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Tchad : Analyse IPC de la malnutrition aiguë (octobre - septembre 2021) | Publié en décembre 2021

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Facteurs déterminants de la MAG IPC Phase 3 & 4 Apport alimentaire inadéquat
Faible diversité alimentaire et régime alimentaire minimum acceptable inadéquate ; insécurité alimentaire aigue.
Faible accessibilité aux services de santé de qualité
Faible couverture vaccinale contre la rougeole et la supplémentation en vitamine A ; mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement et faible couverture d’accès à l’eau potable.
Insécurité et conflit
Situation sécuritaire instable et précaire (insécurité résiduelle et conflits intercommunautaires).

Vue d’ensemble

Quel niveau de sévérité, combien et quand : Au total 57 unités ont été analysées, dont cinq provinces et 52 départements. Entre octobre et décembre 2021, période de l’analyse durant laquelle on estime une légère baisse des cas de malnutrition aigüe par rapport à la dernière analyse IPC pour la même période en 2020, on constate que deux provinces et 16 départements ont été classés en situation Sérieuse (IPC Phase 3) et deux provinces et 11 départements classés en situation Critique (IPC Phase 4). Au total, il est estimé que 1 668 150 enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de malnutrition aiguë durant l’année 2022 parmi lesquels 334 649 cas sévère dans les zones analysées. Au cours de la première période de projection, entre janvier et mai 2022, la situation nutritionnelle ne s’améliorera pas. Même si les disponibilités alimentaires restent acceptables dans la plupart des provinces, plusieurs facteurs non liés à la sécurité alimentaire continuent d’agir comme des moteurs de la malnutrition aiguë. Ainsi, trois provinces et 17 départements seront en situation Sérieuse (IPC Phase 3) et deux provinces et 12 départements en situation Critique (IPC Phase 4). Pour la période allant de juin à septembre 2022, qui correspond à la période de pic des cas de malnutrition, deux provinces et 17 départements seront en situation Sérieuse et trois provinces et 12 départements en situation Critique. Afin d’atténuer les conséquences de cette situation nutritionnelle critique, des actions urgentes et coordonnées s’avèrent nécessaires.

: Pour la situation actuelle, sur les cinq provinces analysées à l’échelle provinciales, deux provinces (Sila, Tibesti) sont classées en situation Sérieuse (IPC Phase 3), deux provinces (Salamat, Wadi-Fira) en situation Critique (IPC Phase 4), et une province (Lac) en situation d’Alerte (IPC Phase 2). Sur les 52 départements analysées, 16 sont en situation Serieuse (Am-Djarass, Nord Kanem, Ouara, Loug Chari, Baguirmi, Abtouyour, Mangalme, Borkou, Borkou Yala, N’Djamena , Dababa, Dagana, La Kabbia, Mont Illi, Mayo Boneye et Mayo Lemye) et 11 départements en situation Critique (Wadi Hawar, Mourtcha, Fada, Wadi Bissam, Kanem, Barh-El-Gazal Ouest, Barh-El-Gazal Sud, Haraze Al Biar, Fittri, Batha Est et Batha Ouest), 22 départements (Chari, Lac Wey, Dodje, Gueni, Ngourkosso, Abdi, Asssoungha, Kouh Ouest, Kouh Est, La Nya Pendé, Monts de Lam, La Nya, La Pendé, La Grande Sido, Bahr Koh, Lac Iro, Mayo Dallah, Lac Leré, Mayo Binder, Tandjilé Centre, Tandjilé Ouest, Tandjilé Est) en situation d’Alerte (IPC Phase 2) et trois départements (Mandoul Occidental, Mandoul Oriental, Barh Sara) en situation Acceptable (IPC Phase 1). Près de la moitié des enfants de moins de 5 ans (47%) résident dans ces provinces et départements en situation nutritionnelle Sérieuse à Critique (IPC Phase 3-4). La situation nutritionnelle va connaitre une stagnation entre janvier et mai 2022 dans la majorité des provinces et des départements. Par ailleurs, on s’attend à une détérioration marquée de la situation nutritionnelle entre juin et septembre 2021 qui coïncide avec la période de pic des cas de malnutrition aigüe. La sévérité de la situation nutritionnelle est similaire à celle observé en 2020 excepté la légère amélioration de la situation nutritionnelle dans la province du Lac.

Pourquoi : Cette situation nutritionnelle précaire a pour corollaire, la combinaison de plusieurs facteurs aggravants, tels que l’apport alimentaire inadéquat, les mauvaises pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, les prévalences élevées des maladies infantiles (paludisme, diarrhée, IRA) avec une augmentation de la fréquence des épidémies de rougeole (Ouaddai, Chari-Baguirmi, Guera, Borkou, N’Djamena, Mayo Kebi Est, Sila, Salamat, Wadi-Fira), la faible couverture vaccinale contre la rougeole, la faible couverture en supplémentation en vitamine A, les mauvaises conditions d’hygiène (inaccessibilité à des installations d’assainissement adéquate), la faible couverture d’accès à l’eau potable, la faible couverture des interventions nutritionnelles et sanitaires, les effets néfastes des conflits agriculteurs-éleveurs, les effets de la situation sécuritaire délétère avec les mesures restrictives et l’insécurité alimentaire aigue dans certaines provinces, et les conséquences du changement climatique (inondation, sécheresse, mauvaise répartition pluviométrique).