Bulletin d'information quotidien No. 616 sur l'Afrique Centrale et de l'Est

Report
from IRIN
Published on 24 Feb 1999
NATIONS UNIES
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ETHIOPIE/ERYTHREE

De violents combats se poursuivent à Badme

De violents combats se sont poursuivis ce mercredi entre troupes éthiopiennes et érythréennes sur le front de Badme. "Les affrontements sont extrêmement intenses depuis hier matin", a fait savoir ce mercredi à IRIN le porte-parole du gouvernement érythréen, Yemane Ghebremeskel.

L'Ethiopie, pour sa part, maintient que les combats se poursuivront "jusqu'à ce que notre souveraineté territoriale soit rétablie". Un communiqué du bureau du porte-parole du gouvernement indique que l'Ethiopie ne fait qu'exercer son droit à se défendre en observant scrupuleusement tant les principes humanitaires que la convention de Genève sur le droit de la guerre.

Il a précisé que si les tierces parties à l'étranger veulent que la guerre cesse, elles doivent exercer sur l'Erythrée toutes les pressions possibles pour lui faire accepter et respecter l'accord-cadre de l'OUA pour un règlement pacifique du conflit.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

Les va-et-vient diplomatiques se poursuivent

Des émissaires des gouvernements de trois pays différents se sont rendus en Angola ce mercredi alors que les démarches pour ramener la paix en RDC se poursuivent. Le Président mozambicain, Joaquim Chissano, le Ministre sud-africain des affaires étrangères, Alfred Nzo et Tony Lloyd, l'Envoyé du Premier Ministre britannique Tony Blair, sont arrivés au titre de missions distinctes mais avec pour objectif commun d'obtenir l'aide des autorités angolaises en vue d'un cessez-le-feu en RDC, selon l'Associated Press (AP). Le conflit qui depuis six mois oppose le gouvernement de Kinshasa aux rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a également amené M. Lloyd à Lusaka et à Kinshasa au début de cette semaine. Au cours de sa mission, du 22 au 26 février, il fera étape en Namibie, au Zimbabwe, au Rwanda et en Ouganda, selon la presse.

M. Chissano s'est, pour sa part, rendu lundi en Ouganda et mardi à Kinshasa, porteur d'un message de la "Southern African Development Community" (SADC - Communauté de développement d'Afrique Australe) sur les moyens de mettre un terme au conflit en RDC, selon l'agence Reuter. L'AFP a rapporté que le Président zambien, Frederick Chiluba, prévoit de se rendre au Tchad ce mercredi pour s'entretenir du confit avec son homologue tchadien. Des troupes tchadiennes, angolaises, namibiennes et zimbabwéennes se battent aux côtés des autorités kinoises contre le RCD, lui-même soutenu par l'Ouganda et le Rwanda.

Taux de malnutrition de 3% à Goma

Les premiers résultats d'une enquête sur la nutrition menée à Goma indiquent que 3% des enfants y souffrent de malnutrition, a-t-on appris ce mercredi de source humanitaire. L'enquête, effectuée la semaine dernière par plusieurs ONG internationales, montre que près de 1% des enfants sont atteints de malnutrition sérieuse. Bien qu'il n'y ait pas de graves problèmes de nutrition à Goma, il convient de faire bénéficier les catégories les plus vulnérables d'une aide alimentaire bien adaptée, signale-t-on de même source. Les détails de l'enquête seront publiés sous peu.

CONGO-BRAZZAVILLE

Reprise de Ngoma Tsé-tsé, selon l'armée

L'armée a repris la ville de Ngoma Tsé-Tsé, située à 20 km à l'ouest de Brazzaville, a rapporté hier mardi l'AFP. De source militaire, l'AFP signale que 30 rebelles ont été tués au cours de la bataille pour la ville le week-end dernier, et qu'un soldat du gouvernement a été blessé. Ngoma Tsé-Tsé se situe sur la voie de chemin de fer joignant Brazzaville et Pointe-Noire. Les combats entre les forces régulières et la milice Ninja alliée à l'ancien premier ministre Bernard Kolelas se sont intensifiés dans la région en fin d'année dernière.

SOUDAN

Une ville rebelle bombardée par l'armée de l'air, selon NPA

Un appareil de l'armée de l'air soudanaise a bombardé hier après-midi puis dans la nuit la ville d'Yei tenue par les rebelles, a fait savoir ce mercredi l'ONG "Norwegian People's Aid" (NPA). Le porte-parole de NPA a informé IRIN qu'un civil a été tué et six autres blessés lors du raid aérien de l'après-midi, au cours duquel 24 bombes ont été larguées en une heure. Aucune victime n'a été signalée lorsque 12 bombes ont été larguées au cours de l'autre attaque qui a commencé à 0h30 ce mercredi et duré 20 minutes, ajoutait-on de même source

ORGANISATION DES NATIONS UNIES (ONU)

Le Conseil de sécurité doit faire davantage pour le maintien de la paix, selon M. Annan

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a déclaré hier regretter que le Conseil de sécurité de l'ONU ait de plus en plus tendance à laisser les opérations de maintien de la paix aux soins d'organismes régionaux.

"Il est ... malheureux que ces dernières années, le Conseil de sécurité ait été peu disposé à autoriser de nouvelles opérations de maintien de la paix de l'ONU, et ait souvent laissé des organisations régionales ou sous-régionales se débattre toutes seules avec les conflits locaux", a déclaré M. Annan. "Cela fait peser sur les organisations en question une charge inéquitable," a-t-il fait remarquer dans un discours prononcé à l'Université de Georgetown à Washington, après avoir reçu la médaille du "Jit Trainor Award for Distinction in the Conduct of Democracy". "Il s'agit là aussi d'un gaspillage du savoir-faire que l'ONU a accumulé pendant des années dans le domaine des opérations de maintien de la paix."

Alors que l'ONU a mis sur pied "une solide infrastructure de commandement et d'appui des opérations de maintien de la paix", a-t-il déclaré, les effectifs des forces de maintien de la paix de l'ONU sont en diminution: de près de 80 000 en 1994 à tout juste 14 000 en 1998. En même temps, les gouvernements et organisations régionales en Afrique, par exemple, se "tournent de plus en plus vers l'ONU pour obtenir de l'aide". "Nous ne devons pas démanteler la capacité qui est la nôtre d'apporter cette aide", a-t-il ajouté, selon un communiqué de presse publié par l'ONU.

Prenant la RDC comme exemple de l'assistance internationale dont peuvent avoir besoin les institutions régionales, M. Annan a ajouté: "Il suffit de dresser la liste des pays qui forment une "force régionale" en RDC, par exemple, pour s'apercevoir que bon nombre d'entre eux sont déjà impliqués dans les hostilités d'un côté ou de l'autre". L'expérience montre que "le maintien de la paix est mieux assuré par ceux qui sont extérieurs à la région et comme tels plus facilement reconnus comme vraiment détachés et impartiaux," a-t-il poursuivi. L'ONU "doit en venir à la conclusion o=F9 bon nombre de dirigeants africains ont déjà abouti: si le Congo a besoin d'une force de maintien de la paix, l'ONU devra probablement s'y impliquer".

Cependant, "... aucune force ne peut être déployée s'il ne lui est donné assez de moyens et de puissance de feu pour remplir sa mission et si elle n'est assurée de l'entier soutien du Conseil de sécurité lorsqu'elle doit faire usage de ces forces."

Nairobi, jeudi 25 février 1999

(FIN)

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