Tchad : Impact de la crise nigériane dans la région du Lac Rapport de Situation n° 26 (25/08/2017)

Faits saillants

• La saison des pluies et la montée des eaux du Lac Tchad coïncident avec la fin de l’opération Rawan Kada de la Force Multinationale Mixte au Niger et au Nigéria.

• En juillet, des mouvements de population estimés à 5 000 personnes ont été rapportés en provenance des zones de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia.

• Deux vagues de déplacements en provenance du Niger ont été rapportées dans la zone de Baga Sola suite au retrait des militaires tchadiens du Niger, créant les deux nouveaux sites de Dar-el-Kheir et Dar-alAmin où se trouvent plus de 5 000 nouveaux arrivants.

• 192 incidents de protection et 151 cas de violences basées sur le genre ont été rapportés en juin.

• Seuls 26,3% des 121 millions de dollars requis en 2017 (31,8 millions de dollars américains reçus) pour la réponse à la crise dans la région du Lac au Tchad ont été couverts.

Aperçu de la situation

La saison des pluies et la montée des eaux du Lac Tchad coïncident avec la fin de l’opération Rawan Kada de la Force Multinationale Mixte au Niger et au Nigéria, commencée en février 2017 et achevée début juillet. Dans le contexte des opérations militaires, une dizaine d’incidents sécuritaires attribués à un groupe armé avaient été rapportés en mai et juin du côté du Tchad et avaient affecté la protection des civils. En juillet, la situation sécuritaire a bénéficié d’une relative accalmie, néanmoins de nouvelles attaques et incidents de protection pourraient être envisageables, notamment dans les zones d’où les militaires se retirent, pouvant créer des vides sécuritaires.

L’accès humanitaire reste limité dans les zones à l’ouest de l’axe Daboua - Kaiga Kindjiria – Tchoukoutalia – Ngouboua, et au sud de Baga Sola jusqu’à Kangalom, en allant vers les zones frontalières. Les zones insulaires restent des zones d’opération difficiles, du fait de contraintes d’accès sécuritaires et physiques. Une réponse partielle est en cours au sud de Bol, grâce au financement de 3,5 millions de dollars du Fonds Central d’Intervention d’Urgence (CERF), mais un renforcement de la sécurité est nécessaire afin d’élargir les interventions et le nombre d’acteurs opérationnels dans ces zones. Par ailleurs, les deux évaluations dans les zones insulaires de février 2017 (14 villages au sud de Bol) et juin 2017 (5 villages dans la sous-préfecture de Kangalom) ont permis d’identifier environ 51 000 personnes dans 19 villages, mais il est nécessaire d’approfondir la connaissance de la situation dans les zones insulaires afin de mettre en place une réponse adaptée aux vulnérabilités identifiées.

Le sentiment d’insécurité provoqué par des attaques attribuées à un groupe armé et les mouvements militaires ont entrainé de multiples déplacements de population. Ainsi, près de 5 000 personnes ont fui leurs villages autour de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia, créant les deux nouveaux sites de Kengua (canton de Kiskra, département de Fouli) et Kane Ngouboua (Diameron). A Kengua, 1 538 personnes dont 44% de femmes et 44% d’enfants ont été estimées, ayant fui leurs villages dans la zone de Tchoukoutalia (Kagrerom 1, Kagrerom 2, Wangui, Ngollom et Leletoua) en juin suite à l’attaque de Wangui du 27 mai 2017. Une évaluation multisectorielle a eu lieu le 12 juillet à Kengua et a identifié des vulnérabilités, particulièrement dans les secteurs de l’eau, de la sécurité alimentaire et des abris. Certains partenaires se sont déjà positionnés dans les domaines de l’eau, hygiène et assainissement (WASH), et de la santé. A Kane Ngouboua, environ 1 500 personnes seraient arrivées de la zone de Kaiga Kindjiria. Les vérifications et l’identification des vulnérabilités sont toujours en cours. Par ailleurs, l’ONG ACTED a signalé des mouvements d’environ 1 900 personnes en juillet sur sept sites sur l’axe Liwa-Daboua. Parmi elles, 1 600 personnes viennent de la zone de Kaiga Kindjiria, et plus de 300 sont venues du Niger par peur d’attaques par un groupe armé.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.