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Rapport de l’évaluation multisectorielle sur les sites de Kaya et Yakoua - Juin 2019

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2. Résumé et actions prioritaires

La position des forces de sécurité de Fitiné, localité située dans les zones insulaires au Sud de Bol, a été la cible d’attaque d’un groupe armé non étatique dans la nuit du 04-05 mai 2019. Il a été enregistré deux morts dont un du côté des belligérants mais aussi un civil tué et un autre grièvement blessé. C’est la 2ème attaque du groupe armé BH à Fitiné après celle au début de la crise en 2015 qui a créé de vagues de mouvements vers la terre ferme notamment sur les sites de Kaya et Yakoua.

Ayant vécu déjà ces incidents et par crainte d’être à nouveau attaquée suite aux vides sécuritaires, une bonne partie de la population a entrepris un mouvement le 6 mai. Parmi eux, certains sont allés dans de villages insulaires disposant d’une présence importante des FDS comme à Kinasserom ou à Guité dans la Province voisine d’Hadjer Lamis. D’autres sont arrivés à bord de pirogues sur 2 sites proches de Bol sur les terres fermes : Kaya, Yakoua.

Après l’alerte de ces mouvements, deux descentes d’évaluations préliminaires ont été conduite par UNICEF et OMS en date du 08 mai et l’UNHCR accompagné par la CNARR et CRT le 11 mai. Ces missions ont confirmé l’alerte de nouveaux afflux de populations venant de Fitiné avec quelques différences au niveau des estimations de personnes en déplacement.

L’Inter clusters provincial du 14 mai a décidé de mener une évaluation multisectorielle qui a été effective le 18 juin. L’objectif global était de mettre à jour l’estimation du nombre de déplacés et de leur niveau de vulnérabilité.

Initialement, cette évaluation concernait 3 sites, mais arrivée sur le terrain, l’équipe a constaté que le site de Koudouboul n’est qu’un quartier de Yakoua séparé par une piste. Ainsi, lors des différents focus groupes, les participants de Koudouboul étaient présents. Au cours de la présente évaluation multisectorielle, l’estimation des déplacés sur les deux sites a été faite. Elle s’élève à environ 2 700 personnes dont 1 500 à Kaya et 1 200 à Yakoua y compris Koudouboul. Malgré le renforcement de mesures sécuritaires, les personnes hésitent à y retourner.

Les nouveaux déplacés sont arrivés sur les deux sites par vague juste après l’attaque du 4-5 mai. Ils habitent dans des abris nouvellement construits en matériaux temporaires ou encore à l’air libre. Dans l’ensemble des sites évalués, les conditions de vie sont rudes et très difficiles. Les habitats construits temporairement sont précaires. Une hutte abrite 4 à 5 personnes.

Sur le plan alimentaire, les populations nouvellement installées ont été assistées en nourriture par les anciens IDPs, avec lesquels ils appartiennent au même groupe ethnico linguistique. Les anciens IDPs sont pris en charge dans les activités de Cash Voucher et Blanket Feedings(BF) de PAM à travers l’ONG nationale SECADEV. Les nouveaux IDPs n’ont reçu aucune assistance depuis leur arrivée sur les sites. Ils bénéficient de la faveur des anciens IDPs pour l’utilisation des ustensiles de cuisine.

En Santé/Nutrition, les deux sites sont sous la responsabilité du Centre de Santé de Sawa situé à environ 12 Km mais les populations préfèrent se rendre à l’hôpital de Bol pour deux principales raisons : disponibilité des produits, facilité d’échanges commerciaux. Le PAM appuie ce CS en intrants nutritionnels pour la prévention et la prise en charge de la Malnutrition Aiguê Modérée (MAM). Dans l’exercice de dépistage réalisé au cours de l’enquête sur un échantillon aléatoire de 68 enfants de 6 à 59 ans à travers la MUAC, il résulte 10% de Malnutrition Aiguë Sévère (MAS), 26% de MAM. Ce qui nécessite une enquête approfondie sur les cas de malnutrition sur ces deux sites. Les cas de paludisme sont récurrents pendant toute la période de l’année.

En éducation, les enfants sont arrivées sur les sites au moment où les écoles ont fini les examens. Ils ont raté les examens de fin d’année. Par conséquent, ils sont à la maison. Ils sont utilisés pour des travaux domestiques tels que la recherche de l’eau, lavage des ustensiles ou encore aller chercher quelques produits à domicile des commerçants. Ils seraient importants d’organiser un examen de rattrapage pour eux.

Les ménages s’approvisionnent en eau de boisson à partir du Lac ; ce qui les expose à différentes maladies hydriques telles que la diarrhée, la typhoïde, maladies cutanées etc.

En bref, la situation des nouveaux déplacés n’est guère reluisante. Leurs conditions de vie sont précaires avec des insuffisances en vivres, en abris et articles ménagers essentiels. Les deux sites évalués sont par conséquent prioritaires et demandent une assistance multisectorielle d’urgence aux nouveaux déplacés.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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