Dossier informatif sur les enseignements opérationnels tirés de l’intégration des transferts monétaires dans les programmes de lutte contre les violences basées sur le genre à Ocaña, en Colombie.
I. INTRODUCTION
Avec le soutien du Bureau pour l’Assistance Humanitaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la Women’s Refugee Commission (WRC), CARE et la Corporación de Profesionales para el Desarrollo Integral Comunitario [Corporation des professionnels pour le développement communautaire intégral ou CORPRODINCO] se sont associés en vue d’assurer la prise en charge de 200 survivants de violences basées sur le genre (VBG) à Ocaña, en Colombie. Dans le cadre de ce projet, ils ont évalué les effets et les conséquences d’une telle intervention pour les 100 survivants qui ont bénéficié d’une prise en charge assortie de transferts monétaires et les 100 survivants qui ont uniquement bénéficié d’une prise en charge (sans transferts monétaires). Veuillez cliquer ici pour consulter le rapport d’évaluation.
II. CONTEXTE OPÉRATIONNEL ET PARTIES PRENANTES
Avec la détérioration de la situation économique et politique au Venezuela, une crise humanitaire s’est propagée dans 16 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dont la Colombie. Cette dernière a accueilli 2,4 millions de Vénézuéliens en 2021. En 2019, la concurrence entre divers acteurs armés non étatiques pour les revenus issus du trafic de stupéfiants, de la traite des êtres humains et des exploitations minières illégales a entraîné une multiplication des déplacements internes et des confinements. Bien qu’il soit de plus en plus éclipsé par la crise migratoire vénézuélienne, le conflit interne préexistant a fait de la Colombie le deuxième plus grand foyer de déplacés internes au monde (après l’Afghanistan), avec environ 9,2 millions de personnes en situation de déplacement prolongé.
Avant d’entrer en Colombie, les migrants et réfugiés vénézuéliens sont exposés à des risques de VBG ou en sont victimes. Les Vénézuéliens ont été davantage exposés aux violences sexuelles et à d’autres problèmes de protection lors de la pandémie de COVID-19, la fermeture de la frontière entre la Colombie et le Venezuela ayant poussé les migrants et les réfugiés à emprunter des voies clandestines pour entrer en Colombie.
La Colombie expose tant les Colombiens que les Vénézuéliens à des risques significatifs en matière de violences basées sur le genre ; en outre, de tels incidents sont fréquents dans le pays. Les conflits nationaux et internationaux qui affectent la Colombie ont entraîné un accroissement de la pauvreté et de la criminalité et, partant, une recrudescence de la traite des êtres humains. Les femmes sont particulièrement vulnérables, car les trafiquants les attirent en leur promettant des perspectives économiques, par exemple un emploi en tant que vendeuses des rues, dans le seul but de les exploiter sexuellement.
Pour les migrants vénézuéliens, en particulier les femmes et les filles, les risques de VBG sont aggravés par la discrimination, l’absence de statut juridique et leurs activités dans le secteur informel, au sein duquel ils ne sont pas protégés contre l’hostilité de certains membres de la communauté d’accueil. En outre, les femmes déplacées et réfugiées ont un accès limité aux services, notamment aux soins de santé publics, faute de documents d’identité ou de pièces justificatives.