Chad

Tchad Rapport de situation, 1 avr. 2020

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

  • L’action humanitaire paie le prix de la nouvelle vague de violence au Lac

  • Le CERF alloue plus de 12 millions de dollars pour les urgences sous-financées au Tchad

RÉPONSE D'URGENCE

L’action humanitaire paie le prix de la nouvelle vague de violence au Lac Le président Idriss Déby Itno, s'exprimant depuis un avant-poste des Forces de Défense et de Sécurité aux confins du Lac Tchad, a annoncé, le 29 mars le lancement imminent d’une opération militaire de grande envergure baptisée « Colère de Boma ». L’objectif de l’opération est de débarrasser la province des groupes armés non-étatiques à travers une offensive terrestre, aérienne et fluviale.

Cette décision intervient à la suite d'une attaque armée contre une garnison militaire à Boma le 23 mars qui avait fait 98 morts, y compris des civils, et 47 blessés. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues.

Après que le président Déby ait déclaré « zones de guerre » les départements de Fouli et Kaya dans la province du Lac le 26 mars, le conseil des ministres a décrété le même jour l'état d'urgence dans ces deux départements à compter du 27 mars jusqu’au 16 avril 2020.

La déclaration de l'état d'urgence donne pouvoir aux autorités militaires et administratives de la province du Lac, sous la tutelle du ministre de la Défense nationale et de la sécurité, du ministre de l'Administration du territoire et du ministre de la Justice, de mettre en œuvre les mesures prévues par l'état d'urgence. Ces mesures sont, entre autres, les restrictions de mouvement, le couvre-feu, les réquisitions d'armes, les perquisitions de domiciles, les arrestations et les détentions provisoires. Le Chef de l’Etat a décidé de “briser” le groupe armé auteur de l’attaque « en lui infligeant une raclée jamais égalée » a-t-il affirmé.

Depuis que le gouvernement a déclaré les deux départements « zones de guerre », les leaders traditionnels et les autorités administratives ont commencé à faire déplacer les villageois plus à l’intérieur du pays. Selon le préfet de Fouli, 20 000 personnes ont déjà fui les zones d’opérations militaires, et se trouvent actuellement en situation de déplacement à Diameron et ses environs.

Le préfet a appelé la communauté humanitaire à fournir une assistance d’urgence à ces personnes qui sont actuellement confrontées à une situation humanitaire alarmante, notamment en termes de besoins d'eau potable, de nourriture, de soins de santé et d’abris.
Des déplacements progressifs pourraient se produire dans les jours à venir de manière spontanée, et risquent d’avoir un impact sévère sur une province qui abrite déjà 169 000 déplacés internes, 13 000 réfugiés et 47 000 retournés tchadiens. En rappel, les activités humanitaires ont déjà été restreintes en raison de la pandémie de la COVID-19, en plus des restrictions de mouvement entre la capitale et les provinces.

Des interruptions des services de télécommunications ont été signalées dans de nombreuses zones de la province du Lac, notamment à Bol, Liwa, Daboua, Kiskawa, Kaiga Kindjiria, Kiskra, Ngouboua, Tchoukoutalia, Koulfoua et les îles. La perturbation du service rend la communication et le partage d'informations très difficile, constituant un autre défi à la coordination de la réponse.

Les partenaires humanitaires sur le terrain s’activent à travers les mécanismes de coordination des clusters et les partenaires de terrain, et conduisent des évaluations rapides des besoins, tout en travaillant sur la reprogrammation de certains projets comme mesures d’adaptation. Il est à craindre que les mesures d'urgence aient des implications sur les opérations des Nations Unies et les autres acteurs humanitaires, en particulier sur l'accès humanitaire. Les partenaires humanitaires de la province du Lac travaillent sans relâche avec les points focaux opérationnels et les autorités locales du département de Liwa afin de planifier et coordonner la réponse humanitaire à cette nouvelle phase de la crise.

Au cours de la réunion de coordination inter-cluster du 31 mars, des recommandations ont été faites à l'Equipe Humanitaire Pays, à savoir le renforcement des sous-clusters, à travers le déploiement de personnel dans la province du Lac, pour la réponse et autres situations d’urgence qui pourraient survenir en plus de la pandémie de la COVID-19.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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