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Rapport narratif annuel des activités de prise en charge des victimes des VBG - 2016

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1. Introduction

Au cours de l’année 2016 qui s'est achevée 476 cas de violences basées sur le genre ont été notifiés dont 85 survivantes sont des réfugiées, 355 personnes déplacées internes et 36 personnes de la population hôte dans les départements de Fouli et Kaya (Région du Lac). Et 138 cas de VBG à Sido (département de la Grande Sido).

2. Les prises en charge

Au Lac, les partenaires intervenant dans les activités des VBG, à travers le système de référence établi dans le cadre du Groupe de Travail sur les Violences Basées sur le Genre (GT-VBG), ont offert aux survivantes/victimes plusieurs services notamment: 334 appuis psychosociaux, 108 prises en charge médical, 33 ayant reçu une assistance sécuritaire et 35 assistance juridique.

A sido, 138 survivantes ont reçu l’appui psychosocial, 26 la prise en charge médical, 20 assistance sécuritaire et 19 assistance juridique.

Ces cas ne sont pas exhaustifs. Ils ne mentionnent que les cas déclarés sachant pertinemment qu’un grand nombre de survivantes ne sont pas rapportés au vu des conditions socioculturelles. La réponse multisectorielle complète aux VBG reste pour l’heure limitée du fait de l’insuffisance des ressources allouées et aussi de la faible capacité de prestation de services.

a) La prise en charge (PEC) médicale

La prise en charge médicale des survivantes reste encore très faible malgré le nombre des acteurs intervenant dans le domaine (UNFPA, IMC, MSF, IRC, CARE et le ministère de la santé). En effet, seules 108 (Lac) et 26 (Sido) survivantes ont été prises en charge. Cette disparité peut s'expliquer par : i) le manque de service dans certains sites du Lac (les sites sur l’axe Liwa et Daboua qui n’ont pas de postes de santé, l’offre de soins se fait à travers les cliniques mobiles temporaires. ii) l’inaccessibilité pour de raisons sécuritaires ou pluviométrique dans certaines localités du Lac; iii) la culture du silence des victimes ; iii) le coût des consultations qui sont financièrement inaccessibles pour les survivantes dans les centres de santé étatique au vu des vulnérabilités préexistantes. Ici, même s'il faut reconnaître que l'État a proclamé la gratuité des soins au Tchad, la réalité sur le terrain pose effectivement problème. Les kits 3 (pour la prise en charge clinique des cas de viol) et les ARV connaissent des ruptures fréquentes faute de non maitrise de la consommation afin de passer la commande en temps réel. Il faut également relever comme élément affectant la PEC médicale, le manque de formation des prestataires sur la gestion clinique du VBG (une seule formation a été organisée par UNFPA en novembre 2015, seule 17 prestataire de soin ont pris part). Il faut aussi signaler que certaines survivantes de viol viennent après les délais requis (72h après).