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Bulletin d'information No. 677 pour l'Afrique de l'Ouest

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NATIONS UNIES
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SIERRA LEONE: Sankoh pose ses conditions désarmer ses hommes

Le dirigeant du Parti du Front révolutionnaire uni (RUFP), Foday Sankoh, a déclaré mercredi au parlement de Sierra Leone qu'il n'ordonnera à ses hommes de désarmer que si les autres factions déposent les armes simultanément, rapporte l'AFP.

Depuis la signature de l'Accord de Paix de Lomé, en juillet dernier, l'ancien dirigeant rebelle a plusieurs fois promis de laisser libre accès aux casques bleus de l'ONU dans tout le pays et a effectué plusieurs tournées de sensibilisation dans le but apparent d'encourager ses combattants dans tout le pays à déposer les armes.

Toutefois, la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) essaye depuis plusieurs semaines de se déployer dans les zones tenues par les rebelles, à savoir les régions diamantifères du pays, mais les commandants rebelles locaux l'en empêchent. Le dernier incident s'est produit lundi; des rebelles du RUF ont empêché les casques bleus indiens de se rendre dans la ville de Kailahun, à l'est du pays.

Un membre de l'opposition au parlement sierra-léonais, Victor Foh, a déclaré qu'il s'était rendu dans la base du RUF à Kailahun et que selon lui, M. Sankoh ne met pas réellement tout son poids en faveur du processus de paix. "Ses combattants n'auraient qu'à entendre la voix de M. Sankoh et ils déposeraient les armes immédiatement," a déclaré M. Foh, cité par l'AFP. M. Sankoh aurait déclaré au parlement mercredi qu'il se rendrait à Kailahun vendredi pour désarmer ses combattants, selon l'AFP.

M. Sankoh a récemment été accusé par la communauté internationale de ne pas accorder son soutien total au processus de paix. Après la présentation, lundi, du dernier rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur la Sierra Leone, le Conseil de Sécurité a exprimé sa préoccupation face aux accrocs de la mise en ouvre de l'Accord de Paix de Lomé, notamment la lenteur du programme de désarmement, démobilisation et réintégration, et la persistance des violations des droits de l'Homme.

Estimant la situation "inacceptable", les membres du Conseil ont déclaré que la responsabilité en revenait à M. Sankoh et au RUF, qui, selon eux, n'ont pas rempli les engagements souscrits dans le cadre de l'accord de paix.

NIGERIA: La ceinture du centre veut rester en dehors du conflit religieux

Prises au milieu du conflit nord-sud à propos de la Charia, les populations des Etats du centre du Nigeria ont indiqué qu'elles ne voulaient plus être un outil aux mains d'une quelconque section du pays poursuivant des "objectifs myopes", rapportait jeudi le quotidien 'The Guardian'.

Une organisation progressiste de la ceinture du centre, le 'Middle Belt Progressive Movement', a annoncé sa détermination à garantir que ce qu'il appelle l'oligarchie du nord n'utilise pas l'introduction de la loi islamique pour faire dérailler le jeune gouvernement démocratie nigérian.

Les membres du mouvement appartiennent aux Etats du centre du pays, Benue, Nasarawa, Kogi, Kwara, Plateau, Niger, Taraba, Adamawa et Gombe, ainsi qu'à certaines parties de Bauchi, Borno, Yobe, Kaduna, Kebbi et du Territoire de la Capitale Fédérale.

Au cours d'une réunion tenue récemment, selon le quotidien, ils ont condamné les anciens chefs de l'Etat Mohammadu Buhari et Shehu Shagari, qui se sont prononcés en faveur du droit des Etats musulmans à introduire tous les aspects de la Charia. Anciennement, seuls les aspects sociaux de la Charia, notamment ceux relatifs au mariage et à l'héritage, étaient pratiqués dans le nord.

Les partisans du code islamique veulent maintenant que des tribunaux islamiques aient compétence pour juger les musulmans en matière pénale. Les chrétiens résidant dans le nord craignent que la loi islamique ne leur soit également appliquée, ce que le lobby pour la Charia dément.

Estimant avoir été marginalisé par les politiciens du nord, qui ont dirigé le Nigeria depuis l'indépendance en 1961 jusqu'en mai 1999, le mouvement a signalé qu'il mobilisait les jeunes de la Ceinture du Centre pour garantir que cette zone ne soit dominée par personne.

Dans un communiqué de quatre pages, selon le quotidien, le mouvement indique que les émeutes religieuses qui ont eu lieu récemment dans la ville de Kaduna, au nord du pays, et dans certaines régions du sud-est, ont fait des victimes parmi les chrétiens et les musulmans de la Ceinture du Centre, qui ont été tués ou ont vu leurs maisons et entreprises incendiées.

NIGERIA: L'armée secoure les employés de Shell retenus en otages

Des soldats armés ont secouru 30 employés du géant pétrolier anglo-néerlandais Shell tenus en otages par des jeunes de l'Etat du Delta, au sud-est du Nigeria, qui exigeaient que la compagnie bitume des routes dans leurs région, a rapporté l'AFP.

Quelque 500 soldats du 7ème Bataillon Amphibie de la ville voisine d'Effurum ont investi la centrale gazière d'Utorogu mardi, et libéré les employés de Shell et quatre soldats qui gardaient le site. Les jeunes occupaient l'usine, d'une valeur de 2,7 millions de dollars, depuis lundi.

Cette centrale gazière d'Utorogu alimente en gaz la station de la compagnie électrique du pays 'National Electric Power Authority" à Egbin, près de Lagos.

SENEGAL: Un soldat tué par des assaillants non identifiés

Un soldat sénégalais a été tué et un autre blessé mercredi dans une attaque de présumés rebelles, près de la ville de Nyassia, au sud de la Casamance, a rapporté l'AFP.

La Casamance est le théâtre d'une guerre d'indépendance menée depuis 18 ans par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Mercredi, selon l'AFP, des assaillants ont attaqué un minibus et dépouillé les passagers de leurs effets personnels. Cependant, le porte-parole du MFDC, Alexandre Djiba, a indiqué à jeudi IRIN que les officiers rebelles dans le secteur enquêtaient sur cet incident.

"Nous devons découvrir les circonstances (qui ont provoqué l'incident)", a-t-il dit.

Le MFDC a signé un cessez-le-feu avec le gouvernement en décembre 1999, mais des violations de l'accord ont lieu sporadiquement. Régulièrement, les deux parties s'accusent mutuellement d'être à la base de ces incidents, qui n'ont cependant pas entraîné la rupture de l'accord de cessez-le-feu ou fait capoté les discussions préliminaires sur la paix.

Ces négociations, que les participants espèrent voir mener à un accord de paix, ont lieu le 15 de chaque mois dans la capitale gambienne, Banjul. Il n'y a cependant pas eu de réunion hier mercredi, en raison des élections présidentielles au Sénégal. M. Djiba a indiqué que le MDFC devrait attendre les résultats du second tour de dimanche et évaluer la position du nouveau gouvernement sur la question casamançaise.

GABON: Aide alimentaire aux réfugiés congolais

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'apprête à fournir aux réfugiés congolais au Gabon 1 200 tonnes de vivres en six mois, a indiqué mercredi à IRIN le Représentant résident du PNUD au Gabon, Toon Vissers.

M. Vissers, qui représente le PAM à Libreville, a expliqué qu'après la signature d'une lettre d'intention avec le gouvernement gabonais lundi, le PAM pourra acheter pour environ 120 000 dollars de vivres au Gabon, l'aide à court terme aux réfugiés. D'autres vivres seront apportés plus tard, principalement du Cameroun.

Les vivres fournis ces derniers mois par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et d'autres sources ont été épuisés à la mi-février, ce qui inquiétait les responsables humanitaires, ont indiqué des sources à Libreville.

Pour combler le manque, le gouvernement gabonais a apporté des secours aux réfugiés, a indiqué mercredi à IRIN Marc Adolphe Doumi-Mandatse, secrétaire général du Ministère gabonais des affaires étrangères. "A ce jour, nous avons procuré 180 tonnes de vivres sur nos fonds propres et l'argent donné par l'Organisation de l'unité africaine (OUA), la Chine, la Corée et la Francophonie", a-t-il précisé.

Une aide alimentaire d'une valeur de 89 millions de francs CFA et du kérosène pour quatre millions de francs CFA ont été envoyés dans les provinces de Ngounie et Nyanga le 9 mars dernier, a indiqué M. Doumi-Mandatse, qui préside une commission technique interministérielle pour les réfugiés.

[Le taux de change du franc CFA est d'environ 650 pour un dollar américain.]

Selon M. Doumi-Mandatse, il faudra 100 tonnes de vivres supplémentaires pour couvrir les besoins jusqu'à ce que les vivres fournis par le PAM (destinés à environ 12 000 réfugiés) soient livrés, au début du mois d'avril.

Quelque 13 500 réfugiés congolais se sont inscrits auprès du HCR au Gabon, mais le gouvernement gabonais estime que le nombre réel dépasse 30 000 car nombre d'entre eux ne se sont pas inscrits de peur d'être déportés, a expliqué M. Doumi-Mandatse.

Le gouvernement du Gabon a lancé un appel le 9 novembre 1999, pour l'aider à gérer la crise des réfugiés. A ce jour, selon M. Doumi-Mandatse, l'aide financière bilatérale totale s'élève à 79 millions de francs CFA (un peu plus de 121 000 dollars).

L'OUA a envoyé 45 millions de francs CFA, la Chine 18 millions, la Corée 6,133 millions, et la Francophonie 10 millions. Le gouvernement du Cameroun et les ONG gabonaises ont également fait des contributions en nature, a-t-il dit.

[Voir également le dossier 'GABON: IRIN Focus on refugees situation']

MAINTIEN DE LA PAIX: Intégrer la lutte contre le SIDA dans les missions de l'ONU

Des efforts sont entrepris par les Nations Unies pour encourager la sensibilisation, dans ses opérations de maintien de la paix, à la prévention et la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, a annoncé mercredi Fred Eckhard, porte-parole du Secrétaire Général des Nations Unies.

Les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU concernant les opérations de maintien de la paix incluront dorénavant une clause qui encourage les efforts déployés par les Nations Unies pour sensibiliser le personnel de maintien de la paix à la prévention et la lutte contre le VIH/SIDA et les autres maladies sexuellement transmissibles, a-t-il dit.

Bien qu'il n'y ait ni statistiques ni preuves pour suggérer que les casques bleus de l'ONU aient contribué à l'extension du SIDA, a dit M. Eckhard, le personnel civil et militaire peut être exposé au risque de contracter ou de transmettre le SIDA; c'est pourquoi les Nations Unies ont décidé de renforcer les mesures préventives.

Les budgets proposés par le Département des Opérations de maintien de la paix pour les missions de l'ONU en Sierra Leone et en République Démocratique du Congo incluent un poste pour l'achat et la distribution de préservatifs.

Abidjan, le 16 mars 2000

[FIN]

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