Participation communautaire dans la gestion de l'eau dans les camps de l'est du Tchad

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 20 Oct 2016

Abéché – L’une des priorités adressée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le HCR, depuis l’installation des Soudanais ayant le conflit dans leur pays dans l’Est du Tchad, a été d’assurer un accès adéquat à l’eau potable.

La pression sur les ressources hydriques après plus de dix ans, la réduction des coûts d’investissement dans la construction de nouveaux ouvrages couplées à la perspective d’une présence prolongée des réfugiés au Tchad, ont montré la nécessité de la mise en place d’une gestion rationnelle des ressources en eau existantes afin de garantir un accès durable.

A cet effet, le HCR et les différents acteurs du secteur de l’eau, hygiène et assainissement (WASH – Water, Sanitation and hygiene) ont défini une stratégie dite de gestion rationnelle en 2014, incluant, d’une part, la consolidation/amélioration des systèmes d’approvisionnement existants et, d’autre part, une implication plus grande des réfugiés dans la gestion quotidienne des ressources en eau. La prise en compte des politiques nationales en matière de gestion des ressources en eau ainsi que l’implication des différents acteurs WASH seront un tremplin.

Dans le souci d’évaluer la mise en oeuvre de cette stratégie, la section WASH du HCR a organisé un atelier de réflexion à Abéché du 11 au 12 octobre 2016 avec la participation des acteurs du secteur et des réfugiés. Après les discours de bienvenues et la présentation des différents participants, différentes présentations ont été faites tout au long des échanges qui ont eu lieu.

Au cours de la première journée, après un rappel de la stratégie globale WASH du Tchad 2016-2018, la stratégie gestion rationnelle a été de nouveau présentée aux participants, mettant l’accent sur les responsabilités des uns et des autres. Partant de cette présentation, les réfugiés ont partagé avec l’assistance, l’état d’avancement de la mise en oeuvre de la stratégie dans leur camp, ressortant aussi les difficultés rencontrées, et les propositions de solutions.

Les difficultés rencontrées dans chaque camp, ainsi que les solutions proposées, ont été l’objet d’échanges entre les participants afin de partager les leçons apprises d’autres camps tels que Goz Amir et les camps du Sud du Tchad, où le système est opérationnel depuis plusieurs années.

La seconde journée, a été marquée par la présentation du représentant du Délégué Régional de l’Eau et de l’Assainissement du Ouaddaï, sur le thème de la « Politique Nationale en matière de gestion de l’eau : Cadre juridique des artisans réparateurs, reconnaissance des CGPE ». Cette présentation a permis de renforcer les actions prévues dans le cadre de cette stratégie, s’inscrivant dans la droite ligne des exigences gouvernementales.

Cette deuxième journée a été aussi l’occasion pour les réfugiés, repartis par sous-délégation avec l’appui des partenaires de mise en oeuvre et du HCR, de travailler sur un chronogramme précis pour la mise en oeuvre de la stratégie par camp avec un point focal pour chacune des actions prévues. Une évaluation mensuelle (entre le HCR et le partenaire de mise en oeuvre) ainsi qu’un atelier de révision en mars 2017, ont été planifiés afin de suivre l’exécution des chronogrammes proposés et apporter les solutions aux obstacles potentiels.

Trois points clés sont à retenir des échanges avec les réfugiés, les partenaires de mise en oeuvre ainsi que les autres sections du HCR (Protection, Programme, Field) :

  1. La mise en place de la gestion rationnelle de l’eau, au-delà des impératifs budgétaires, répond au respect des instructions du gouvernementales et permet d’assurer la pérennité de l’accès à l’eau potable. Ce processus s’inscrit aussi dans le souci d’autonomisation des réfugiés.

‒ A ce titre, la mise en place de la gestion sociale de l’eau, ne saurait être assujettie à aucun préalable initial avant son effectivité. ‒ Les efforts seront donc faits, au-delà des difficultés potentielles pour y aboutir.

  1. Une analyse par camp des différents défis et difficultés pouvant se poser a été faite.
    Des solutions spécifiques ont été proposées à chacun des problèmes posés, en se basant soit sur les mécanismes existants déjà ou à mettre en place au niveau du camp, ou sur d’autres expériences telles que celles du camp de Goz Amir.

a. les réfugiés se sont engagés à :

‒ Renforcer la sensibilisation auprès des personnes encore hésitantes ou opposées

‒ Mettre en place les comités de gestion de points d’eau ou redynamiser ceux existants

‒ Mettre en place la caisse à eau au plus tard en juin 2017 et assurer l’effectivité de son fonctionnement. Le chronogramme établi par camp fournit un calendrier précis pour chacune des actions à prendre avec une personne ressource, responsable de son exécution ou garant de sa mise en oeuvre.

b. Cependant, ils demandent au HCR et au partenaire de mise en oeuvre de :

  1. En lien avec le HCR et le partenaire de mise en oeuvre ;

‒ Les accompagner dans la sensibilisation

‒ Assurer la réhabilitation/maintenance des infrastructures existantes

‒ Voir la possibilité de fournir un fond de départ aux caisses.

A la fin de cet atelier, les réfugiés sont repartis « armés » afin de poursuivre la sensibilisation de leurs compères et remettre sur les rails la mise en oeuvre de la stratégie de gestion rationnelle de l’eau. La section WASH du HCR ressort de cet atelier avec une feuille de route précise par camp, qui permettra d’assurer un meilleur suivi et d’apporter le soutien nécessaire tant aux réfugiés qu’aux partenaires.