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Mère et Enfant : Bulletin d'information de l'UNICEF Chad - avril 2015

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PROTECTION
MARIAGE DES ENFANTS
ENGAGEMENT AU PLUS HAUT SOMMET DE L’ETAT
LE TCHAD S’ENGAGE POUR ZERO CAS DE MARIAGE DES ENFANTS D’ICI 2020

C’est à travers une cérémonie organisée dans la matinée du 14 Mars dernier au palais du 15 janvier que la Première Dame Hinda Deby Itno, Présidente de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour la riposte au VIH (OPDAS) a lancé officiellement la campagne nationale « mettre fin au mariage des enfants. Cette campagne a été placée sous le thème « Tous ensemble mettons fin au mariage des enfants » en présence du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence M. Idriss Deby ITNO et du Chef du Gouvernement, Son Excellence M. Kalzeubé Payimi DEUBET et les partenaires du Système des Nations Unies. Le Chef de l’Etat a opté pour 0 mariage des enfants d’ici 2020. Il a aussi saisi cette occasion pour signer une loi interdisant le mariage des enfants et fixant ainsi l’âge officiel à 18 ans. La nouvelle loi punit d’un emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende allant de 500.000 F CFA à 5 millions F CFA, toute personne, toute autorité civile, religieuse ou traditionnelle qui contraint, par quelque moyen que ce soit, un mineur au mariage.

Le mariage des enfants est une violation des droits de l’homme pour les filles aussi bien que les garçons, mais il constitue la forme la plus répandue de maltraitance sexuelle et d’exploitation des filles. La séparation avec la famille et les amis, l’exclusion sociale et communautaire et la restriction des possibilités d’éducation figurent parmi les conséquences négatives de ces mariages. Le mariage des enfants peut également conduire au travail sous contrainte et à l’esclavage, à l’exploitation sexuelle à des fins commerciales et à la violence. Parce qu’elles ne peuvent refuser d’avoir des relations sexuelles ou exiger l’utilisation de préservatifs, les jeunes filles mariées courent souvent de graves risques sur le plan de la santé, comme des grossesses précoces, des infections sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA.

Au Tchad,selon la synthèse de l’enquête réalisée dans le Mandoul, le Ouaddai et la Tandjilé sur le mariage des enfants, 2 filles sur 3 sont mariées avant l’âge de 18 ans, soit 68% des enfants de ces régions-là. Le phénomène est profondément ancré dans les traditions et les mœurs de nombreuses familles et communautés. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer l’enracinement de ce phénomène dans la société tchadienne, les pesanteurs socioculturelles, la pauvreté, les conflits et les inégalités basées sur le genre en constituent les causes principales. Lors de la cérémonie, trois filles mariées très jeunes ont témoigné à visage découvert : Deux d’entre elles ont été victimes de fistule obstétricale suite à l’accouchement et la troisième s’est retrouvée porteuse du VIH. Face à ces témoignages, la Première Dame du Tchad d’interpeller : « Il est établi que l’émancipation qui permet aux jeunes filles de réaliser tout leur potentiel, est bénéfique pour les familles, les collectivités et le pays tout entier.

Malheureusement, nous relevons qu’en dépit des progrès réalisés pour les protéger et assurer leur bien-être, les jeunes filles continuent d’être privées de leurs droits à une éducation et à des soins de santé de qualité. Elles courent même le risque de souffrir de malnutrition et d’être victimes de violence. Pendant cette cérémonie, tour à tour les grandes institutions de la République, les acteurs de la société civile, les leaders religieux ont clamé haut et fort leur engagement pour mettre fin au mariage des enfants.

Le Gouvernement du Tchad, à travers le Ministre de l’Information et de la Communication,
Porte-Parole du Gouvernement, s’est engagé à intensifier l’éducation des citoyens au respect des nouvelles mesures en rapport avec l’interdiction du mariage des enfants, adoptés par le Conseil des Ministres du 12 mars 2015. Le Président de l’Assemblée Nationale, s’est engagé à adopter et faire appliquer des lois réprimant le mariage des enfants, à favoriser la scolarisation des filles au primaire et au-delà. Quant aux autorités traditionnelles et coutumières du Tchad elles se sont engagés à mener des actions et plaidoyer auprès des décideurs politiques et de l’Assemblée Nationale pour l’adoption et l’application des lois réprimant les violences basées sur le genre, notamment le mariage des enfants.

Les Organisations de la Société Civile se sont engagées à organiser des rencontres communautaires et à utiliser les fêtes traditionnelles et autres circonstances pour sensibiliser les populations contre le mariage des enfants et s’impliquer dans les activités de programmes et projets visant l’éradication du mariage des enfants. Les leaders religieux musulmans et chrétiens à leur tour, se sont engagés à organiser des activités de communication (prêches, sermons, prières, campagne d’information et de sensibilisation) afin de sensibiliser les fidèles dans leurs communautés afin que l’avenir des enfants du Tchad ne soit mis en danger par des mariages précoces aux conséquences terribles pour le pays. Suite aux divers engagements, le Président de la République du Tchad, Idriss Deby Itno a invité les acteurs à prendre leurs responsabilités: « Nous devons tous nous engager ici : pères de famille, leaders d’opinion, religieux, hommes politiques, membres de la société civile ; il ne suffit pas de dire simplement que nous nous engageons, il faut d’abord être convaincu de la nécessité de s’engager dans cette lutte.» Le Président de la République de poursuivre : « les nations doivent s’activer à éradiquer cette pratique d’ici 2020. L’Union Africaine parlait d’atteindre cet objectif en 2063.

Mais entretemps, combien de générations aurons-nous sacrifié ? Je dis non, le Tchad doit atteindre cet objectif avant 2020 et conformément à tous nos engagements internationaux, sous régionaux, et régionaux. ». Lançant officiellement la campagne nationale contre le mariage des enfants, la Première Dame, Mme Hinda Deby Itno et actuelle Présidente de l’OPDAS (Organisation des Premières Dames d’Afrique contre le Sida) a salué la présence du Président de la République qui a œuvré sans relâche pour l’éradication du mariage des enfants au Tchad. Selon elle, il faut une mobilisation à différents niveaux. Mme Hinda Deby Itno propose qu’un accent particulier soit mis sur l’éducation et aussi sur l’application de la loi afin d’amener les communautés à changer de comportement. Cela passe nécessairement par la mobilisation des parents et une campagne soutenue d’information et de sensibilisation à l’endroit des filles elles-mêmes.

Elle a déclaré : «Nous battre contre les pratiques rétrogrades et dégradantes, créer un environnement propice qui encourage le changement des mentalités, travailler avec les filles pour qu’elles puissent développer des projets de vie en accord avec leur propre désir. C’est ainsi que nous pourrons opérer un changement de comportement durable et à grande échelle », a insisté Mme Hinda Déby ITNO.