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Chad Situation Report, 23 June 2021

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

  • Le coup de force opéré par le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) en avril a eu un impact réel sur les activités humanitaires au Lac et dans le reste du pays

  • Le redéploiement des Forces de défense et de sécurité (FDS) du Lac vers le Kanem a eu pour conséquence directe une augmentation des attaques attribuées aux GANE au Lac

  • L’accès humanitaire est impacté devant la menace d’attaques de sites de déplacés et d’enlèvements sur l’axe Bol-Baga Sola

  • Les activités de suivi des cas de protection ont continué à travers les mécanismes à base communautaire (relais) ou association locale

  • En vue de soutenir le plaidoyer et la mobilisation des ressources pour le Lac, l’EHP a demandé l’élaboration d’un plan opérationnel spécifique pour cette province

Aperçu de la situation

Situation sécuritaire / accès

Le mois d’avril a été marqué par la campagne électorale, la tenue de l’élection présidentielle le 11 avril 2021 et l’avancée de la colonne du groupe armé rebelle Front pour l’Alliance et la Concorde au Tchad (FACT) dans le territoire national. La campagne électorale s’est déroulée dans un contexte politique et sécuritaire particulier où les principaux opposants se sont retirés de la course, dénonçant des répressions contre l’opposition. Le jour des élections, le FACT a mené des opérations dans la partie nord du pays, face aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) tchadiennes, avançant jusqu’à Nokou, dans le nord du Kanem, à la mi-avril.

Après la proclamation des résultats et l’annonce du décès du Maréchal du Tchad le 20 avril, la partie ouest du nord Kanem, province frontalière avec le Lac, est restée théâtre d’affrontements entre les belligérants. Pour y faire face, les FDS installées au Lac ont été redéployées vers les théâtres d’opérations. Ceci a créé un vide sécuritaire dans certaines zones de la province et a nourri l’envie du groupe armé non-étatique (GANE) actif dans la province du Lac de commettre des exactions dans les zones proches des îles. C’est pendant cette période, le 28 avril, qu’une attaque dans la caserne de Litri a eu lieu, pendant laquelle, selon les sources militaires, environ 15 FDS, cinq civils et une cinquantaine de combattants du GANE ont trouvé la mort.

A l’approche de la date marquant la fin du mois de ramadan, les GANE ont lancé plusieurs alertes d’attaques des sites situés tout au long de l’axe secondaire Bol-Baga Sola, entraînant des restrictions de mouvements du personnel humanitaire sur cet axe. D’autres alertes ont fait mention de possibles enlèvements des humanitaires dans la province. En conséquence au vide sécuritaire laissé par les FDS partis en renfort dans le Nord et des alertes sur une possible descente du FACT à la province du Lac, plusieurs organisations ont dû suspendre temporairement leurs activités et évacuer leur personnel vers Baga Sola ou N’Djamena. Le départ des FDS et des partenaires humanitaires a aussi amené les déplacés à effectuer des mouvements préventifs pour se mettre à l’abri d’éventuelles attaques. C’est ainsi qu’il a été observé un afflux des déplacés vers les grands sites tels que Fourkoulom et Doum-Doum.
D’autre part, il a été signalé un mouvement de population du site de Diamerom qui s’est retrouvé enclavé à cause de la montée des eaux du Lac, réduisant ainsi l’accès. Certaines personnes se sont déplacées vers le site de Magui et environ 600 personnes se sont installées sur un nouveau site à environ 12 kms à l’est du site de Diamerom. Dès lors, l’accès humanitaire a été très difficile dans les zones insulaires au niveau des sous-préfectures de Kaiga Kindjiria, Ngouboua et le sud de Bol.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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