Annonce des Chiffres pour le Ver de Guinée en 2017

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from Carter Center
Published on 19 Jan 2018 View Original

Atlanta — Le Carter Center, ainsi que ses partenaires, salue la poursuite des progrès enregistrés par la campagne d’éradication du ver de Guinée. En 2017, seulement 20 villages étaient atteints de cas de maladie du ver de Guinée, dans deux pays, tous les deux en Afrique, par rapport à 23 735 villages dans 21 pays sur deux continents en 1991. Entre les mois de janvier et décembre 2017, trente cas locaux de ver de Guinée ont été signalés dans des zones reculées du Tchad et de l’Éthiopie. Les chiffres provisoires sont communiqués mensuellement par les ministères de la Santé des derniers pays touchés par l’endémie et sont compilés par le Carter Center.

Répartition par pays
La République du Mali n’a enregistré aucun cas humain de maladie de ver de Guinée depuis 25 mois consécutifs, ce qui est une réalisation majeure. La République du Soudan du Sud n’a signalé aucun cas depuis 13 mois consécutifs, ce qui est également une réalisation majeure pour le plus jeune pays au monde.

Le nombre total de rapports provisoires pour 2017 comprend 15 cas au Tchad et 15 cas en Éthiopie, les seuls pays enregistrant toujours des cas de la maladie. Tous les cas en Éthiopie se sont produits chez des travailleurs migrants de la région d’Oromia dans une exploitation agricole industrielle du district d’Abobo, adjacent à la région de Gambella, où des personnes ont bu de l’eau non filtrée provenant d’une mare contaminée en 2016, ce qui a conduit à une flambée de cas de septembre à décembre 2017. (Il faut entre 12 et 14 mois pour que le ver émerge une fois que l’eau contaminée a été consommée.) Des interventions intensives en riposte, dont le traitement de la mare au larvicide (fourni gracieusement par BASF), ont été lancées immédiatement. Les autorités sanitaires éthiopiennes ont redoublé leur surveillance et leurs efforts de riposte pour enrayer la transmission cette année.

Quoique le nombre de cas ait légèrement augmenté cette année, les ministères de la Santé de ces quatre pays méritent des félicitations pour la persistance et le talent avec lesquels ils ont détecté les cas et les rumeurs de cas, souvent dans des zones d’insécurité. En 2016, le Tchad, l’Éthiopie, le Mali et le Sud-Soudan avaient signalé 25 cas.

Infections chez les animaux
Tandis que les cas chez les humains se raréfient, le Carter Center et ses partenaires s’efforcent de surmonter le problème des infections au ver de Guinée chez les animaux. Suite aux interventions et à des modifications dans la façon dont les populations manipulent les poissons et traitent les chiens infectés au Tchad, les infections canines ont baissé de 19 pour cent en 2017, et le nombre de vers émergeant des chiens infectés a chuté de 31 pour cent. Pour la première fois depuis que des chiens infectés ont été trouvés en 2012, le programme du Tchad a constaté une réduction du nombre de chiens infectés cette année par rapport à l’année précédente. Des infections à plus petite échelle chez des animaux ont également été retrouvées au Mali et en Éthiopie. Aucune infection animale n’a été détectée au Soudan du Sud pour la deuxième année consécutive, depuis qu’un seul chien infecté y avait été trouvé dans un ménage atteint d’un cas de ver de Guinée chez un être humain en 2015.

Rôles
Le Carter Center dirige le Programme international d’éradication du ver de Guinée en étroite collaboration avec les programmes nationaux, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis, l’UNICEF et de nombreux autres partenaires. Le Carter Center apporte une assistance technique et financière aux programmes nationaux d’éradication du ver de Guinée pour contribuer à l’enrayement de la transmission de la maladie. Une fois ce but atteint, le Centre continue de fournir une assistance pour mettre en place et renforcer la surveillance des zones exemptes du ver de Guinée pendant trois ans et aide les pays à se préparer à obtenir l’évaluation officielle de la Commission internationale pour la certification de l’éradication de la dracunculose (CICED) et la certification de l’OMS. Le CDC fournit une assistance technique et confirme que les vers chez les derniers patients sont réellement des vers de Guinée. La présence de la maladie du ver de Guinée dans une zone est en général signe d’une pauvreté abjecte et notamment de l’absence d’eau potable. L’UNICEF aide principalement les gouvernements à assurer un approvisionnement en eau potable dans les zones prioritaires désignées par les programmes nationaux d’éradication du ver de Guinée. L’OMS est chargée de certifier que les pays ont éradiqué le ver de Guinée. Elle est la seule organisation qui peut officiellement certifier l’élimination ou l’éradication d’une maladie.

Pour pouvoir éradiquer une maladie, chaque pays doit être certifié même s’il n’a jamais connu de cas. Il ne reste plus que huit pays devant être certifié avoir éliminé la maladie du ver de Guinée.

Partenariats
En 1986, la maladie du ver de Guinée affligeait annuellement un nombre total estimé à 3,5 millions de personnes dans 21 pays en Afrique et en Asie. Aujourd’hui, grâce à de robustes partenariats, y compris entre les pays eux-mêmes, l’incidence du ver de Guinée a été réduite de plus de 99,999 pour cent.

Par leur générosité, un grand nombre de fondations, d’entreprises, de gouvernements et de particuliers ont appuyé les efforts du Carter Center en vue d’éradiquer la maladie du ver de Guinée, avec notamment une aide importante de la Fondation Bill & Melinda Gates, du Département du développement international (DFID) britannique, du Children’s Investment Fund Foundation (CIFF) au Royaume-Uni. Un soutien important a été fourni par les Émirats Arabes Unis, tout d’abord avec le Cheikh Zayed Sultan Al Nahyan, puis sous le Cheikh Khalifa et le Prince héritier Prince Mohammed bin Zayed Al Nahyan. La société DuPont et le groupe Precision ont fait don de tissu filtre en nylon au début de la campagne, et plus récemment, LifeStraw® de Vestergaard a fait don de filtres à pipes et de filtres résidentiels en tissu. Depuis de nombreuses années, BASF fait don du larvicide ABATE® (temephos). Les principaux partenaires d’exécution sont les ministères de la Santé des pays où la maladie est endémique, le Carter Center, l’OMS, les CDC et l’UNICEF.

Au sujet de la maladie du ver de Guinée
Considérée comme une maladie tropicale négligée, la maladie du ver de Guinée (la dracunculose) est contractée par les personnes buvant de l’eau contaminée par des minuscules crustacés contenant des larves du ver de Guinée. Les larves se développent et se reproduisent dans l’organisme humain hôte. Le ver mâle meurt. Après une année d’incubation, un ver femelle d’un mètre de long émerge lentement du corps par une cloque douloureuse sur la peau. Le contact avec l’eau stimule le ver à éjecter ses larves dans l’eau et le cycle recommence. La maladie du ver de Guinée est débilitante pour les personnes atteintes pendant des semaines ou des mois, limitant leur capacité à prendre soin d’eux-mêmes, à travailler, à cultiver la terre pour nourrir leur famille ou à fréquenter l’école.

En l’absence d’un vaccin ou d’un traitement médical, ce sont principalement les interventions auprès des communautés en vue de changer les comportements qui permettent d’éradiquer la maladie. Il s’agit par exemple de démonstrations de méthodes de filtrage de l’eau à consommer et de tenir les patients à l’écart des sources d’eau.