UNHCR Rapport Annuel Sur Les Cas Incidents De SGBV 2016 Parmi Les Refugies Au Tchad

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 31 Dec 2016

Sommaire

Les réfugiés vulnérables particulièrement les enfants et femmes sont exposés au quotidien aux violences sexuelles et basées sur le genre (SGBV). La situation socio-économique de plus en plus préoccupante, la réduction tendancielle des ressources allouées aux programmes de protection et d'assistance des réfugiés y compris les réductions des rations alimentaires sur les 5 dernières années constituent des véritables facteurs aggravant la vulnérabilité des réfugiés face aux SGBV.
L'impact négatif des SGBV sur la santé physique,mentale et psychologique des réfugiés requiert une intervention rapide, coordonnée et efficace de l'ensemble des acteurs afin de garantir un environnement de protection favorable.

Ce rapport annuel présente la situation des incidents de SGBV identifiés parmi les réfugiés au Tchad durant l'année 2016 ainsi que les différentes actions de prévention et de réponse contre les SGBV menées par le HCR et ses partenaires.

Les données qui font l'objet de ce rapport ont été collectées par le HCR et ses différents partenaires dans les 19 camps abritant un total de 393,161 réfugiés Soudanais, Centrafricains, Nigérians, Congolais et d'autres nationalités au 31 décembre 2016.

Malgré la légère diminution du nombre des cas incidents observé en 2016 au sein de la population réfugiée au Tchad par rapport à 2015,les résultats de l'analyse des données restent préoccupants.
Le HCR a enregistré un total de 1247 cas incidents de SGBV durant l'année 2016 soit une incidence estimée à 0,31 % sur l'ensemble des réfugiés au Tchad. Toutefois,ses chiffrent restent sous estimés à cause du manque de dénonciation liés à plusieurs facteurs socio-culturels.
Le groupe des femmes et des filles restent le plus concerné par ces violences du fait de leur statut social dans leur communauté, leur sexe, leur faible capacité de défense physique et légale ainsi que leur implication majeure dans la recherche des moyens de subsistance « même négatifs » pour leur ménage.
Les indicateurs montrent que les femmes restent moins représentées et moins actives dans les différentes structures de gestion communautaire (environ 30%). Par ailleurs participation très limitée au processus de prise de décisions stratégiques.Elles font le choix compréhensible de vaquer aux activités génératrices de revenu pour la subsistance de leur ménage que de participer aux actions bénévoles des mécanismes communautaires de gestion.

Il devient donc vital pour le HCR et ses partenaires de revoir le processus de protection à base communautaire afin de capitaliser et valoriser la contribution des réfugiés à leur propre protection.
Concernant la typologie,la violence physique demeure la SGBV la plus rencontrée dans les camps des réfugiés,suivi de celle psychologique.Ses violences sont généralement perpétrées sur les femmes par leurs conjoints ou sur les enfants par leurs parents et voisins.

Le viol,l'exploitation et les agressions sexuelles représentent 14,9 % de l'ensemble des SGBV enregistré en 2016. Le HCR et ses partenaires ont renforcé les différentes actions de surveillance et de lutte et sensibilisation contre les mutilations génitales féminines.Bien que la pratique persiste,on observe une réduction sensible des cas enregistré en 2016 soit 1,2 % de l'ensemble des SGBV identifiées.

Ce chiffre revue à la baisse continue cependant d'affecter en majeure partie les jeunes filles réfugiées.
Les défis identifiés en 2016 concernant la réponse globale à savoir la sécurisation appropriée des victimes, l'accès aux services juridiques et la prise en charge psychosociale ont été observés en 2016 affectant ainsi la qualité des services rendus aux victimes.Seuls 1,28% de victime a eu besoin d'un logement Secure,6,49 % des victimes a eu accès aux services juridiques,26,06 % a fait recours à la police,30,15% a eu accès au support matériel,39,69 % a consulté pour une prise en charge médicale et 78,9% au service psychosocial.

La situation décrite à l'aide des résultats du présent rapport justifie largement la nécessité pour le HCR et ses différents partenaires de poursuivre activement en 2017 les actions d'identification,de réponse et de prévention des SGBV dans les camps des réfugiés afin de réduire les risques et fournir une meilleure protection aux femmes, aux hommes, aux filles et aux garçons réfugiés.