Tchad Bulletin Humanitaire Numéro 06 | Juillet - Août 2018

Au sommaire

  • Malnutrition alarmante au Tchad P.1
  • Augmentation des cas à N’Djamena P.3
  • JMAH et protection des civils P.4
  • Assistance au retour des migrants P.5

FAITS SAILLANTS

  • Les conditions socioéconomiques précaires du Tchad entrainent une persistance de l’insécurité alimentaire et induisent des prévalences élevées de la malnutrition, surtout chez les enfants de moins de cinq ans.
  • La Journée Mondiale de l’aide humanitaire 2018 a été célébrée au Tchad sous le thème de la protection et la résilience.
  • L’OIM au Tchad met en œuvre, depuis janvier, un programme d’assistance au retour volontaire.

Une situation nutritionnelle alarmante

Une crise chronique au Tchad qui se détériore en 2018

La situation nutritionnelle s’est sensiblement détériorée en 2018. En effet, les conditions socio-économiques difficiles du Tchad contribuent à la persistance de l’insécurité alimentaire et induisent des prévalences élevées de la malnutrition, sous toutes ses formes, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. De plus, la production alimentaire du Tchad a été déficitaire à 2,1% en 2017, comparée à la moyenne des cinq dernières années et à 5% par rapport à la campagne précédente de 2016/2017. Cela a entrainé une situation de stress alimentaire dans plusieurs régions de la bande sahélienne. . Les résultats de l’enquête SMART de 2017 indiquaient déjà une dégradation de la situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans. Ces trois dernières années ont également fait face à une augmentation du nombre d’enfants souffrant de malnutrition aigüe.

Tenant compte de cette tendance, les estimations pour l’année 2018 indiquaient qu’environ 200 0001 enfants de moins de cinq ans souffriraient de malnutrition aigüe sévère (MAS) cette année. Plus de 600 000 cas de malnutrition aigüe modérée (MAM) étaient également attendus (dont plus de 400 000 enfants de moins de cinq ans). Enfin, le plan de réponse humanitaire initial de 2018 indiquait que plus de 900 000 autres personnes présentaient un risque de malnutrition, principalement parmi les enfants âgés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes et allaitantes.

Aujourd’hui, la situation nutritionnelle s’est détérioré pendant la période de soudure, et le nombre estimé de personnes touchées a été revu à la hausse. Ainsi, parmi la population dans le besoin, l’on estime que plus de 360 0002 enfants de moins de cinq ans souffrent de MAS et plus de 550 000 autres du même âge souffrent de MAM. De plus, environ 200 000 femmes enceintes et allaitantes ainsi que plus de 950 000 enfants âgés entre six et 23 mois sont particulièrement exposés au risque de malnutrition. Au total, plus de 2 millions de personnes courent un risque lié à la malnutrition.

Parmi toutes ces personnes, plus de 760 000 personnes ont été ciblées par le cluster nutrition pour recevoir une réponse adéquate parmi lesquelles près de 270 000 enfants malnutris sévères et environ 310 000 autres souffrant de la MAM. Le nombre de cas de malnutrition admis dans les structures de prise en charge en 2018 a dépassé de loin ceux de l’année dernière, selon les données du cluster Nutrition. A la fin avril, avant le début de la période de soudure, huit provinces (Batha, Barh-El-Gazal, Guéra, Kanem, Lac, Ouaddaï, Sila et N’Djamena) avaient déjà enregistré plus de 72 000 cas de MAS, une augmentation comparée aux 57 000 enregistrés en 2017 à la même période (soit un dépassement de 27%). En mai, la situation s’est enflammée.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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