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Tchad Bulletin Humanitaire Numéro 04 | Avril 2018

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Situation Report
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Au sommaire

Nouvelles dynamiques au Sud P.1
Défis de protection au Lac P.3
Retour des réfugiés tchadiens du Soudan P.4

Faits saillants

  • Au sud du Tchad environ 27 000 nouveaux réfugiés centrafricains sont arrivés dans les régions du Logone Oriental et du Mandoul depuis le 26 décembre 2017.
  • Plus de 500 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés dans la région du Lac depuis le début de l’année.
  • Depuis le 18 décembre 2017, près de 4 000 ex-réfugiés tchadiens au Soudan ont regagné leurs zones d’origine dans la région du Sila au Tchad.

Nouvelles dynamiques au sud du Tchad

Environ 27 000 nouveaux réfugiés centrafricains dans le pays

Depuis le 26 décembre 2017, suite à des affrontements entre groupes armés au nord de Paoua en République Centrafricaine (RCA), suivis d’exactions commises sur la population civile, des afflux de réfugiés centrafricains ont été enregistrés au sud du Tchad. Environ 27 000 nouveaux réfugiés ont été enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) et la Commission d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNARR). Environ 7 000 d’entre eux ont été installés dans les camps de Doholo,

Dosseye, Amboko et Gondje et les autres installés dans 44 villages d’accueil sur les axes de Kaba Rouangar, Békan, Oudoumian (Logone Oriental) et dans des villages à Moissala (Mandoul), ceci avec le soutien des autorités. Même si les afflux ont ralenti, la situation sécuritaire en RCA demeure instable et un risque de nouveaux afflux est toujours envisageable.

Cet afflux est le plus important depuis 2014 et a engendré de nouveaux besoins additionnels pour lesquels les organisations humanitaires se sont rapidement mobilisées pour fournir une aide vitale. Plus de 4 000 abris d’urgence ont été construits à Dosseye et Doholo ainsi que dans les quatre zones de relocalisation (Moïssala, Bekan, Bessao et Yamodo). En plus de cela, 30 forages et 584 latrines ont été réalisés dans les camps et les villages hôtes. Plus de 4 000 consultations ont été réalisées via les cliniques mobiles et 58 malades référés à l’Hôpital de Goré. Près de 2 200 personnes à besoins spécifiques y compris des enfants non accompagnés ou enfants séparés ont été enregistrés dans la base de données du HCR. Plus de 200 hectares de terres ont été octroyés aux réfugiés de Doholo par les autorités pour mener des activités agricoles.

Lors d’une visite d’ECHO, effectuée du 12 au 14 mars dans le département de la Nya Pendé (région du Logone Oriental), le Préfet a signalé des inquiétudes en rapport avec la nécessité de désenclaver certains villages hôtes tout en insistant sur l’importance d’y construire une adduction d’eau potable.
Il a aussi rappelé que « les ressources naturelles dont dépendent les populations autochtones sont sévèrement affectées par l’afflux de nouveaux réfugiés et qu’il est nécessaire de converger les efforts pour y trouver une solution idoine ».

Cette nouvelle crise survient dans un contexte où 77 000 réfugiés et 43 000 retournés tchadiens vivent déjà dans des conditions précaires dans le sud du Tchad.

Plus de ressources sont nécessaires pour soutenir les nouveaux arrivants mais également les communautés hôtes, qui ont partagé leurs ressources et risquent de faire face à l’insécurité alimentaire vue que leurs réserves alimentaires commencent déjà à s’épuiser.

Près de 7 millions de dollars américains alloués par le CERF Pour contribuer à alléger rapidement la souffrance des personnes vulnérables du Sud, le Fonds central d’interventions d’urgence (CERF) a alloué le 29 mars, une enveloppe de 6,8 millions de dollars. Ces fonds ont permis d'apporter une aide humanitaire multisectorielle vitale à 45 000 personnes dans le besoin, dont les réfugiés nouvellement arrivés de la RCA ainsi qu’à leurs communautés d'accueil.

Huit projets ont bénéficié de ce financement du CERF en aidant à fournir une assistance multisectorielle aux réfugiés (environ 32% des fonds), apporter une réponse en sécurité alimentaire et en moyens de subsistance (30%), en santé (10%), en nutrition (8%), en protection (7%), en eau et assainissement (6%) et en éducation (2%) à plus de 20 000 réfugiés et 25 000 personnes parmi les communautés hôtes vulnérables. Le service aérien humanitaire (UNHAS) a également bénéficié de trois pour cent des fonds pour maintenir l'accès humanitaire et soutenir les opérations au sud du Tchad.

Ces différents projets seront mis en oeuvre par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles travailleront avec des partenaires d'exécution parmi les ONG et les services de l'Etat pour réaliser les différents projets pendant les six prochains mois.

Cependant, il faut relever que les fonds CERF soutiennent uniquement les interventions permettant de sauver des vies, pendant un laps de temps, en faveur des personnes affectées par une situation de vulnérabilité extrême. Pour des interventions sur le moyen et le long terme, il faut plus d’engagement de la part des bailleurs et des partenaires de développement.

Quelques défis à relever pour la mise en place de solutions durables Il est important de rappeler que les retournés de la RCA vivant dans le site de Djako et à Sido, à l’instar de ceux vivant dans les villages d’accueil, n’ont pas bénéficié de cette assistance. Il est urgent de rechercher d’autres solutions en faveur de toutes les personnes affectées et ceci dans la durabilité.

L’autre difficulté qui freine l’émergence de solutions durables est l’absence d’opportunités économiques pour les populations locales dans les villages hôtes ou vivant proches des sites, et qui ont partagé leurs maigres ressources avec les réfugiés et retournés. L’accès limité pour les retournés et réfugiés aux ressources notamment la terre ne favorise pas non plus la mise en place de solutions durables. La faible autosuffisance de ces personnes augmente leur vulnérabilité et le risque de dépendance à l’assistance.

La problématique liée à l’accès, notamment pendant la saison des pluies, la dégradation des routes dans plusieurs localités ainsi que les ponts endommagés et en cours de réhabilitation sont des facteurs qui impactent la mise en place de solutions durables pour les réfugiés et les retournés.

Comme le relève Mme Susanne Mallaun, chef d’unité Afrique du Nord, Occidentale et Centrale d’ECHO lors de sa visite de mars, « il est important d’établir dès cette phase d’urgence, une bonne connexion entre la réponse d’urgence et les actions à plus long terme de l’assistance. Il importe de privilégier toutes les actions qui encourageraient la cohabitation pacifique entre réfugiés et autochtones. L’Union Européenne reste très sensible à cette situation. »

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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