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Tchad: impact de la crise nigériane dans la région du Lac Rapport de situation n°10 (18/01/2016)

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Faits saillants

  • Le contexte de la région du Lac reste marqué par l’insecurité, avec cinq attaques rapportées depuis la fin de l’année 2015, dont certaines ont fait des victimes civiles : le 21 décembre à Iga près de Bol (deux morts), et le 27 décembre à Kolom à 35 km de Baga-Sola (3 morts).

  • Une mission conjointe (OCHA, UNICEF, HCR, OIM, UNDSS, Croix Rouge Tchadienne, Help Tchad) a eu lieu le 21 décembre sur l’axe MeliaBol sur un site spontané à 2 km de la localité de Mar, accueillant environ 3 000 déplacés en attente d’assistance.

  • En raison de la situation sécuritaire, de nombreuses activités humanitaires prévues en fin d’année ont dû être suspendues.

  • La réponse humanitaire devrait prochainement s’intensifier avec l’attribution, le 29 décembre 2015, d’une enveloppe de près de 7 millions de dollars par le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) pour l’assistance aux populations affectées de la région du Lac.

Aperçu de la situation

La région du Lac, toujours en situation d’état d’urgence, reste marquée par l’insécurité, avec plusieurs attaques suicides rapportées fin 2015. L’attaque la plus récente a eu lieu sur le Lac (entre les îles de Kaiga Ngouboua et Kangaria) le 1er janvier 2016 ciblant l’armée tchadienne. Le 31 décembre 2015, trois personnes armées ont attaqué l’île de Moussorom (à 40km sud de Bol) avant d’être capturées. Le 27 décembre une autre attaque a eu lieu dans la localité de Kolom (à 35 km au sud-est de Baga-Sola), faisant 3 morts. Le 22 décembre 2015, un groupe de trois femmes kamikazes s’est fait exploser à Koudouboul (à 6 km au sud-ouest de Bol). Parmi elles, deux sont mortes, et la troisième a été blessée. Un autre incident avait eu lieu le 21 décembre, lorsque des hommes armés ont attaqué le village d’Iga (à 8km à l’ouest de Bol), tuant deux personnes et blessant une fillette de 12 ans par balle.

Malgré ce contexte difficile, la communauté humanitaire poursuit ses activités de réponse, et tente d’étendre ses opérations dans des zones jusque-là non couvertes. Une mission d’évaluation conjointe (OCHA, UNICEF, HCR, OIM, UNDSS, CRT, Help Tchad) s’est ainsi rendue le 21 décembre sur un nouveau site spontané appelé « Dar-es-Salam IDP », situé sur l’axe Melia-Bol (à environ 2 km de la localité de Mar). Selon les résultats de la mission, 3 000 déplacés se trouvant sur place ont besoin d’assistance. Parmi eux, 85% ont fui l’insécurité dans les îles (Dalerom, Yirbou, Kaya, Lamindon, Koudo, Guilasa, Kaiga, Kourbiya), tandis que 35% sont des personnes vulnérables venant des villages avoisinants, qui se sont déplacées en espérant recevoir une assistance humanitaire. Ces personnes vivent dans des conditions précaires, dans une centaine de huttes construites en matériaux locaux. Leurs besoins prioritaires sont l’eau, les vivres, les articles ménagers essentiels, et les soins médicaux.

Le profilage des déplacés internes se poursuit dans les zones accessibles, il est estimé qu’environ 33% des 53 000 déplacés internes estimés ont encore besoin d’être enregistrés. A cela s’ajoutent quelque 16 000 nouveaux déplacés estimés à Tchoukoutalia. Initialement estimés à 20 000 personnes (Voir Sitrep n˚ 9), ils sont arrivés suite aux récentes opérations militaires dans la zone. Au 30 décembre 2015, quelque 36 157 personnes avaient été profilées par l’OIM (dans les zones de Baga-Sola, Bol, Daboua, Kangalom, et Liwa), ainsi que 15 000 retournés et 771 personnes d’autres nationalités. Sur 182 lieux de profilages prévus, OIM n’a pu en couvrir que 85, en raison du contexte sécuritaire.

L’accès humanitaire aux communautés affectées est toujours restreint par les contraintes sécuritaires, ce qui pèse sur la mise en œuvre de l’assistance. Par exemple, les activités de distributions générales de vivres du PAM prévues en décembre sur les sites de déplacés n’ont pas pu être pleinement réalisées, et seulement 34 048 des 72 444 bénéficiaires initialement ciblés ont pu être atteints (soit 47%). De même, la mission d’évaluation conjointe du 21 décembre susmentionnée a dû renoncer à se rendre à Koulkimé pour des raisons sécuritaires. Le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies (UNDSS) a recommandé la suspension des activités humanitaires sur l’axe Melia-Bol, craignant une infiltration d’hommes armés parmi les déplacés. Les escortes militaires sont désormais recommandées sur tous les axes, sauf Baga-Sola – Bol, une situation qui pourrait évoluer en cas de nouvel incident.

La réponse humanitaire devrait bientôt s’intensifier dans les zones accessibles grâce à une enveloppe de 7 millions de dollars attribuée par le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) le 29 décembre 2015 pour la réponse humanitaire dans la région du Lac. Cette assistance devrait bénéficier aux déplacés internes, aux réfugiés, et aux populations hôtes affectées par les conséquences des violences. Les neuf projets approuvés incluent une assistance en matière de sécurité alimentaire, nutrition, protection d’urgence, accès à la santé (y compris santé reproductive et soutien psychologique), et éducation. Ces projets seront mis en œuvre par les Agences des Nations Unies (UNICEF, UNHCR, PAM, UNFPA, OIM, FAO, OMS) et leurs partenaires.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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