Tchad: Tableau de bord humanitaire (au 31 mars 2018)

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from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 07 Aug 2018 View Original

Contexte actuel (juin 2018)

Le plan de réponse humanitaire 2018 identifie trois crises principales, dans un contexte de faible développement et de pauvreté chronique : les mouvements de population, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, et les urgences sanitaires. Il est estimé que 4,4 millions de personnes sont dans le besoin cette année (52% de femmes) dont 1,9 millions particulièrement vulnérables ciblées pour une assistance humanitaire.

Le Tchad accueille plus d’un demi-million de personnes en situation de déplacement, et de nouveaux mouvements continuent à être observés, en lien avec l’insécurité dans les pays voisins. Ainsi, 22 211 réfugiés centrafricains sont arrivés au sud du Tchad entre fin décembre 2017 et fin juin 2018.

Environ 3 800 anciens réfugiés tchadiens sont également arrivés du Soudan. Le pays compte à ce jour 445 777 réfugiés dont plus de 331 000 réfugiés soudanais arrivés depuis plus de 10 ans, plus de 103 000 réfugiés centrafricains et 10 304 réfugiés nigérians. La région du Lac, touchée par la crise nigériane, comptait au 30 juin 2018, plus de 131 000 personnes déplacées dont environ 108 400 déplacés internes, 20 500 retournés tchadiens et 2 400 ressortissants de pays tiers.

Les déplacements continuent dans la cuvette nord du Lac, en provenance des zones frontalières et du Niger. En parallèle, des retours internes sont observés dans la cuvette sud du Lac, où environ 51 000 personnes ont été identifiées dans les zones insulaires précédemment considérées vides. En outre le pays compte 82 000 retournés tchadiens de la RCA, installés principalement dans les régions du sud et à N’Djamena dans des sites ou villages d'accueil. Le processus de réinsertion socio-économique de près de 5 000 retournés tchadiens de la RCA est en cours à N’Djamena.

L'insécurité alimentaire et la malnutrition restent un problème chronique dans le pays, notamment dans la bande sahélienne. Environ 4 millions de personnes (soit 28% de la population totale) sont touchées parmi lesquelles environ 991 000 en insécurité alimentaire sévère (Phases 3 et 4 du cadre harmonisé). La situation nutritionnelle est également préoccupante, avec des taux de malnutrition aigüe globale supérieurs à 15% (seuil d’urgence) dans 6 des 23 régions, et des taux de malnutrition aigüe sévère à 3,9% (seuil d’urgence) dans 11 régions.

Le pays fait face à une épidémie de rougeole. Depuis le début de l’année, 1 284 cas ont été rapportés dont 49 décès au 30 juin et une riposte est en cours. Le suivi épidémiologique révèle 258 cas de méningite avec 40 décès et 241 822 cas de paludisme confirmés dont 411 décès, rapportés au 30 juin 2018. Cette situation est liée à la faiblesse du système sanitaire et cause des taux de morbidité et de mortalité élevés, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans. Le Tchad occupe le 186e rang selon l'Indice de Développement Humain (2016), et présente quelques-uns des indicateurs sociaux les plus alarmants (espérance de vie de 52 ans, taux de mortalité maternelle de 856 décès pour 100 000 naissances vivantes).

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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