Chad

« Cadre Harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des populations vulnérables au sahel et en Afrique de l’Ouest (CH) » N’Djamena, 13-18 novembre 2017

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Résultats de l’analyse consensuelle de la situation de l’insécurité alimentaire aiguë actuelle

Valable pour : octobre - août 2017
Créé le : 18 novembre 2017

Résumé narratif des causes, du contexte et des principaux problèmes

  • La production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2017-2018 est estimée à 2 862 610 tonnes, soit une hausse de 3,2% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Toutes les spéculations (mil, sorgho et maïs) ont enregistré des légères hausses de productions, excepté le riz qui a enregistré une légère baisse. Toutefois, certaines régions ont enregistré une baisse de la production céréalière, notamment le Wadi Fira (-27,2%) ; Barh El Ghazal (-20,5%) ; Kanem (-27,7%) ; Batha (-4,9%) ; Lac (-7,6%) et Moy Chari (-5%).

  • La situation pastorale est globalement acceptable. Les bonnes précipitations enregistrées pendant la saison des pluies ont favorisé un bon développement de la végétation et le remplissage des mares, sur une bonne partie du pays. Cependant, des déficits fourragers importants ont été enregistrés dans les régions de Wadi Fira, Nord Ouaddaï, Batha, Kanem et du Bahr El Ghazal à cause du retard dans l’installation de la saison des pluies et des séquences sèches assez longues. Cette situation a entrainé une descente précoce des transhumants dès le mois de septembre vers les zones les plus pourvues en pâturage, ce qui pourrait engendrer des conflits entre agriculteurs et éleveurs.

  • Les marchés sont bien approvisionnés en produits agricoles (céréales, tubercules, légumineuses, etc.) issus des récoltes en cours et des stocks de commerçants. Ils sont également approvisionnés par d’importantes quantités des produits vivriers (riz, farine, sucre, pates, huile,…) en provenance de la Libye, du Soudan et du Cameroun. La demande céréalière reprend timidement à cause de la crise économique que traverse le pays, cependant, dans les zones déficitaires, elle reste importante du fait de la reconstitution des stocks. Les prix des céréales sont en baisse en zone sahélienne, mais stables à hausse légère dans la plupart des marchés de la zone soudanienne.

L’analyse de la Consommation Alimentaire montre que 8,3% des ménages ont une consommation alimentaire pauvre et 15,7% une consommation limite. Pour ces deux catégories de ménages, l’alimentation est très peu variée (respectivement 4 et 5 groupes d’aliments) et moins riche. Les ménages qui ont une consommation alimentaire acceptable consomment environ sept (7) groupes d’aliments sur les douze. L’analyse des résultats HEA sur trente un (31) Départements montre qu’un département présente de déficit de survie et neuf (9) autres des déficits de protection des moyens d’existence. Ces déficits sont dus principalement aux baisses importantes de prix de bétail, de revenu tiré de l’exode, de la main d’œuvre locale, de transfert monétaire, mais aussi à une baisse de production agricole dans certains départements.

L’analyse de l’évolution des moyens d’existence montre que 2% des ménages ont développé des stratégies d’urgence et 21% des stratégies de crise. Les contraintes d’accès à une nourriture suffisante, riche et variée ont conduit ces ménages à recourir à des stratégies particulièrement sévères pouvant conduire à une altération des leurs moyens d’existence. En plus 20% des ménages ont développé des stratégies de stress.

Nutrition : La situation est toujours préoccupante dans la plupart des régions de la bande sahélienne. Les résultats de la dernière enquête SMART de juillet-août 2017 révèlent, au plan national, que la prévalence de la Malnutrition Aiguë Globale (MAG) est au-dessus du seuil d’alerte de 10% fixé par l’OMS. Au niveau régional, la prévalence de la MAG dépasse le seuil d’urgence de 15% fixé par l’OMS) dans douze (12) régions parmi les vingt-trois (23). Il s’agit d’Ennedi Est (30,0%), d’Ennedi Ouest (27,3%), du Salamat (23,0%), du Batha (22,1%), du Bahr El Ghazal (21,3%), du Wadi Fira (20,5%), du Kanem (19,2%), du Lac (18,1%), du Borkou (17,7%), du Sila (17,1%), de Hadjer Lamis (16,3%) et Ndjamena (16,3%).

Mortalité : Le taux brut de mortalité observé au niveau national est inférieur au seuil d’alerte de 1 décès pour 10 000 personnes par jour (0,49 décès pour 10 000 personnes par jour). Seule, la région du Guera présente un taux de 1,03 décès pour 10 000 personnes par jour, taux supérieur à ce seuil.
Chez les moins de 5 ans, le taux de mortalité est de 0,83 décès pour 10 000 enfants par jour ; ce qui est en dessous du seuil d’urgence. Aucune région n’est au-dessus du seuil d’alerte de 2 décès pour 10 000 enfants de moins de 5 ans par jour.