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Cadre Harmonisé d’identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest (CH), Valable : du 29/03/2021 au 31/08/2021, Créé le : 29/03/2021

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Résultats de l’analyse de la situation de l’insécurité alimentaire aiguë actuelle

Principaux résultats pour les zones touchées par l’IAN.

Résumé narratif des causes, du contexte et des principaux problèmes

La production céréalière de la campagne agricole 2020/2021 est estimée à 2 882 262 tonnes. Comparée à celle de l’année dernière, elle est légèrement en baisse de 1,5%. Cette situation est due beaucoup plus à la baisse (3,3%) enregistrée dans la zone soudanienne.

Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, la production céréalière est en hausse de 3%. Les zones soudanienne et sahélienne ont enregistré toutes deux des hausses respectives de 2,6% et 4%.

Les marchés sont bien approvisionnés par les vivriers de la campagne pluviale et renforcés par les récoltes de contre saison, principalement le berbéré. Globalement, les flux suivent leur cours normal à l’exception de ceux du Lac qui sont perturbés par l’insécurité. Les flux transfrontaliers avec la Libye, le Soudan et le Cameroun se poursuivent malgré les impacts des mesures contre la pandémie du COVID–19. Toutefois, les volumes des importations et exportations restent en deçà des niveaux d’une année normale. Bien que l’offre en produits alimentaires est moyenne, la demande céréalière est en baisse à cause des faibles revenus des ménages liés aux impacts économiques de la crise sanitaire.

Il est observé globalement des hausses des prix des céréales en mars 2021 par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ces hausses varient de 4% à 22% pour le mil, 7% à 27% pour le sorgho et de 14% à 26% pour le maïs. Les prix des produits de rente sont globalement stables voire en baisse par rapport à la moyenne quinquennale. Les prix des petits ruminants et du gros bétail sont aussi en baisse dans la plupart des marchés. Par exemple, les prix des petits ruminants sont en baisse de 6% à 25%.

La situation pastorale est caractérisée par le tarissement des eaux de surfaces dans la partie sahélienne et une faible disponibilité dans la partie soudanienne. Le pâturage dans la bande soudanienne et certaines localités de la bande sahélienne est globalement constitué d’herbes sèches, des résidus de récolte de contre saison. Toutefois, il est observé une rareté de pâturage dans certaines zones du Ouaddaï, Kanem, Wadi Fira, Bahr El Ghazal (BEG) et du Lac en zone sahélienne.

La situation zoo sanitaire est relativement calme sur l’ensemble du pays suite aux campagnes de vaccination (PPCB, PPR et CB) menées par l’Etat et ses partenaires. Toutefois, en octobre 2020, des cas élevés de mortalité des petits ruminants ont été signalés dans la province du Guera.

Consommation alimentaire :

L’analyse de la consommation alimentaire indique que 12,6% et 27,7% des ménages du pays ont respectivement une consommation alimentaire pauvre et limite. Pour ces deux catégories de ménages, l’alimentation est très peu variée (respectivement 4 et 5 groupes d’aliments) et moins riche avec une faible consommation de lait, de protéine animale et de légumineuse. Ces ménages font face à un déficit important de consommation alimentaire. En moyenne, chaque ménage consommerait environ six groupes d’aliments sur douze. Dans les départements de Bahr El Ghazal Nord, Bahr El Ghazal Sud, Nord Kanem, Dar Tama, Kanem, Ouara, Mourtcha, Fada, Batha Est, les contraintes d’accès à une nourriture suffisante, riche et variée ont conduit de nombreux ménages à recourir à des stratégies de stress, et des stratégies sévères à Assoungha, Batha Est, Ouara, Lac Wey, Kanem, Mayo-Boneye, Ngourkousso, Wadi-Bissam pouvant conduire à une altération de leurs moyens d’existence.

L’analyse des résultats HEA ressort que sur les soixante-six (66) départements analysés, trois (03) connaitront des déficits de survie (Bahr El Ghazal Nord, Fouli et Kaya) et vingt (20) autres des déficits de protection de moyens d’existence. Les déficits observés sont dus principalement aux baisses importantes de revenus tirés de l’exode, du transfert des immigrants, de la vente de produits maraichers et de l’auto emplois. Ces baisses de revenus sont liées aux effets des mesures prises contre la propagation de la COVID–19 et à la conjoncture économique peu favorable.