Des distributions de liquidités contre l’insécurité alimentaire dans le Batha Est

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from ACTED
Published on 10 Oct 2017 View Original

Au Tchad, l’insécurité alimentaire touche aujourd’hui plus de 2,3 millions de personnes, dont plus de 380 000 sont en situation d’insécurité alimentaire sévère. Prises au piège entre crises politiques, sécuritaires et climatiques, les populations du Batha Est, une région souvent oubliée de la bande sahélienne, font face à des risques aigus de sous-nutrition et de malnutrition. ACTED est la seule ONG internationale encore présente dans la région, mobilisée jusque dans les zones les plus reculées pour apporter une aide humanitaire aux plus vulnérables.

Le Batha Est, une région oubliée et vulnérable

Coincée entre les problématiques liées aux violences et au retrait des eaux du Lac Tchad, à l’ouest, et celles des réfugiés soudanais, à l’est, la région du Batha-Est, au centre du pays, est essentiellement une zone d’élevage, une région discrète dont on parle peu. Pourtant, elle n’est pas épargnée par l’insécurité alimentaire. Le réchauffement climatique y est certainement pour quelque chose, avec une pluviométrie qui ne cesse de diminuer chaque année, entraînant un rétrécissement des surfaces de pâturage, une végétation moins abondante, et rendant la culture et l’élevage plus difficiles. La période de soudure, dans ce contexte, est d’autant plus dure à traverser pour les populations.

Des distributions de liquidités pour pallier l’insécurité alimentaire

ACTED met actuellement en place un projet de distributions de liquidités pour pallier la crise alimentaire, avec le soutien du Service de la Commission européenne à l'aide humanitaire et à la protection civile (ECHO) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Cette intervention devrait permettre d’appuyer quelque 21 000 personnes affectées par la crise alimentaire d’ici la fin de l’année.

Ainsi, pour amortir le choc de la période de soudure, ACTED a organisé trois sessions de distribution en juillet, août et septembre à quelque 3000 familles très pauvres, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants âgés de 6 à 23 mois, plus vulnérables aux risques de malnutrition. Chacune de ces familles a ainsi reçu une somme d’argent lui permettant de répondre à ses besoins fondamentaux, principalement alimentaires, sur une durée de trois mois. Les femmes et les enfants malnutris ont de plus pu recevoir trois rations de céréales enrichies. En parallèle de ces distributions, les bénéficiaires ont également assisté à des séances de sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition, durant lesquelles des agents ACTED, Adeline, Souad et Aminé, ont notamment montré comment préparer une bouillie enrichie à partir d’aliments locaux.

Atteindre les zones les plus difficiles d’accès : une priorité pour ACTED

Le 17 août dernier, l’équipe de distribution d’ACTED s’est rendue sur le site d’Assartini 2, un site très difficile d’accès en raison des pluies abondantes en cette saison. Un peu avant 15h, alors que la distribution était presque terminée, les bénéficiaires de Chabalo, un petit village isolé, manquaient toujours à l’appel, et une petite équipe, menée par Zenadine, Olivier et Ifassou, s’est donc rendue directement sur place.

À leur arrivée à Chabalo, une foule de villageois s’est rapidement formée autour de l’équipe, leur carte de bénéficiaire en main, soulagés de leur venue.

Sur le chemin du retour, l’équipe est interpellée par deux femmes à califourchon sur une vieille moto rafistolée. Zenadine traduit la conversation : elles souhaitaient les remercier d’être venus jusqu’à Chabalo, malgré les difficultés d’accès. Avant l’arrivée de l’équipe dans leur village, elles avaient décidé de faire la route malgré tout pour aller s’approvisionner en nourriture au marché d’Assartini. Demain, les pluies et les conditions de la route ne le leur permettront peut-être pas.