La situation humanitaire est préoccupante, selon Thomas Gurtner

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from UN Radio
Published on 15 Sep 2011 View Original

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Forte inquiétude sur la sécurité alimentaire, épidémie de cholera et de polio, réintégration des Tchadiens rapatriés de Libye, ce sont là certains des défis auxquels font face les humanitaires à N’Djamena. Le Tchad doit également faire face à la gestion de 130 000 déplacés qui ne sont pas encore rentrés chez eux mais aussi d’une population de 380 000 réfugiés soudanais du Darfour. D’où la préoccupation du Coordonnateur humanitaire de l’ONU qui a tenu à informer les donateurs pour ne pas oublier la situation humanitaire au Tchad.

Selon le Coordonnateur humanitaire de l’ONU et Représentant Résident du PNUD au Tchad, il y a plusieurs principaux défis notamment une urgence dans le domaine sanitaire avec une épidémie de cholera qui ravage le pays et des cas de polio qui font que N’Djamena regorge 40% des cas de polio au monde. L’ONU souligne que Tchad est frappé par une des pires épidémies de choléra de son histoire qui a déjà tué plus de 400 personnes. Plus de 14.000 personnes ont été affectées par la maladie depuis le début de l’année qui a déjà fait plusieurs centaines de morts et le nombre de cas augmente rapidement selon les autorités. Les organisations humanitaires au Tchad craignent que le nombre de personnes atteintes ne double avec la saison des pluies qui doit s’intensifier au cours des mois de septembre et octobre et entraînent régulièrement d’importantes inondations dans certaines régions du pays.

Le Tchad est également confronté à un afflux important de Tchadiens rapatriés de Libye. Ces derniers doivent être reçus et réintégrés dans leurs localités d’origine. Quelque 80.000 migrants tchadiens sont rentrés de la Libye et des milliers de Tchadiens attendent encore de quitter Tripoli. L’OIM continue de fournir assistance aux migrants en termes de transport, d’assistance alimentaire, d’accès à l’eau et à la santé, dans une certaine mesure. L’ONU note qu’il y a près de 300.000 ressortissants tchadiens en Libye.

Sur le plan nutritionnel, Thomas Gurtner note que près de 20% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aigüe. Selon le Coordonateur humanitaire, « les problèmes auquel fait face le Tchad sont similaires que ceux rencontrés par les pays de la Corne de l’Afrique ». La petite différence est que depuis dix huit mois, le gouvernement tchadien et la communauté internationale ont répondu à cette crise. « Cette réponse permet une stabilisation de la situation. Mais ca ne veut pas dire que le problème est résolu. Il y a des risques de crise alimentaire sévère plus tard si rien n’est fait », avertit Thomas Gurtner.

(Extrait sonore : Thomas Gurtner, Coordonnateur humanitaire de l’ONU et Représentant résident du PNUD au Tchad ; propos recueillis par Alpha Diallo)