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Tchad Rapport de situation, 4 mai 2021

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

  • La situation alimentaire est affectée par l’instabilité sécuritaire liée aux conflits, les inondations, l’impact économique des mesures COVID-19, les maladies et épizooties
  • 5,1 millions de personnes seront en situation d'insécurité alimentaire pendant la période de soudure, dont plus de 1,7 million en insécurité alimentaire sévère
  • Plus de 2,6 millions de personnes sont en phase " sous pression " et ce nombre est projeté d’atteindre 3,3 millions en juin-août 2021
  • La situation nutritionnelle demeure préoccupante dans l’ensemble du pays, avec un état alarmant dans 15 des 23 provinces
  • 3,8 millions de personnes ont besoin d´une aide nutritionnelle en 2021, dont 1,9 millions d’enfants de moins de 5 ans affectés par la malnutrition aigüe avec 401 000 cas sévères

ANALYSE

Plus de 1,7 million de personnes en situation d'insécurité alimentaire sévère pendant la période de soudure

Résultats des analyses du Cadre harmonisé de mars 2021

Selon les chiffres du Cadre Harmonisé (CH), publiés en mars 2021, le nombre de personnes en insécurité alimentaire (phase 2-5) est de 4 millions en phase courante (mars-mai 2021) dont presque 1,3 millions seraient en insécurité alimentaire sévère (phase 3-5). Le nombre de ceux en insécurité alimentaire montera à 5,1 millions durant la période projetée (juin-août 2021) qui coïncide avec la période de soudure. Plus de 1,7 million de ces personnes seront en insécurité alimentaire sévère (phase 3-5).

Neuf (9) départements sont identifiés en "phase crise" dans les provinces d’Ennedi-Ouest, Bourkou, Barh-El-Gazal et Lac. Une détérioration de la situation est attendue au cours de la période projetée (juin-août 2021), notamment dans les provinces du Tibesti, Kanem, Wadi Fira, Batha et Guéra, en plus des quatre provinces précitées portant le nombre de départements en phase crise de 9 à 24, et le total de personnes en insécurité alimentaire sévère à plus de 1,7 millions. Aucun département n'est en "phase urgence" pour l’instant. Cependant, plus de 96 000 personnes sont dans cette phase, et le nombre devrait atteindre 165 000 personnes pendant la période de soudure, notamment dans la province du Lac et Wadi Fira.

Actuellement, plus de 2,6 millions de personnes sont en phase " sous pression " et ce nombre est projeté d’atteindre 3,3 millions (juin-aout 2021). Si un soutien d'urgence aux moyens de subsistance n'est pas apporté aux populations les plus vulnérables déjà en phase sous pression, le risque qu'une bonne partie d’entre elles basculent, pendant la prochaine période de soudure, en phase de crise et par conséquent aient besoin d'une aide alimentaire d'urgence est très élevé.

Les analyses du Cadre Harmonisé révèlent que la situation alimentaire est restée affectée par l’instabilité sécuritaire liée aux conflits, la destruction des champs à la suite des inondations dues à la forte pluviométrie de la saison pluvieuse 2020, l’impact économique des mesures COVID-19, les maladies et épizooties. La hausse des prix des céréales, la détérioration des termes de l’échange bétail/céréales et cultures de rente/céréales, ainsi que l’accès à l’eau potable et la morbidité ont également impacté négativement la consommation alimentaire, l’état nutritionnel et l’évolution des moyens d’existence. Une approche qui prévoit une assistance alimentaire suivie d'un appui aux moyens d'existence pourrait avoir un effet bénéfique pour les ménages affectés en réduisant leur vulnérabilité et en augmentant leur capacité de résilience et contribuer à inverser les tendances croissantes de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition dans les zones particulièrement impactées.

Disponibilité alimentaire

La situation générale est particulièrement alarmante compte tenu de la diminution de la production agricole dans la région soudanaise et de la faiblesse des ressources en eau dans les zones sahélienne et soudanaise, qui a également un impact sur la disponibilité des pâturages. Le pays enregistre un total de 2,8M tonnes de production céréalière. Ce résultat représente une baisse de 1,5 pour cent par rapport à l’année dernière, mais une hausse de 3 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette baisse (par rapport à 2019-2020) de la production céréalière s’explique en partie par la baisse enregistrée dans la zone soudanienne. Par ailleurs, dans cette zone soudanienne, les marchés sont bien approvisionnés.

L'analyse de la consommation alimentaire révèle que 12,6 pour cent et 27,7 pour cent des ménages du pays ont une consommation alimentaire pauvre et limitée, respectivement. Pour ces deux catégories de ménages, l’alimentation est très peu variée (respectivement 4 et 5 groupes d’aliments) et moins riche avec une faible consommation de lait, de protéine animale et de légumineuse. Ces ménages sont déjà confrontés à un important déficit de consommation alimentaire.

Une situation nutritionnelle toujours inquiétante

La situation nutritionnelle demeure également préoccupante dans l’ensemble du pays, avec un état alarmant dans 15 des 23 provinces dont les taux de malnutrition aigüe globale (MAG), de la malnutrition aigüe sévère (MAS) et de mortalité brute et des moins de 5 ans ont dépassé le seuil OMS (Enquête SMART 2020). Malgré l’organisation de l’Enquête SMART 2020 en période post-récolte (où les prévalences de la malnutrition aigüe sont normalement basses), la prévalence de la MAG a atteint le seuil d’alerte de 10 pour cent, et le seuil d’urgence de 15 pour cent a été dépassé dans six provinces. La MAS, a dépassé la prévalence de 2 pour cent dans huit provinces.

Environ 3,8 millions de personnes ont besoin d´une aide nutritionnelle en 2021, dont 1,9 millions d’enfants de moins de 5 ans affectés par la malnutrition aigüe avec plus de 401 000 cas sévères. La malnutrition a des répercussions graves sur le développement global de l'enfant et reste l´une des principales causes de mortalité chez l´enfant.

Un risque d’aggravation

Compte tenu du contexte politico-sécuritaire actuel dans le pays, il est à craindre une dégradation de la situation alimentaire. Les restrictions de mouvements nées du changement du pouvoir et les déplacements préventifs de population ainsi qu’un éventuel mouvement de population consécutif à de possibles affrontements dans des zones urbaines sont des éléments à craindre. Comme pendant l’urgence sanitaire de la COVID-19, en 2020, les restrictions de mouvements à N’Djaména et dans les autres provinces pourraient porter un coup dur aux petites activités économiques sur lesquelles se fondent beaucoup de ménages. Dans la capitale, certaines familles se retrouvent déjà dans le 9e arrondissement pour éviter une difficile traversée du pont à double-voies. D’autres confient avoir regagné les localités du sud pour se mettre à l’abri.

Préparation à la réponse

Le Gouvernement, avec l’appui des acteurs humanitaires du secteur de la sécurité alimentaire, se prépare pour répondre à la situation. Ainsi, l’Office nationale de sécurité alimentaire (ONASA), le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires fourniront une assistance alimentaire et nutritionnelle pour atteindre les personnes les plus vulnérables tout au long de la période de soudure. Cela, pour éviter que les communautés vulnérables ne s'enfoncent davantage dans l'insécurité alimentaire et la malnutrition. Le PAM prévoit de fournir une aide alimentaire et nutritionnelle d'urgence à quelque 689 948 Tchadiens vulnérables dans six provinces de la bande sahélienne (Barh el Gazal, Batha, Guera, Kanem, Lac et Wadi Fira).

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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