Chad + 2 more

Tchad Rapport de situation, 27 sept. 2019

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

FAITS SAILLANTS

  • Des milliers de personnes privées d'aide à cause du déficit de financement

  • Plus de 36 000 personnes sont touchées par les inondations en raison de l'évolution des régimes pluviométriques

  • Les femmes humanitaires font la différence

ANALYSE

Des milliers de personnes privées d’aide à cause du déficit de financement

A seulement trois mois de la fin de l’année, la réponse humanitaire au Tchad n’est financée qu’à hauteur de 40 pour cent. Des 476,6 millions de dollars américains de fonds requis pour assister les 2 millions de personnes ciblées pour l’assistance en 2019, la communauté humanitaire n’a reçu au 15 septembre que quelque 185 millions de dollars.

Cette situation s’inscrit dans une dynamique de sous-financement chronique et régionale. Les plans de réponse humanitaire du Tchad sont systématiquement sous-financés depuis des années. Entre 2008 et 2018, la moyenne des financements reçus a été de 56,3 pour cent. En 2018, les fonds reçus au Tchad se sont inscrits légèrement en dessous de cette moyenne et de la moyenne mondiale de 60 pour cent, avec seulement 53 pour cent des 544 millions de dollars requis par la communauté humanitaire afin de venir en aide aux 2,1 millions de personnes les plus vulnérables.

Ce sous-financement persistant a des conséquences humaines directes. Sans les fonds nécessaires, des centaines de milliers de personnes risquent de se retrouver en situation d’insécurité alimentaire sévère, ce qui entraînera une augmentation des taux de malnutrition et des stratégies de survie négatives. Un million de personnes n'auront pas accès à des soins de santé adéquats. Les communautés déplacées seront confrontées à une précarité accrue. En effet, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, les déplacements forcés de populations et les urgences sanitaires entraînent plus de 7 millions de personnes dans une vulnérabilité aigüe ou chronique, dont plus de 4 millions de personnes ayant besoin d’assistance et de soutien pour renforcer leurs moyens d’existence.

De janvier à juillet 2019, la situation humanitaire s’est nettement détériorée dans le pays. Une recrudescence des attaques armées et de l’insécurité dans le bassin du Lac Tchad a poussé des milliers de civils à quitter leurs domiciles pour chercher refuge ailleurs. Le premier semestre 2019 a également enregistré une augmentation de plus de 37 pour cent des cas d’admission d’enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère, par rapport à la même période en 2018. Plus de 600 000 personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère ont été enregistrées, soit une augmentation de 230 000 comparé à la situation de novembre 2018 où on les estimait à 410 000 . De plus, l’épidémie de rougeole, déclarée fin mai 2018 continue de se propager, avec 38 districts sanitaires touchés et plus de 20 000 cas suspects enregistrés fin juillet. L’épidémie de choléra qui sévit dans le sud-ouest du pays, déclarée fin juillet, est venue aggraver la situation.

Le Tchad accueille plus de 460 000 réfugiés dont plus de 340 000 Soudanais à l’est et 105 000 Centrafricains au sud qui ont fui leur pays à cause des violences. Des attaques de groupes armés non-étatiques et des opérations militaires dans la province du Lac ont contraint plus de 133 000 Tchadiens à quitter leur domicile . Il faut ajouter à ces bénéficiaires de l’assistance, les communautés hôtes (plus de 700 000 personnes) qui partagent leurs maigres ressources avec ces personnes déplacées.

Le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Coordonnateur Humanitaire, M. Stephen Tull, déplore ce déficit de financement des activités humanitaires au Tchad, alors que les besoins humanitaires restent élevés. Pour lui, il n’y a pas de choix à faire entre la réponse d’urgence et celle au développement si l’on veut sortir le pays du cycle infernal des crises. « Il est impératif de répondre aux besoins urgents des personnes en situation de déplacement, en insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que celles souffrant des épidémies. En même temps, il est important de continuer à mettre en œuvre les activités de développement pour éviter que ces personnes vulnérables ne retombent dans la crise. Je demande aux fournisseurs publics d'aide et aux investisseurs privés au Tchad, dans la région et à l'échelle mondiale d’augmenter considérablement leurs engagements à répondre aux besoins humanitaires et de développement du Tchad. », a-t-il déclaré.

Le Tchad est un pays où les crises humanitaires se déroulent dans un contexte de faible développement, d'accès limité aux services sociaux de base tels que la santé, l'éducation ou l'eau potable, de dégradation de l'environnement et des effets du changement climatique. En outre, les interventions humanitaires ne suffisent plus et ne peuvent s'attaquer aux causes profondes des difficultés et des fragilités persistantes. Tous ces facteurs exposent les populations déjà vulnérables à des chocs récurrents, affectant leur capacité de résilience et rendant impérative une approche intégrée humanitaire et développement à plus grande échelle, et nécessitant des investissements urgents.

La mise en œuvre d'une réponse intégrée à plus grande échelle nécessite des investissements urgents d'un plus grand nombre de pays donateurs. En premier lieu, la communauté humanitaire remercie le soutien continu des Etats-Unis et de la Commission Européenne, sur qui reposent près de 60 pour cent de la réponse humanitaire des dix dernières années au Tchad. Les organisations humanitaires au Tchad insistent également sur le fait qu’assurer une réponse humanitaire à l’échelle des besoins identifiés est un prérequis essentiel pour l’adoption d’une approche intégrée humanitaire et développement. Alors que les opérations humanitaires ont un impact important, les partenaires ne peuvent répondre que partiellement aux besoins les plus urgents en raison des niveaux de financement. En effet, le financement actuel de la réponse humanitaire ne permet pas de maintenir les standards humanitaires minimums et d’assurer une transition vers des interventions à moyen et long termes.

Enfin, un renforcement du plaidoyer est urgent pour non seulement encourager l’émergence des bailleurs non-traditionnels mais aussi conforter la capacité du gouvernement à répondre aux crises dans le pays.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.