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La Commission alloue 25 millions d'euros supplémentaires à la lutte contre la malnutrition au Sahel et appelle à l'adoption de plans préventifs pour éviter les crises alimentaires

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IP/07/785

Bruxelles, le 8 juin 2007. La Commission européenne a adopté un plan global d'aide humanitaire de 15 millions d'euros en faveur des populations vulnérables confrontées à des crises plus durables dans la région du Sahel. Ce montant s'ajoute aux 10 millions d'euros déjà imputés cette année sur le budget de l'aide alimentaire pour répondre aux besoins nutritionnels à court terme au Sahel. Cette aide permettra de réduire la malnutrition aiguë et le taux de mortalité des populations les plus vulnérables, en particulier les quelque 1,3 million d'enfants de moins de cinq ans gravement sous-alimentés et les cinq millions de femmes enceintes et allaitantes. Le taux de mortalité infantile au Sahel est l'un des plus élevés au monde et la malnutrition est associée à près de 60 % de la totalité des décès parmi les enfants. Le plan d'aide humanitaire concerne cinq pays: le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Ce plan, qui répond aux besoins humanitaires et à leurs conséquences immédiates, complète l'aide au développement à plus long terme fournie par la Commission pour remédier aux causes profondes de la malnutrition. Tous les fonds humanitaires transitent par le service d'aide humanitaire de la Commission (ECHO).

Olli Rehn, commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire faisant fonction, s'est exprimé en ces termes: «Nous devons agir de manière plus préventive dans la lutte contre les causes profondes de la malnutrition aiguë et la mortalité infantile qui en résulte. Trop souvent, l'aide internationale arrive trop tard, lorsque la crise alimentaire est déjà déclarée. Nous devons tirer les leçons de la crise alimentaire de 2005 au Niger».

La Commission a déployé une stratégie d'aide intégrée et élaborée visant à aider les pays du Sahel à vaincre définitivement la malnutrition. Cette stratégie s'appuie sur des programmes dans le domaine de la sécurité alimentaire et du développement rural, ainsi que sur des plans d'urgence et de surveillance nutritionnelle. La Commission appelle le reste de la communauté internationale à adopter une démarche plus globale et plus préventive en matière d'alimentation et de malnutrition. Le Sahel, l'une des régions les plus sous-développées au monde, est aussi la plus pauvre. Une série de chocs extérieurs - sécheresse, invasions de criquets, épidémies, inondations, retombées de l'agitation dans les pays voisins - ont aggravé la situation nutritionnelle déjà précaire des populations les plus vulnérables. Les mécanismes permettant de faire face ont été gravement détériorés et les chocs extérieurs de plus en plus nombreux - au cours des 30 dernières années, la fréquence des catastrophes naturelles a augmenté de 94 % dans la région du Sahel (1) - empêche les collectivités de se rétablir avant que survienne la catastrophe suivante.

Tout comme le plan de préparation à la sécheresse d'ECHO en faveur de la corne de l'Afrique (voir IP/06/775), le nouveau plan global d'aide humanitaire pour la région du Sahel préconise une approche préventive tenant compte de l'analyse du risque et mettant les vulnérabilités en rapport avec les éventuels indicateurs de stress afin d'aider les communautés locales à mieux gérer les futurs chocs extérieurs. Il inclut notamment le traitement des enfants modérément sous-alimentés, un élément qui contribue fortement à réduire la malnutrition aiguë et les taux de mortalité. Les chances de survie des enfants pris en charge avant d'être gravement sous-alimentés sont en effet beaucoup plus élevées.

En 2005 et 2006, la Commission a fourni 48,8 millions d'euros d'aide humanitaire aux populations vulnérables du Burkina Faso, du Tchad, du Mali, de Mauritanie et du Niger. Ces cinq pays sont les destinataires prioritaires de l'aide alimentaire financée par la Commission européenne (voir IP/07/242).

En 2007, outre le plan d'aide annoncé aujourd'hui, la Commission a déjà adopté un plan global d'aide humanitaire de 15 millions d'euros en faveur du Tchad (voir IP/07/327), qui met l'accent sur l'aide aux réfugiés (essentiellement du Darfour), aux personnes déplacées et aux communautés vulnérables résidentes.

Les projets financés par la Commission sont mis en œuvre par des organisations de secours non gouvernementales, des agences spécialisées des Nations unies et par le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La surveillance et la coordination sur le terrain seront assurées par le bureau d'appui régional d'ECHO pour l'Afrique de l'Ouest situé à Dakar, au Sénégal.

La Commission européenne veille tout particulièrement à améliorer la liaison entre l'aide d'urgence et l'aide au développement afin de favoriser la viabilité à long terme de l'aide humanitaire et d'intégrer les préoccupations humanitaires dans la planification de l'aide au développement. ECHO travaille donc en étroite collaboration avec les services de la Commission responsables des politiques et des programmes en matière de développement, notamment dans le contexte du 10e Fonds européen de développement (FED). Tous les documents de stratégie par pays concernés au titre du 10eFED incluent désormais des mesures visant à faire face à l'insécurité nutritionnelle au Sahel.

Le texte intégral du plan global est disponible à l'adresse suivante: http://ec.europa.eu/echo/information/decisions/2007_fr.htm

Note:

(1) Source: Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), 2006.