 'Déclaration de Khartoum' en 18 points, adoptée par les 42 pays participants, a exprimé une inquiètude profonde quant au problème de réfugiés sur le continent et a appelé à des mesures pour renforcer leur protection. La déclaration a également exprimé une inquiètude quant à la présence "d'élements armés" parmi les réfugiés civils et a souligné qu'ils devraient être séparés des autres dans les camps.

ETHIOPIE/ERYTHREE

Trois morts lors de bombardements éthiopiens

Trois personnes auraient été tuées et 24 blessées lorsque des obus éthiopiens sont tombés sur la ville frontalière érythéenne de Tsorona, à environ 85 km au sud d'Asmara, ont fait savoir des témoins oculaires, selon l'AP. Les bombardements, qui auraient eu lieu lundi, menacent d'accroitre la tension entre les deux pays, dont le différend frontalier devrait être discuté lors du sommet de l'OUA au Burkina Faso, a fait remarquer l'AP. Il n'y a une aucune confirmation officielle de cet incident.

L'Erythrée vient par ailleurs d'acquérir un certain nombre d'avions de combat russes MiG-29, a rapporté l'AP. Selon l'agence de presse, les avions ont été aperçus cette semaine au dessus d'Asmara, alors que des représentants du Ministère russe de la production aéronautique étaient en visite dans la capitale érythréenne. L'AP a rappelé qu'au début du mois, la Russie avait décroché le marché de vente de jets et d'hélicoptères de combat ainsi que d'autres matériels militaires à l'Ethiopie. Des analystes ont fait savoir que les deux pays ont importé des tonnes d'armements d'une valeur de plusieurs millions de dollars, et dépêché des renforts sur les lignes de fronts.

Nairobi, vendredi 18 décembre 1998

[FIN]

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