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Tchad : Rapport mensuel sur la sécurité alimentaire février 2007 - Situation alimentaire bonne, conflits continuent

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Situation Report
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This report covers the period from 1/30/2007 to 2/27/2007

La situation alimentaire au mois de Février 2007 se caractérise par un renforcement des disponibilités céréalières au Tchad, avec le déroulement de la récolte de la culture de contre saison : le berbéré. La nouvelle offre céréalière en cours et attendue de la récolte de berbéré a suscité un bon approvisionnement des marchés et conduit ainsi à une baisse du prix du mil (céréale de base) assez normale pendant cette période. L’analyse du prix du mil sur les principaux marchés céréaliers montre que la tendance est à la baisse dans trois des quatre principaux marchés. Malgré une dégradation des termes d’échanges mouton/mil en février 2007 par rapport à décembre 2006 et janvier 2007, ceux-ci restent meilleurs par rapport à la période février-novembre 2006.

Dans les zones d’accueil des réfugiés et populations déplacées, la situation est rassurante pour les réfugiés et populations locales du fait d’une relative accalmie des combats, tandis que la situation alimentaire des personnes déplacées est en cours d’évaluation.

En dépit des initiatives des paix en cours de négociation, la reprise des hostilités entre rebelles et forces gouvernementales dans l’Ennedi pourrait accroître l’insécurité dans la zone et affecter considérablement la sécurité alimentaire dans le Nord et l’Est du pays. Le redéploiement des forces gouvernementales pour contrer les offensives rebelles pourrait alléger le dispositif sécuritaire des zones les plus régulées, ce qui est de nature à créer la psychose au sein des villages de la zone et provoquer un nouvel afflux des déplacés.

Calendrier saisonnier



Sécurité alimentaire et la situation des réfugiés et des populations hôtes

La sécurité alimentaire qui était bonne depuis la fin de la campagne agricole 2006/07 continue de s’améliorer globalement dans le pays du fait du bon résultat attendu du berbéré en cours. La poursuite des récoltes des fruits et légumes d’hiver et des tubercules diversifie la gamme des produits consommés conduisant à une moindre sollicitation des stocks céréaliers auto produits.

La reconstitution du stock national de sécurité alimentaire se poursuit en cette période post récolte, ce qui constitue un facteur de régulation assurant un prix raisonnable aux producteurs des excédents céréaliers. Dans les zones d’accueil des réfugiés et personnes déplacées, les réflexions sont en cours entre agences humanitaires sur les stratégies efficaces et optimales de pré positionnement des besoins vivriers et non vivriers dans les camps et sites avant l’installation de la prochaine saison pluvieuse, qui commence généralement au mois de juin. Cependant, les perspectives alimentaires sont conditionnées par l’évolution sociopolitique, économique et environnementale du pays.

Les distributions des rations alimentaires du mois de Février prévues pour 223 608 bénéficiaires dans les 12 camps de l’Est se sont déroulées sans risques majeurs. Le pré positionnement des vivres se poursuit dans les camps, et des initiatives visant à assurer l’accès aux terres de cultures sur place ou via le retour en terre d’origine des personnes déplacées sont en discussion entre les autorités et les partenaires humanitaires pour un bon démarrage de la campagne 2007/08.

Dans le Sud du pays après quelques réticences, les recommandations de la «Joint Assessment Mission» visant à réduire l’assistance alimentaire d’urgence au profit des actions durables de développement basées sur la réhabilitation du savoir faire (maçonnerie, artisanat, petit commerce, etc,) du réfugié centrafricain viennent d’être acceptées par ces derniers. Ces réductions d’assistance alimentaire ramènent les valeurs calorifiques de la dotation alimentaire journalière de 1 900 Kcal/personne/jour à 1 200 Kcal/personne/jour dans le camp de Gondjé et de 1 400 Kcal/personne/jour à 900 Kcal/personne/jour dans celui de Mboko. Au niveau de site de Gondjé, accueillants les nouveaux transferts des réfugiés de la frontière Tchado-centrafricaine, la dotation couvre la norme requise de 2100 Kcal/personne/jour.

Pour répondre de façon ciblée et adéquate aux besoins alimentaires des personnes déplacées dans ces zones, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), avec les partenaires sur place, entendent organiser du 9 au 20 Février 2007 une enquête pour apprécier les conditions de vies de ces déplacés dans chaque site en vue d’une aide alimentaire appropriée.

Les populations hôtes de ces zones d’accueil des réfugiés et personnes déplacées ont bénéficié d’une relative trêve de combats depuis le début du mois. L’approvisionnement des marchés est relativement bon. La fluidité des échanges entre les marchés secondaires et le marché principal d’Abeche aurait contribué à une baisse de prix sur le principal marché de la zone (Abéché). Toutefois, une reprise de combat pourrait perturber cette relative accalmie et affecter l’approvisionnement à la fois des marchés et de certains camps de réfugiés soudanais.

L’insécurité sociale au Nord-Est du pays persiste et retarde le retour des personnes déplacées dans leur village d’origine. Cela a des conséquences sur leur sécurité alimentaire pendant la saison sèche actuelle et celle des pluies qui va commencer dans quelques mois. Avec la saison sèche, qui vient de commencer, l’accès à l’eau, au bois de chauffe et au pâturage devient difficile. A partir de juin, le début de l’hivernage se posera les problèmes d’accès aux terres cultivables, des semences, des matériels agricoles et d’abris. Certaines personnes déplacées se sont installées présentement soit dans des zones inondables soit occupent des champs de cultures des populations d’accueil.

Le non retour des déplacés pourrait conduire à une dislocation du système de production traditionnel et des stratégies adaptées de survies. Ceci est de nature à accroître la dépendance des populations déplacées et hôtes vis-à-vis de l’assistance humanitaire dès la prochaine campagne agricole 2007/08.

Cette insécurité affecte également la fluidité des échanges alimentaires notamment céréaliers à travers le phénomène des « coupeurs des routes » ou des groupes armés non contrôlés. Des ruptures d’approvisionnement en céréales ont été enregistrées ai niveau du marché d’Abéché – principal marché de la zone – ce qui a conduit à des hausses hebdomadaires conjoncturelles des prix. Les ruptures d’approvisionnement du marché de bétail ont également conduit parfois à une hausse de plus de 50 pourcent du prix de mouton sur le marché d’Abéché.