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Tchad : Crise de déplacement au Sud du pays

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Note de plaidoyer en faveur d’une réponse coordonnée et inclusive en matière d’accueil des réfugiés et des retournés dans le sud du Tchad

Les déplacements de populations représentent une problématique essentielle au Sud, principalement en raison de l’insécurité croissante dans la République Centrafricaine voisine.

Les six derniers mois ont été marqués par l’arrivée de nouveaux réfugiés ainsi que de retournés tchadiens en provenance de la RCA : à la fin du mois de décembre 2020 et en janvier 2021, la province du Logone Oriental avait accueilli des réfugiés fuyant les affrontements entre groupes armés sur le territoire centrafricain. Le HCR et la Commission Nationale d’accueil de Réinsertion des Réfugiés (CNARR) en avaient enregistré 4 858 au 20 janvier 2021. A la mise à jour du 25 mai 2021, un total de 18 710 personnes avait été enregistrées par le HCR et la CNARR. Parmi ces personnes, 4 873 ont été installées au camp de Doholo et 1 004 au camp de Gondjé.

A partir du mois d’avril 2021, les offensives lancées par les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et leurs alliés contre les rebelles de la Coalition pour le changement (CPC) ont entraîné de nouvelles vagues de déplacement vers le Tchad. Au 30 mai 2021, 6 457 nouveaux retournés ont été enregistrés à Sido. A ce chiffre, s’ajoutent 709 personnes identifiées dans la province du Mandoul en mai 2021 et 5 042 personnes identifiées entre juin et juillet 2021, soit un total de 12 208 personnes.

Les provinces du Moyen Chari (à Sido) et du Mandoul ont cette fois accueilli les réfugiés mais aussi des retournés tchadiens de la RCA. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) y a enregistré 6 457 nouveaux retournés tchadiens au 30 mai 2021, restés temporairement près de la frontière à Sido, en attendant le retour au calme. Le 30 mai 2021, de nouveaux affrontements ont opposé les FACA à l’armée nationale tchadienne (ANT) au poste avancé de Sourou, dans le département des Monts de Lam (province du Logone Oriental), entraînant le déplacement de plus de 5 000 personnes des villages frontaliers vers les villes de Bitoye et Mbaibokoum. La voie diplomatique privilégiée par les deux pays a permis à la majorité de ces populations déplacées de regagner leurs villages.

Au cours des visites d’évaluation, le HCR a appris qu’environ 1 600 personnes qui habitent la frontière sont encore en déplacement, craignant une forte militarisation observée à la frontière de Sourou. En effet, un renforcement de la sécurité (augmentation des effectifs et du matériel militaire) a été observé au niveau de tous les postes frontaliers du coté tchadien afin de parer à toute éventualité semblable à celle de l’attaque de Sourou.

Ces nouvelles vagues de réfugiés et retournés exacerbent les vulnérabilités dans les provinces du Sud, en particulier pour les communautés hôtes. Depuis le début de l’année 2021, le Sud a totalisé 22 433 demandeurs d’asile au 1er juin 2021, concentrés dans les trois provinces du Logone Oriental, Moyen Chari et Mandoul. On note que ces provinces accueillent déjà plus de 91 276 anciens réfugiés et plus de 77.650 anciens retournés installés dans plusieurs camps, sites et villages d’accueil.

En dépit des différents défis en termes de prévention COVID 19 et des préoccupations liées à la sécurité, le Tchad a néanmoins généralement maintenu une politique de porte ouverte envers les réfugiés nouvellement arrivés.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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