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MONDE: La nécessité de mieux comprendre l'impact des catastrophes sur les vies humaines

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JOHANNESBOURG, 26 janvier 2011 (IRIN) - En 2010, cinq des catastrophes les plus désastreuses, en termes de morts, de biens matériels et d'infrastructures, ont eu lieu en Asie. Investir dans la planification en prévision des catastrophes pourrait grandement contribuer à limiter le nombre de victimes, ont dit les experts.

« Les catastrophes en Asie sont principalement dues aux inondations et dans une moindre mesure, aux tempêtes. Je pense qu'une conscience de l'importance de la gestion des inondations est en train d'apparaître, parce que les cultures, ainsi que les infrastructures, sont souvent détruites, mais ce n'est pas assez [systématique], » a dit Debarati Guha-Sapir, directrice du Centre de recherche sur l'épidémiologie des catastrophes (le CRED), basé en Belgique.

On ne connaît pas bien l'impact d'une catastrophe naturelle sur les vies humaines et les moyens de subsistance au niveau micro-économique et c'est l'une des principales raisons pour lesquelles les gouvernements n'ont pas été suffisamment proactifs en termes de réduction des risques de catastrophes, a dit Mme Guha-Sapir. On manquait par exemple d'éléments pour comprendre les conséquences à court terme et à long terme d'une inondation pour un village.

Une récente étude du CRED en Orissa, une province indienne vulnérable aux inondations, a montré que dans les villages affectés par des inondations, les enfants souffraient de taux de malnutrition chronique considérablement plus élevés que les enfants aussi pauvres dans les villages ayant échappé à l'inondation.

La communauté humanitaire internationale, avec son habitude de se concentrer sur les réponses post-catastrophes à court terme, en est responsable en partie, a dit Mme Guha-Sapir.

Elle a suggéré que dans les cas o=F9 les pays étaient dans l'incapacité de renforcer la réponse au niveau local, les agences d'aide humanitaire internationales et nationales devraient autonomiser les communautés, de façon à leur permettre de mieux affronter les catastrophes.

« Il est fondamental pour les gouvernements locaux, les représentants des villes et leurs partenaires d'intégrer des stratégies d'adaptation au changement climatique dans la planification urbaine, » a déclaré Margareta Walhström, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes.

« La "réduction des risques de catastrophes", comme nous l'appelons, ou "atténuation des risques" ou encore "gestion des risques", comme certains la désignent, est un outil stratégique et technique mis en place pour aider les gouvernements nationaux et locaux à prendre leurs responsabilités envers les citoyens. » Elle « n'est plus facultative », a t'elle noté.

Les tremblements de terre, les inondations, une vague de chaleur et une vague de froid ne sont qu'une partie des 373 catastrophes naturelles enregistrées en 2010. Ensemble, celles-ci ont tué plus de 296 800 personnes, en ont affecté près de 208 millions, et ont coûté presque 110 milliards de dollars, a dit le CRED.

Les risques naturels en Chine et au Pakistan ont engendré plus de 27 milliards de dollars de dommages et près de 8 500 victimes

Les tremblements de terre en Chine ont tué 2 968 personnes en avril 2010, et 1 691 personnes sont mortes dans les inondations entre mai et août.

En outre, 1 765 ont trouvé la mort en août dans des coulées de boue, des glissements de terrain ou des chutes de rochers provoqués par les fortes pluies et les inondations.

Au Pakistan, près de 2 000 personnes ont péri dans les inondations qui ont recouvert un cinquième du territoire après les pluies torrentielles qui avaient frappé le nord-ouest, faisant déborder l'Indus et ses affluents de juillet à août 2010.

Un séisme en Haïti a tué plus de 222 500 personnes en janvier et une vague de chaleur pendant l'été russe a provoqué 56 000 décès, faisant de l'année 2010 la plus meurtrière des deux dernières décennies.

Le CRED a également souligné que la mesure des pertes comportaient des incohérences, en raison des énormes différences économiques [entre les pays].

« Haïti, qui était en haut de la liste avec, de loin, le plus grand nombre de victimes, est tombé au quatrième rang sur la liste des dommages économiques, » a dit Mme Guha-Sapir. Mais le Chili, qui a été frappé par un séisme en février 2010 et était au septième rang pour le nombre de morts, s'est retrouvé en tête de liste des pays ayant subi des pertes financières.

« C'est un exemple qui montre combien notre manière de mesurer les pertes est inadéquate, car elle ne prend pas en compte les vies humaines. De plus, comme les valeurs mobilières sont nettement plus élevées au Chili qu'en Haïti et que les assurances y sont plus courantes, les pertes sont aussi plus élevées ».

jk/he[FIN]

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