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Tchad Rapport de situation, 1 juin 2020

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FAITS SAILLANTS

  • Le Gouvernement renforce les mesures sanitaires pour limiter la propagation du virus
  • La communauté humanitaire au Tchad soutient les efforts du Gouvernement pour faire face à l'impact du COVID-19
  • Certains défis restent à être surmontés
  • La crise sécuritaire au Lac : une guerre larvée livrée contre les populations locales par les groupes armés non-étatiques
  • Vers une amélioration des conditions de vie des déplacés de Diamerom à Amma

COVID-19 au Tchad : le Gouvernement et la communauté humanitaire unissent leurs forces contre la pandémie

Le 19 mars, le Tchad a signalé son premier cas positif de COVID-19. Trois semaines plus tard, une première transmission locale a été déclarée à N'Djamena. Depuis lors, le nombre d'infections a augmenté de façon exponentielle et, au 30 mai, le Tchad enregistre 778 cas confirmés de COVID-19 et 65 décès dans 11 provinces. L'extrême pauvreté et les infrastructures de santé limitées exacerbent la vulnérabilité de la population. Le taux de mortalité est actuellement de 8,35%, un des plus élevés de la région et du monde, en partie expliqué par le manque de tests, seulement réalisés sur les personnes ayant déjà de graves symptômes. La propagation du virus s'est accélérée depuis le début du mois de mai.

Le Gouvernement renforce les mesures sanitaires pour limiter la propagation du virus

Depuis le début de la crise sanitaire, le Gouvernement a pris une série de mesures visant à ralentir la propagation du virus : déclaration de l'état d'urgence sanitaire, fermeture des frontières, mise en place d'un couvre-feu, restrictions de mouvement entre les provinces, interdiction de rassemblements de plus de 50 personnes, fermeture des centres de culte, des écoles, ainsi que des cabarets, bars, casinos, centres de jeux et restaurants. Depuis le 16 mai, un Comité de gestion de la Crise Sanitaire (CGCS) a été créé et placé sous l'autorité du Président de la République, Idriss Déby. Composé de huit membres, il est en charge de mener la lutte contre le COVID-19, notamment la mise en place d'une coordination nationale de riposte sanitaire pilotée par les scientifiques et consacrée à la lutte opérationnelle contre le COVID-19, la création de cinq sous-comités inclusifs spécialisés (Sensibilisation, Finances et commandes, Assistance aux démunis, Mobilisation des ressources, Défense et Sécurité), le lancement en urgence des commandes supplémentaires des matériels médicaux essentiels, l'acquisition d'au moins cinq laboratoires mobiles, la mise en œuvre d'un plan d'actions renforcées pour réussir la campagne agricole 2020, le lancement de l'opération de distribution des vivres aux plus démunis, et la distribution désormais gratuite des masques.

La communauté humanitaire au Tchad soutient les efforts du Gouvernement pour faire face à l'impact du COVID-19

Sous la direction de l'OMS pour soutenir les efforts du Gouvernement et coordonner la réponse sanitaire globale au COVID-19, les agences du système des Nations Unies et les Organisations non gouvernementales (ONG) ont commencé à mettre en œuvre diverses activités et initiatives pour la prévention et la réponse à la pandémie, conformément au plan de réponse humanitaire (HRP) et au plan de contingence préparé par le Gouvernement du Tchad. Entre autres, des initiatives de sensibilisation pour la population à la fois dans la capitale et dans les provinces, y compris les sites de déplacés internes et les camps de réfugiés, la sensibilisation directe des délégués de la santé, des formations de formateurs pour les agents de santé sur la prévention et le contrôle des infections (PCI) / WASH, ainsi que des évaluations PCI / WASH pour des établissements de santé dans la capitale et dans les provinces.

Des efforts ont également été faits pour veiller à ce que les communications officielles du Ministère de la santé publique sur la prévention soient traduites dans les langues locales et diffusées par le biais de divers canaux de sensibilisation communautaire, y compris la radio. Le suivi des mouvements de population liés au COVID-19 a été mis en place, notamment le long des points d'entrée terrestres, et une assistance en nourriture, en santé et en biens non alimentaires pour les étudiants rentrant du Cameroun a été fournie, lors de leur séjour dans les centres de quarantaine. Les capacités de recherche épidémiologique dans la capitale et dans certaines régions (e.g. Abéché) ont également été renforcées, ainsi que les capacités des différents laboratoires du pays à identifier les cas. De même, les équipes de surveillance des contacts suspects ont été élargies.

Quant aux réponses précédemment prévues, les organisations humanitaires ont adapté leurs activités pour se conformer aux lignes directrices pour la prévention du COVID-19. Un accent particulier est mis sur la sensibilisation au niveau communautaire, la fourniture de kits d'hygiène et de dispositifs de lavage des mains dans les lieux publics, la formation du personnel pour les soins médicaux des cas de COVID-19 et la fourniture des transferts monétaires inconditionnelles, entre autres. Il est à noter que le 10 mai, MSF a signé un accord provisionnel avec le Ministère de la santé publique pour permettre à son équipe d'apporter un suivi épidémiologique du COVID-19, une promotion de la santé et de l'hygiène, et le traitement de cas dans les centres de santé publics de N'Djamena et d'autres régions afin d'alléger une partie du poids qui pèse sur le système de santé public.

Certains défis restent à être surmontés

Le Gouvernement tient à soutenir et maintenir l'action humanitaire pendant cette crise. Les mesures préventives actuelles ne concernent donc pas, en principe, le transport de matériel humanitaire. Néanmoins, alors que les restrictions de mouvement se font plus sévères, il devient plus difficile d'assurer l'accès humanitaire continu. Certaines activités ont du être mises à l'arrêt à cause de l'application plus stricte des mesures de cantonnement dans certaines provinces, ce qui a compliqué le déplacement du personnel humanitaire en dehors des centres urbains, y compris N'Djamena.

Afin de poursuivre le travail essentiel des acteurs humanitaires sur le terrain, le Gouvernement a accordé des autorisations spéciales permettant la circulation des agences des Nations Unies et des ONG internationales pour le soutien aux programmes critiques dans chaque province : urgence de santé, distribution de nourriture, programmes WASH et abris, et campagnes de vaccination. Les acteurs humanitaires veillent à prendre toutes les précautions nécessaires et suivent les procédures opérationnelles standards appropriées pendant leur déplacement et lors de l'exécution des programmes, afin de réduire toute transmission potentielle de COVID-19 par le biais de l'action humanitaire elle-même. Bien que la réponse au COVID-19 monopolise l'attention, il ne faudrait pas mettre au second plan les défis réguliers auxquels fait face la population tchadienne. La saison des pluies a commencé et a entraîné des déplacements de population à la suite d'inondations et de destruction d'abris. La période de soudure amène une précarité encore plus grande en termes de sécurité alimentaire. La province du Lac connaît une recrudescence d'activités criminelles, potentiellement de groupes armés non-étatiques. Ceci devrait avoir pour conséquence de nouveaux mouvements de population internes et au-delà des frontières des pays limitrophes. L'épidémie de rougeole est toujours d'actualité avec 8 026 cas au dernier recensement depuis le 1er janvier 2020, et 37 décès : 28 districts (sur 126) ont été confirmés en situation d'épidémie par le laboratoire depuis le début de l'année.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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