Chad

Privées de logement, de justice, de dignité les victimes d’expulsions forcées au Tchad

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Plus de trois ans après la première vague d’expulsions forcées et de démolitions d’habitations qu’a connue N’Djamena, la capitale tchadienne, les victimes qui ont perdu leur logement et leur moyen de subsistance continuent d’être privées de justice. Ils sont des dizaines de milliers à avoir été expulsés de chez eux en dehors de toute procédure légale, sans avoir été consultés ni avertis selon des modalités satisfaisantes. Aucune solution de relogement ni dédommagement ne leur a été proposé. Très rares sont les familles qui ont été indemnisées du préjudice qu’elles ont subi. Quelques victimes ont intenté une affaire contre les autorités et ont gagné leur procès, mais les décisions de justice n’ont été que rarement appliquées.

Les autorités tchadiennes continuent de mener des expulsions forcées dans toute la ville, sans respecter les normes régionales et internationales en matière de droits humains sur ces pratiques.
Dans la capitale, plusieurs milliers de personnes se sont déjà retrouvées sans domicile et sans emploi après avoir été expulsées. Les expulsions se poursuivaient fin mars 2011, et un nombre toujours croissant de personnes risquaient de perdre leur foyer.

Les pouvoirs publics ont commencé à expulser de force des habitants de N’Djamena en février 2008, alors que l’état d’urgence avait été décrété après que la capitale eut été attaquée par des groupes d’opposition armés. Depuis, les autorités municipales et nationales ont continué de démolir des logements et des commerces, arguant que ces nouvelles vagues d’expulsions s’inscrivent dans un projet de réaménagement de la ville.

Les personnes expulsées et les organisations locales et internationales de défense des droits humains ont demandé au gouvernement tchadien de mettre fin à ces pratiques et de veiller à ce que les victimes aient accès à la justice et soient notamment indemnisées. Cependant, nombre des personnes expulsées vivent aujourd’hui dans des conditions déplorables à N’Djamena, ou ont été contraintes de retourner dans leur village d’origine.

Dans quelques cas, des représentants des autorités nationales et municipales ont reconnu que certaines habitations avaient été détruites par erreur et déclaré qu’une solution serait trouvée, les personnes lésées étant par exemple susceptibles d’être relogées. À la fin du mois de mars 2011, aucune mesure de ce type n’avait été annoncée par le gouvernement.