Chad

Etude et analyse des besoins multi sectoriels dans la province du lac

Attachments

RÉSUMÉ

Résultats clés

Le contexte de la Province est marqué par une volatilité de la situation sécuritaire. La recrudescence des attaques des groupes armés non gouvernementales ont entrainé des déplacements continus des populations. Ainsi, selon les résultats du suivi des déplacements des populations par OIM, les causes sont essentiellement les attaques armées (45%), les mouvements préventifs par peur ou menaces (44%) ou les enlèvements (11%). Cependant, il est ressorti de l’étude qu’il y a des déplacements perpendiculaires qui sont liés à la situation d’insécurité alimentaire particulièrement sévère cette année que vivent les ménages (13,8%) de la zone et la recherche des moyens d’existence (manque d’accès aux champs : 7.5%). Ces mouvements perpétuels entrainant une augmentation régulière des nombres de personnes dans les sites et parfois l’apparition de nouveaux sites surtout dans les souspréfectures de Liwa, Daboua (département de Fouli), Bagassola et Ngouboua (département de Kaya) laisse entrevoir des risques de dépendance à l’aide humanitaire et d’instabilité sociale.
Les résultats ont mis en évidence l’ampleur des besoins multisectoriels et surtout la situation très précaire des ménages déplacés/retournées, réfugiés et des populations d’accueil.
Les principales crises que traversent les populations du lac sont liées aux conflits (47.9%) et catastrophes naturelles (36.7%). Les conflits sont liés à l’activisme des groupes armés nongouvernementales (20.9%) et les conflits intercommunautaires (11.5%). Tandis que les catastrophes naturelles sont celles de la sécheresse (70.7%) dues aux longues séquences sèches dévastatrices que traverse souvent cette province d’une part et aussi celle de la campagne agricole écoulée.
La vaste majorité des ménages touchés par l’enquête ont été identifiés comme moyens de subsistance le travail journalier qui est massivement pratiqué dans les départements de Kaya (28.6%) et de Fouli (34%), la pratique de l’agriculture de rente de 15.8% et 22%, respectivement dans les départements de Mamdi et de Wayi, la pêche est essentiellement pratiquée dans le département de Mamdi (24.6%).
La pratique du petit commerce est favorisée dans les départements de Fouli (27.8%) et Kaya (26.8%). Toutefois, la pratique de l’agriculture pose de problèmes liés au manque de terres ou les faibles superficies (52.2%), manque d’outils agricoles (40.9%) et de semences améliorées (38.2%), l’insuffisance des pluies (29%) et la baisse des fertilités des sols (22.6%).
Bien que les marchés fonctionnent normalement et que la majorité des ménages (72.1%) ont un accès physique à ces marches, il est observé de fortes hausses des prix du maïs, céréale de base, de 32% comparé à l’année dernière et de 43% comparé à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation est liée à la baisse de la production liée à la mauvaise répartition des pluies la campagne écoulée et à l’approvisionnement des marchés par d’autres provinces du pays.
Les indicateurs de sécurité alimentaire liés à l’indice domestique de la faim révèlent une forte proportion de ménages (89.1%) qui souffrent de la faim modérée. L’indicateur relatif à la consommation alimentaire montre également que les ménages hôtes (30.5%) ont une consommation pauvre et 41.4% des ménages une consommation limite contre 26.6% et 51.4% des ménages déplacés, retournés et réfugiés. La majorité des populations hôtes dans les départements de Kaya et de Fouli (15 à 20%) consomment toujours des eaux de surface ou de source non-améliorée.
Dans le domaine de la santé, si bien que la majorité des ménages enquêtés de différents statuts (en moyenne 95, 6%) ont un accès aux structures de santé (centre de santé, clinique mobile, hôpital), mais cette situation reste relative car les paiements directs des soins dans ces centres de santé limite l’accès des ménages (35.8%). Ainsi, certains ménages font recours encore guérisseur traditionnel (2%) ou bien reste à la maison ou se soigne soi-même (2%). Du point de vue du lieu d’accouchement des femmes, 43,9% des femmes continuent toujours a accouché à domicile (43,9%). Et aussi, les problèmes de santé les plus fréquents au sein des populations sont entre autres : le paludisme, la malnutrition, les complications de grossesse/accouchement, les maladies diarrhéiques etc.
En ce qui concerne l’éducation, le taux d’achèvement des garçons est de 31.5% et celui des filles est de 20.4%. Les enfants en âge de scolarisation sont souvent utilisés pour des activités liées à la subsistance du ménage.
Par rapport à l’habitat, la plupart les ménages (62,9%) habite dans des maisons un peu durable et 28, 9% qui se trouvent dans des maisons d’urgence non durable. De plus, 75,5% des ménages dorment tous ensemble dans la même chambre contre 24,5% des ménages qui vivent dans les chambres différentes. Cela traduit une promiscuité élevée chez ceux-ci.
Les indicateurs liés aux AME montrent que presque de la moitié des ménages enquêtés ont un score AME sévère (43%) et 6,7% des ménages ont un score AME extrême.