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Système de gestion de l’information sur les violences basées sur le genre (GBVIMS) en République Centrafricaine : Rapport annuel de 2021

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CONTEXTE

L’intensification du conflit dans plusieurs régions de la RCA, les abus graves des droits humains et les violations du droit international humanitaire dans un contexte d’impunité, ainsi que la stigmatisation de groupes de populations spécifiques ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir, les exposant à des risques de protection sévères. Au 30 septembre 2021, environ 722 000 personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays, soit 13% de plus que l’année précédente ; un niveau inégalé depuis 2014. Plus de la moitié de ces PDI sont des femmes et des enfants vivant dans un environnement et des conditions de vie peu favorable à la protection de leurs droits humains. Cette situation est renforcée par des normes socioculturelles défavorables aux femmes et aux filles, et ce malgré l’existence de politiques et de textes normatifs en la matière. Les VBG sont endémiques en RCA et la crise contribue à les exacerber.

Afin d’assurer une gestion éthique des données VBG, la coordination VBG sous le lead de l’UNFPA a mis en place le système de gestion des informations sur la violence basée sur le genre (GBVIMS). Il permet d’harmoniser les données sur la violence basée sur le genre (VBG) générées par les services fournis aux survivants de la violence basée sur le genre dans les contextes humanitaires. En RCA, 12 organisations ont signé le protocole de partage d'informations (PPI) du GBVIMS en 2021. Les membres signataires comprennent 8 organisations de collecte de données (OCD) fournissant des services de gestion des cas de VBG dans la réponse humanitaire, 3 Agences des Nations Unies et 1 Ministère de la Partie gouvernementale délivrant des appuis techniques aux organisations membres afin de garantir le bon fonctionnement dudit système.

Ce rapport couvre les données sur les incidents de VBG signalés de janvier à décembre 2021, par les 8 OCD dans environ 52% (47/91) des Sous-Préfectures du pays. Les données sont collectées directement auprès des survivants de la VBG (ou de leurs tuteurs pour les cas des survivants mineurs) à la recherche de services et qui ont donné leur consentement éclairé pour que leurs informations soient collectées et partagées par les prestataires de services à l'aide des outils du GBVIMS.

En 2021, l’analyse comparative des incidents de VBG rapportés indique une augmentation de 2.376 cas soit 26% des incidents de VBG déclarés en 2020. Parmi les types de VBG, les cas d’agressions physiques (26%) et ceux des violences sexuelles (25%) restent les plus signalés. Ce rapport présente une analyse des tendances constatées en 2021 à travers le GBVIMS et d’autres sources de données secondaires. Il vise à mettre en évidence les tendances VBG, les acquis et les lacunes de la réponse aux VBG. L'objectif général de ce rapport est de fournir aux partenaires des données pour informer et appuyer la programmation de la VBG, la mobilisation des ressources et les efforts de plaidoyer pour prévenir et répondre à la VBG en RCA. Le rapport est composé de 5 sections comprenant : ampleur et nature des cas VBG déclarés en 2021 (i) ; profil des survivants de VBG (ii) ; profils des présumés auteurs des cas VBG (iii) ; les services et les gaps en 2021 (iv), les défis, les leçons apprises et les recommandations clés (v).